Espagne-Suède : les notes du match

Au terme d'une partie qu'elle a ultra-dominé, l'Espagne n'a pas réussi à trouver la faille face à une équipe de Suède venue à Séville pour défendre (0-0). Les Blågult, qui se sont appuyés sur un Robin Olsen impeccable, ont tenu le choc et sont même passés tout proche du hold-up contre une Roja inefficace dans le dernier geste.

Ferran Torres face à Augustinsson et Forsberg lors d'un Espagne-Suède à l'Euro
Ferran Torres face à Augustinsson et Forsberg lors d'un Espagne-Suède à l'Euro ©Maxppp
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Alors que la Slovaquie a dompté la Pologne un peu plus tôt ce lundi dans le groupe E (2-1), l'Espagne et la Suède se retrouvaient pour le compte de la première journée. Deux formations qui étaient dans le même groupe de qualification et où la Roja avait pris l'avantage. Pour cette affiche, l'Espagne s'organisait donc dans un 4-3-3 classique avec Aymeric Laporte aux côtés de Pau Torres en défense. Seul en pointe, Alvaro Morata était soutenu par Feran Torres et Dani Olmo. De son côté, la Suède optait pour un 4-4-2 avec Emil Forsberg, Albin Ekdal, Kristoffer Olsson et Sebastian Larsson dans l'entrejeu. En pointe, Marcus Berg et Alexander Isak étaient associés.

Très vite, le scénario de la rencontre s'est dessiné avec une équipe espagnole qui prenait le jeu à son compte avec une forte possession. La Suède se présentait avec un bloc solide et tentait de répondre avec quelques contres. La première grosse occasion arrivait assez vite pour la Roja avec une tête de Dani Olmo, mais Robin Olsen bien placé captait le ballon (16e). L'Espagne insistait et Koke manquait de fusiller Robin Olsen sur la gauche (23e) avant de frapper juste au-dessus de la barre transversale. Acculée, la Suède pliait mais ne rompait pas. Alvaro Morata avait alors un excellent ballon afin d'ouvrir le score, mais il ouvrait trop son pied et son tir croisé passait à droite du but de Robin Olsen (38e).

La forteresse suédoise n'a pas lâché

Une erreur qui aurait pu coûter cher puisque Alexander Isak prenait le meilleur sur Unai Simon, mais Marcos Llorente sauvait la Roja (41e). Dani Olmo s'offrait une dernière frappe (45e), mais on restait sur un score nul et vierge à la pause. Au retour des vestiaires, la Suède mettait le danger sur coup franc, mais Mikael Lustig s'emmêlait les pinceaux. Moins tranchante qu'en première période, l'Espagne avait la maîtrise sans pour autant parvenir à la convertir sur le tableau d'affichage. Pire, la Suède faisait mal via Alexander Isak. Après un numéro, il trouvait Marcus Berg à gauche du but, mais le joueur de Krasnodar ne cadrait pas (61e).

L'Espagne était partagée entre le risque d'être punie en contre et le fait d'attaquer en nombre. Assez intéressant ce soir, Dani Olmo se procurait une belle tentative suite à un excellent travail de Marcos Llorente mais Marcus Danielsson venait contrer de justesse (73e). Le rythme retombait au fil des minutes et les occasions se faisaient peu nombreuses. A la toute fin du temps réglementaire, Gerard Moreno se distinguait par une tête à bout portant repoussée par Robin Olsen (90e). Finalement, les deux équipes se quittent sur un match nul 0-0. La Slovaquie est en tête de ce groupe à deux points des deux adversaires du soir tandis que la Pologne est dernière. La Suède défiera la Slovaquie vendredi tandis que l'Espagne affrontera la Pologne ce samedi.

