Rien ne va plus pour Vincent Kompany et Anderlecht

Revenu à Anderlecht par la grande porte l'été dernier, Vincent Kompany vit des heures difficiles. Le projet mis en place n'est pas à la hauteur des attentes pour le moment...

Vincent Kompany sous le maillot d'Anderlecht
Vincent Kompany sous le maillot d'Anderlecht ©Maxppp

Vincent Kompany ne s'attendait certainement pas à ça. Le 19 mai 2019, le défenseur central avait officialisé son départ de Manchester City après onze années de bons et loyaux services. Le même jour, il avait annoncé son retour du côté d'Anderlecht, son club de coeur et son club formateur. «Je choisis d'être reconnaissant avec le passé tout en restant ambitieux et déterminé pour l'avenir. Au cours des trois prochaines années, je prendrai le rôle d’entraîneur-joueur du RSC Anderlecht. C’est ce qu’il se fait de mieux en Belgique. Cela peut vous surprendre. C’est la décision la plus passionnée et la plus rationnelle que j’ai jamais prise. En tant que footballeur, je suis né et j'ai grandi au RSC Anderlecht. Depuis l'âge de 6 ans, je fais partie de ce club. Une histoire de 34 titres de champion. Ils sont incomparables ». L'histoire était belle pour le natif d'Ukkel qui revenait donc par la grande porte et surtout dans un rôle bien particulier.

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«Il n'y a pas si longtemps, j'ai reçu un appel du RSC Anderlecht. De manière tout à fait inattendue, ils m'ont proposé le poste de joueur-entraîneur. Michael (Verschueren, dirigeant et ancien coach du club) et Frank (Arnesen) m'ont expliqué en détail comment ils voyaient le fonctionnement du poste. Ils avaient bien réfléchi. M. Coucke, le propriétaire, a promis un soutien total : temps, budget, encadrement, staff, installations…», avait-il expliqué. Les supporters des Mauves pouvaient se mettre à rêver. En plus de Kompany, quelques visages bien connus de la planète football, à l'image de Samir Nasri ou Nacer Chadli, sont arrivés. Mais la réalité a été toute autre. Les résultats n'ont pas été vraiment au rendez-vous. Anderlecht avait très mal débuté avec 5 rencontres sans succès.

Anderlecht enchaîne les échecs

Rapidement, Simon Davies, l’entraîneur d'Anderlecht, avait annoncé : «On a besoin de stabilité. La première chose qui va changer, c’est que Vincent Kompany sera capitaine dès ce vendredi. Il sera le leader de l’équipe et se concentrera uniquement sur son rôle de joueur. En semaine, ça marche bien pour lui avec le staff. Mais les jours de match, il a besoin d’être uniquement un joueur». Un premier couac pour le défenseur de 34 ans qui allait en vivre bien d'autres. Sportivement, son équipe n'a pas réalisé une saison à la hauteur des attentes puisqu'elle a fini l'exercice 2019-20, stoppé après l'épidémie de coronavirus, avec 11 victoires, 10 nuls et 8 défaites. Un bilan plutôt mauvais pour une écurie qui espérait beaucoup mieux. Outre plusieurs blessures, certains choix n'ont pas payé, comme le fait de miser sur Nasri, dont le passage en Belgique a été un échec (7 matches joués).

Malgré cela, Kompany a lui gardé la confiance de ses dirigeants, lui qui était aussi important pour le groupe (17 matches). Parallèlement à cela, l'écurie de Jupiler League a eu plusieurs soucis à gérer. Financièrement, elle a été en désaccord avec ses joueurs. Si ces derniers étaient prêts à s'asseoir sur leur salaire du mois d'avril après la suspension due au covid-19, ils ont été en conflit avec le club en refusant de signer la déclaration de solidarité après avoir constaté que la direction avait inclus dans celle-ci plusieurs autres points dont un douzième de leur prime à la signature sur cette saison. Kompany avait proposé de régler cela en payant les primes des joueurs de sa poche. Une poche où le Belge a décidément mis la main puisqu'il a déboursé 3 millions d'euros pour investir au club, dont il est devenu actionnaire, en plus d'être joueur. Et il devra se montrer solide puisqu'Anderlecht a perdu cet été son sponsor historique. Après 39 ans de collaboration, BNP Paribas Fortis a mis un terme à son partenariat avec les Mauves.

Kompany attaqué de toutes parts

Des Mauves qui vont donc devoir trouver des solutions financières mais également sportives. «On est souvent vus comme les supporters de luxe, qui ne sont là que quand ça va bien. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi acharné. Si les supporters sont acharnés en tribune, on le sera sur le terrain. Le résultat et la manière comptent. Je veux un Anderlecht d’artistes, mais des artistes qui travaillent. Cette équipe a des choses à offrir que d’autres clubs n’ont pas», avait expliqué Kompany, entouré d'une nouvelle direction, au début du mois de juillet. Il était bien décidé à faire une meilleure saison avec son équipe. Mais là encore, il y a du travail. Confrontés à Lille ce week-end en amical, les Mauves se sont inclinés (2-0) et a surtout inquiété. «Anderlecht a manqué d'idées dans les 30 derniers mètres adverses. Rarement ils ont été en mesure d'inquiéter les Lillois», a analysé La Dernière Heure. Même constat pour L'Avenir. «Transparents devant, fébriles derrière, les Anderlechtois n’ont pas rassuré en amical à Lille, à une semaine de la reprise. Sur l'avenir, il n'y a pas d'enseignements». Au-delà de tout ça, Vincent Kompany aurait posé problème. «L’attitude de Vincent Kompany en bord de terrain interpelle. Face à Lille, il a renvoyé Frankie Vercauteren dans le rôle d’observateur», a expliqué Sud-Info.

D'ailleurs, après cette rencontre, l'ancien joueur de City a été la cible d'un acte de vandalisme dimanche. En effet, la presse belge rapporte qu'un message hostile à Kompany a été peint au sol devant l'entrée du centre d'entraînement. "Fuck the process. Kompany, casse-toi", était inscrit à Neerpede. Et si ce message a été rapidement couvert, il marque un vrai tournant. Epargné malgré les mauvais résultats, Vincent Kompany est attaqué. Il a donc été pointé du doigt par les supporters, qui en ont visiblement ras le bol. Du côté de la direction, la donne pourrait bien changer aussi. En effet, Kompany a été jugé intouchable depuis son retour chez les Mauves. Mais la presse sportive belge explique que même les soutiens du défenseur au club semblent perplexes face à tant d'échecs. Il est aussi indiqué qu'il pourrait finalement retrouver un simple rôle de joueur, lui qui occupe plusieurs rôles depuis son retour. Si la crise couve, Anderlecht compte plus que jamais sur le marché des transferts, avec l'arrivée de Bogdan Mikhaylichenko, en attendant celles de Percy Tau (ex-Bruges) et Mustapha Bundu (AGF Århus). Le RSCA attendra aussi beaucoup de son mercato interne et d'être fixé définitivement sur le cas de Vincent Kompany, qui à force de porter plusieurs casquettes, pourrait peut-être voir sa tête tomber à Anderlecht.

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