CVC, LFP, salaire de Vincent Labrune… le feuilleton des droits TV vire au ridicule !

Par Josué Cassé
4 min.
Vincent Labrune, le président de la Ligue de football professionnel @Maxppp

Après avoir reçu plusieurs dirigeants de club jeudi matin, la mission d’information du Sénat sur l’intervention des fonds d’investissement dans le football professionnel français a auditionné deux dirigeants français de CVC Capital Partners, le fonds d’investissement à l’origine de la création de la société commerciale de la LFP. De quoi donner lieu à de nouvelles séquences lunaires et renforcer le fiasco autour des droits TV…

Attendu depuis plusieurs jours, le calendrier de la Ligue 1 2024-2025 sera révélé ce vendredi 21 juin. Seul petit hic - et non des moindres - personne ne sait encore qui diffusera le championnat de France alors que la reprise est, elle, prévue le 16 août prochain, soit dans moins deux mois. Du milliard au départ espéré par Vincent Labrune aux 400 millions d’euros récemment proposé par DAZN, l’entreprise britannique surnommée le "Netflix du sport", les négociations tournent, en effet, au fiasco et le football français plonge progressivement dans un contexte pour le moins angoissant. Faute d’accord avec beIN SPORTS, Canal + ou d’autres candidats déclarés, la Ligue de football professionnel, présidée par Vincent Labrune, a alors imaginé une création de chaîne 100% Ligue 1, diffusée par les différents opérateurs tels que Free, Bouygues, SFR, Orange. Mais là encore, cette «solution» de sortie de crise ne convainc pas…

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Le salaire de Vincent Labrune met CVC dans l’embarras…

« Quand j’avais critiqué à l’assemblée de novembre 2023 l’accord avec CVC j’avais pris une grande leçon de finances de certains présidents et banquiers, mais là sur la création d’une chaîne et sa distribution je m’y connais un peu. Obtenir 2 millions d’abonnés en année 1 à 20 euros hors taxe, c’est totalement illusoire », avait notamment confié Jean-Michel Roussier, président du HAC, dans une interview accordée à L’Équipe. Face à ce chaos, la mission d’information du Sénat sur l’intervention des fonds d’investissement dans le football professionnel français a donc décidé d’auditionner, ce jeudi, plusieurs dirigeants (Aulas, Létang, Caillot et Oughourlian) mais également deux dirigeants français de CVC Capital Partners, le fonds d’investissement à l’origine de la création de la société commerciale de la LFP après y avoir injecté 1,5 milliard d’euros contre 13 % à vie des recettes de l’instance.

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Interrogé sur leur capacité à augmenter leur contribution dans ce contexte plus que jamais incertain autour des droits TV, Jean-Christophe Germani et Édouard Conques, les deux représentants du fonds luxembourgeois, n’ont pas souhaité en dire plus, précisant cependant que «cet investissement devait être jugé sur le long terme et que CVC était très engagé auprès de la Ligue avec laquelle il était en contact étroit». Une audition au cours de laquelle les deux hommes ont surtout été mis dans l’embarras à maintes reprises, provoquant notamment une scène assez surréaliste. Questionnés par le rapporteur Michel Savin sur le salaire de Vincent Labrune, multiplié par 3 (il est passé de 400 000 euros à 1,2 million d’euros annuels, ndlr), les deux dirigeants de CVC Capital ont alors assuré que cette somme était uniquement liée à son statut de président de la LFP. «Le président de la société commerciale (Vincent Labrune, ndlr) n’a pas de rémunération pour son titre à la société commerciale», a ainsi répété Édouard Conques.

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Le deal CVC-LFP fait jaser…

Problème… quelques secondes après cette réponse, le rapporteur a présenté un document assurant que 50% du salaire de Labrune comme président de la LFP était refacturé à la société commerciale dont il est aussi président. La suite appartenant au registre du malaise… «Nous prenons connaissance de ce document», rétorquait finalement Jean-Christophe Germani, confus, pour ne pas dire plus. Une séquence confirmant alors les réserves émises par de nombreux dirigeants sur l’apport réel de CVC dans le développement du football français. «On nous a vendu l’arrivée de la société commerciale comme une étape majeure pour le développement du foot français et aujourd’hui, on parle d’un plan de sauvetage et il est demandé aux actionnaires des clubs d’accentuer leur garantie financière. Si c’était pour ça, on peut s’interroger d’avoir concédé à vie 13 % de nos revenus», s’alarmait, en ce sens, Jean-Michel Roussier. Au regard des éléments échangés entre les membres de la mission d’information du Sénat et les représentants du fonds partenaire de la LFP, l’inquiétude du boss des Ciel et Marine ne risque pas de s’atténuer…

En effet, si tout le monde imaginait jusqu’à présent que l’argent récolté permettrait de soutenir les clubs et le développement du football français, l’audition de jeudi après-midi a finalement révélé qu’une partie des sommes générées était reversée dans la poche de… Vincent Labrune. Pour ne rien arranger et outre la gêne entraînée par la question liée aux émoluments de l’ancien président de l’Olympique de Marseille, les deux représentants de CVC Capital Partners ont également offert d’autres moments de confusion. Alors que le fonds luxembourgeois, par ailleurs propriétaire de l’horloger Breitling, n’a pas répondu à l’appel d’offres lancé par l’instance pour renouveler son contrat de chronométreur (Oris restera chronométreur, ndlr), Jean-Christophe Germani a tenté de justifier cette issue en indiquant que Breitling avait été cédé par CVC… avant de reconnaître que le fonds en possédait encore une petite part. Autant d’approximations et de zones d’ombre renforçant l’inquiétude quant à la gestion de cet épineux dossier des droits TV…

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