Retrouvez le classement du groupe E

L'homme du match : Olsen (7,5) : le portier de la Roma savait qu'il allait vivre un match animé et qu'il n'y aurait pas que la température élevée de Séville qui lui provoquerait quelques coups de chaleur. Mais le gardien suédois a été presque parfait contre la Roja. Il a d'abord dû s'employer pour repousser sur sa ligne d'un très bel arrêt une tête de Dani Olmo (16e), tout en étant propre dans tous les compartiments du jeu, aussi bien dans les pieds espagnols (33e) que sur les tentatives lointaines (39e, 45e). Il a également fait preuve de sérénité dans les airs (44e, 79e) tout au long de la partie, avant d'endosser le costume de héros dans les derniers instants en repoussant magistralement une tête de Gerard Moreno (90e+1). Il peut tout de même remercier Morata, qui a complètement raté son face-à-face avec lui (38e). Seul petite ombre au tableau : son jeu au pied, qui n'a pas forcément aidé ses partenaires à conserver le ballon.

Espagne

  • Unai Simón (5,5) : le gardien de 24 ans n’a rien eu à faire. Il a su être vigilant quand il le fallait et a su rassurer sa défense avec des bonnes sorties (33e, 60e). Il reprenait aussi miraculeusement un ballon qui venait frapper son poteau peu avant la mi-temps. Rien d’autre à signaler pour lui.

  • Marcos Llorente (6) : le joueur de l'Atlético de Madrid a livré un très gros match sur son côté droit, à un poste de latéral qui n'est pas le sien de formation, mais qu'il a déjà occupé avec les Colchoneros et avec la Roja. Si on s’attend logiquement à le voir être actif offensivement, c’est aussi sur le plan défensif qu’il a impressionné. C’est lui qui réalisait un sauvetage énorme sur sa ligne sur une frappe d’Isak (43e). Une intervention qui vaut au moins un but.

  • Pau Torres (4,5) : le défenseur de Villarreal n’a pas semblé inquiété dans cette rencontre, mais il a parfois eu du mal à cadenasser Alexander Isak. Le Suédois s’est joué deux fois de l’Espagnol et cela aurait pu coûter très cher à son équipe. Mais dans l’ensemble, c’est une prestation correcte pour lui puisqu’il n’a pas eu grand-chose à faire tant son équipe a dominé le match.

  • Laporte (6) : la première en compétition officielle d’Aymeric Laporte était évidemment scrutée. Le défenseur de 27 ans était aligné dans l’axe droit de la défense et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas semblé stressé. Il a survolé la rencontre par son aisance technique et son placement toujours juste. Un bon match pour lui.

  • Jordi Alba (5) : le latéral du FC Barcelone CF a été, sans grande surprise, très offensif surtout que la mainmise des Espagnols sur ce match l'encourageait à se comporter de la sorte. Il a multiplié les courses dans son couloir gauche, mais n’a pas forcément réussi à faire sauter le verrou suédois. Défensivement, il a été sérieux, mais on attendait plus de lui en attaque surtout avec les difficultés de l’Espagne à créer des occasions.

  • Rodri (6) : en l’absence de Sergio Busquets, Rodri était aligné devant la défense. Il a livré une bonne prestation en faisant parler sa finesse technique avec quelques superbes passes en profondeur. Le milieu de Manchester City a aussi répondu présent défensivement quand il fallait couvrir les montées de son latéral droit très offensif Marcos Llorente et a récupéré plusieurs ballons. Forcément, dans une équipe de possession, il s’est régalé. Remplacé par Thiago à la 66e. Le milieu de Liverpool a cherché des espaces constamment, mais n’a pas réussi à les trouver.

  • Pedri (6) : le très jeune joueur du FC Barcelone a semblé sur un nuage dans ce match. Techniquement, il n’a jamais perdu un seul ballon et a toujours joué juste. Dans une physionomie de match où l’Espagne a surdominé dans la possession, le milieu de 18 ans était logiquement dans les meilleures conditions pour s’exprimer. Il n’a pas hésité à porter le ballon pour créer le danger.

  • Koke (5) : un match plutôt plaisant de la part du milieu de l’Atlético de Madrid. Alors que l'Espagne a clairement remporté la bataille du milieu de terrain, il s'est illustré en se montrant très présent offensivement et avec beaucoup de passes dans les intervalles. Il a beaucoup combiné avec Torres, Olmo ou Pedri. Il a baissé d’intensité en seconde période. Remplacé par Fabian Ruiz à la 88e.

