Hassane Kamara : « Nice, c'est le projet idéal »

Le 25 juin, Hassane Kamara est officiellement devenu un joueur de l'OGC Nice. Discret depuis son arrivée sur la Cote d'Azur, l'ancien joueur de Reims a évoqué son transfert mais également ses objectifs ainsi que le rôle joué par Bakari Sanogo, un agent et une personne qui compte beaucoup à ses yeux. Entretien.

Hassane Kamara se confie pour FM
Hassane Kamara se confie pour FM ©Maxppp

Foot Mercato : vous avez quitté le Stade de Reims il y a quelques jours pour rejoindre Nice. C'est la suite d'un parcours du combattant atypique.

La suite après cette publicité

Hassane Kamara : ces cinq années à Reims m'ont fait grandir en tant que footballeur mais aussi en tant qu'homme. En arrivant et en quittant le club, je n'étais plus du tout la même personne. J'ai ressenti beaucoup d'émotions quand je suis parti de Reims car pour en arriver à ce stade-là aujourd'hui, ça a été beaucoup de travail... même si ce n'est pas une finalité. Rejoindre Nice c'est la suite d'une histoire incroyable. J'ai commencé ma formation à Toulouse. J'en profite d'ailleurs pour parler de Monsieur Bakari Sanogo (son agent). C'est une personne qui a vraiment été très importante. Il a joué un rôle de père pour moi. En arrivant au TFC, j'étais un jeune espoir de 13 ans qui arrivait d'Aubervilliers. La personne qui m'avait recrutée à Toulouse s'était fait limoger un an après mon arrivée. C'est devenu compliqué, le directeur me disait que je ne deviendrais pas footballeur. Ces moments ont été difficiles. Mais j'ai pu compter sur le soutien de Bakari (Sanogo). Il m'a aussi aidé en m'achetant des crampons, des protège-tibias, etc...Il a toujours été là pour me dire de ne rien lâcher, de m'accrocher, que le plus important était la dernière ligne droite. Il avait les mots pour me maintenir concerné durant cette période compliquée. Au moment de signer à Nice, j'ai repensé à tous ça avec beaucoup d'émotion.

FM : en vous écoutant, on sent à quel point votre parcours est finalement l'une de vos forces aujourd'hui.

H.K : mon parcours est ma plus grande force aujourd'hui. En arriver là après tout ce que j'ai vécu, ça me donne de l'espoir. Si j'ai fait tout ça, c'est que c'est toujours possible d'aller beaucoup plus haut. Cela me permet de garder les pieds sur terre, d'être rigoureux et de travailler jour après jour.

FM : quel est votre meilleur souvenir à Reims ?

H.K : je pense qu'il y en a deux. Le premier, c'est la montée en Ligue 1 (en 2018). Il y a aussi la victoire face au Paris Saint-Germain l'année dernière. Ce sont les deux moments qui m'ont le plus marqué, même si j'ai vécu beaucoup de choses à Reims.

Foot Mercato : vous vous êtes engagé en faveur de l'OGC Nice, comment vous sentez-vous au club ? Comment jugez-vous vos premiers pas là bas ?

H.K : pour être franc avec vous, je me sens très bien à Nice. Le club est très bien structuré et fait du très bon travail. Le cadre de vie est très sympa également. Je suis vraiment d'avoir signé dans ce club (...) Sur le terrain, tout se passe bien aussi. Je me sens très bien. On travaille bien physiquement et tactiquement. On est en train de former un groupe avec pas mal de bons jeunes. Personnellement, j'ai de bonnes sensations. Je sens que je travaille et que je progresse.

FM : pourquoi avoir opté pour le projet des Aiglons ?

H.K : pour être honnête, j'avais déjà eu des réflexions de mon côté avant que j'y signe. Je pensais à des clubs qui pouvaient être adaptés à mon profil. Nice était un club auquel j'avais déjà pensé avant même d'avoir été contacté. C'est une équipe qui joue depuis quelques années le haut de tableau, qui se base beaucoup sur l'aspect offensif. C'est une chose qui m'attirait. En ce qui concerne le cadre de vie, je suis surpris. On en parle souvent, mais je n'y prêtais pas vraiment attention. Mais il est vrai que le cadre de vie est très plaisant. C'est un atout positif. Moralement, ça aide aussi je trouve (...) Le plus important pour moi était de travailler dans la continuité. J'avais des propositions à l'étranger et quelques touches en France. Moi, je voulais vraiment travailler dans la continuité de ce que j'avais fait l'année dernière. J'avais besoin d'un projet dans un club plus ambitieux où j'aurai du temps de jeu. J'ai eu l'opportunité de rejoindre Nice, une équipe que je savais très offensive. J'évolue au poste de latéral, mais j'accorde beaucoup d'importance à l'aspect offensif. Le projet niçois m'a intéressé directement. C'est le projet idéal pour moi.

FM : avez-vous pu échanger avec Patrick Vieira ? Que pensez-vous de ce coach ?

H.K : oui, j'ai pu échanger avec le coach et le directeur du football. Dès les premières discussions, j'ai tout de suite compris qu'on avait des projets communs. C'était vraiment ce qu'il me fallait (...) Ce qui me revient le plus souvent, c'est qu'on voit que Patrick Vieira a été joueur. Je trouve qu'il a bien fait la transition entre joueur et coach. Je pense que ce n'est pas évident de passe de l'un à l'autre, il faut réussir à garder une certaine distance avec les joueurs tout en ayant de la proximité. Je pense qu'au niveau humain ce n'est pas facile. Quand je dis qu'on fait du bon travail, c'est en grande partie grâce à coach, qui a su aussi bien s'entourer. Son staff est bon et l'épaule très bien.

FM : quels sont vos objectifs, individuellement et collectivement ? Que pensez-vous pouvoir apporter à l'équipe ?

H.K : ce sont un peu les mêmes au final. Cette année, on s'est dit qu'il fallait être performants et tout jouer à fond jusqu'au bout. L'objectif est d'être dans la compétition jusqu'à la dernière journée. On veut se donner les moyens d'y arriver (...) Je pense pouvoir apporter mon énergie et ma capacité à répéter les efforts. Je peux aussi amener mon enthousiasme sur le terrain.

FM : après un transfert, il peut y avoir un temps d'adaptation, mais surtout de la pression. N'en avez-vous pas malgré tout un peu ?

H.K : non, pas du tout. Je ne suis pas une personne qui se met la pression. J'essaye de faire mon travail le mieux possible et je sais que si je me donne à fond, je n'aurais rien à me reprocher. J'ai juste à travailler comme il se doit et ça ira.

Hassane Kamara revient sur son mercato et évoque ses ambitions

FM : vous l'avez dit, vous avez eu des touches en France. D'après nos informations, l'OM avait aussi tenté de vous recruter. Avez-vous été flatté par cet intérêt ?

H.K : oui, évidemment. Quand on entend qu'on est convoité, que ça soit Marseille ou un autre club, c'est plaisant. Après, vous connaissez le football comme moi. Je laisse vraiment mon agent gérer tout l'aspect extrasportif. Moi, je me concentre uniquement sur le sportif. Je n'y prête pas vraiment attention, mais on vient de me le rapporter donc ça fait quand même plaisir.

FM : l'intérêt de l'OM était-il réel ?

H.K : il me semble qu'il y avait un intérêt, mais je n'en sais pas plus.

FM : plusieurs clubs anglais étaient intéressés. Beaucoup de joueurs auraient sauté le pas pour évoluer en Premier League, pourquoi ne pas l'avoir fait ? Était-ce trop tôt ?

H.K : je trouve que c'était trop tôt pour moi. Je n'ai quand même fait qu'une saison à Reims (une saison entière en L1, ndlr). Mon objectif est d'engranger du temps de jeu et de l'expérience. Je veux m'aguerrir. J'étais milieu gauche, ça ne fait qu'un ou deux ans que je suis passé latéral gauche. Je voulais rester en France dans un championnat que je connais et m'aguerrir petit à petit.

FM : vous avez travaillé main dans la main avec votre conseiller Bakari Sanogo, dont vous nous avez parlé un peu. On sent qu'il est beaucoup plus qu'un agent à vos yeux.

H.K : oui, c'est comme un père. Il m'a connu lorsque j'étais petit. Ses sœurs étaient mes nourrices. Quand j'ai quitté Paris pour commencer ma formation au TFC, on a commencé à travailler ensemble. Depuis le début, je pense que la seule façon de pouvoir le remercier est de faire une grande carrière. Il a fait beaucoup pour moi. Ça me tient vraiment à coeur de réussir pour lui montrer qu'il a eu raison de croire en moi.

FM : Nice aussi a cru en vous et a mené un gros mercato assez important. Qu'en pensez-vous ?

H.K : le mercato est très intéressant. Ce qui est bien, c'est que la plupart des recrues sont arrivées en début de pré-saison. Donc on a pu, pour beaucoup, commencer à travailler ensemble dès le début de la préparation. Je trouve que ça a été une très bonne chose. Ça montre les ambitions du club et ça tire le groupe vers le haut car ça amène de la concurrence et ça pousse tout le monde à être performant.

FM : que peut-on vous souhaiter pour cette saison ?

H.K : la réussite (sourire). On sait qu'on va être attendu au tournant. Tout le monde va suivre un peu Nice, car il y a eu un bon recrutement et de bonnes choses réalisées aussi par le passé. On peut nous souhaiter de répondre présents et d'être dans la continuité.

Plus d'infos

Articles recommandés

Commentaires