  • Dani Olmo (5) : l’attaquant de Leipzig a été assez remuant sur son couloir gauche. Il a multiplié les courses et n’a pas hésité à faire les efforts défensifs. Il a aussi apporté une variété au jeu des Espagnols avec des appels en profondeur et plusieurs passes intéressantes. Il n’a pas hésité à proposer des solutions dans la surface de réparation pour créer le surnombre. Il ne passait pas loin d’ouvrir le score avec une belle tête (15e). Remplacé par Moreno à la 74e. L’attaquant de Villarreal aurait pu être le sauveur de la Roja mais sa tête était miraculeusement repousser par le gardien de la Suède (90e).

  • Ferran Torres (4,5) : l'ailier de Manchester City a réalisé un bon match en étant dangereux, mais avec un manque de justesse dans le dernier geste indéniable. Il a fait mal par ses accélérations et son aisance technique qui lui ont permis de se créer plusieurs situations favorables. Mais il a manqué d’un petit quelque chose en plus pour réellement inquiéter le portier suédois. Remplacé par Oyarzabal à la 74e. Sur le couloir droit, le joueur de la Real Sociedad a essayé de déborder sans jamais faire la différence.

  • Morata (4) : l’attaquant de la Juventus n’avait pas été très rassurant lors des matches de préparation à l’Euro, il ne l’a pas été non plus pour ce premier match. Il a eu du mal à se démarquer dans une équipe qui a pourtant multiplié les mouvements et il a surtout raté de grosses occasions. Il loupait, pourtant tout seul, un face-à-face (38e). Il manquait aussi de précision sur plusieurs frappes (48e). Remplacé par Sarabia à la 65e. L’attaquant du PSG n’a pas pesé sur la défense suédoise.

Suède

  • Olsen (7,5) : voir ci-dessus.

  • Lustig (3,5) : le défenseur de l'AIK Solna a été vigilant au fil de la rencontre en affichant quelques lacunes dans la relance, à l'image de celle ayant failli se transformer en passe décisive pour Koke (23e). Comme l'ensemble de son équipe, il a souffert face aux redoublements de passes des Espagnols, et des débordements de Jordi Alba ou encore Dani Olmo sur son couloir. On retiendra aussi son gros raté alors qu'il était en position idéale pour servir Isak dans la surface espagnole (49e). Averti à la 55ème minute pour un geste d'humeur. Remplacé par Krafth (75e).

  • Lindelöf (5) : le joueur de Manchester United a été plus solide que son compère en charnière centrale, réalisant des interceptions quand il le fallait (2e, 68e). Globalement, il a réalisé un match assez propre, ne se rendant coupable d'aucune faute directe et n'étant jamais directement dépassé défensivement.

  • Danielson (4,5) : l'élément défensif du Dalian Professional a rendu une copie mitigée. Il a repoussé les assauts à répétition des Espagnols (8e, 9e, 13e, 49e) mais il est aussi par moment passé au travers, à l'image de son erreur d'appréciation laissant Morata se présenter seul face à Olsen aurait pu couter très cher à la Suède en première période (38e). Il a toutefois régné en patron dans le domaine aérien (11e, 12e, 45e+1, 52e).

  • Augustinsson (3) : le latéral gauche du Werder Brême a fait comme tous ses partenaires en défense : il a énormément reculé, peut-être même un peu trop. Il a fait preuve de vigilance dans les zones importantes, protégeant convenablement son secteur sans prendre de risque (6e, 18e, 31e). Avec le schéma de jeu mis en place par Janne Andersson, il n'a évidemment rien apporté d'un point de vue offensif.

  • Larsson (4,5) : le vétéran suédois de 36 ans évoluant désormais à l'AIK Fotboll a gratté quelques ballons et a fait beaucoup d'efforts défensifs au détriment de son impact offensif, limité à l'Estadio de la Cartuja ce lundi soir, et de sa lucidité. Il a, sans surprise au vu de la physionomie de cette partie, été plus présent dans la surface suédoise que dans celle des Espagnols, faisant malgré tout parler son expérience pour soulager sa défense à plusieurs reprises.

  • Ekdal (3) : le milieu expérimenté de la Sampdoria (31 ans) a été mis en difficulté les rares fois où son équipe avait le ballon face au pressing des joueurs de la Roja. Il a récupéré quelques ballons, parfois précieux dans la zone dangereuse, sans toutefois parvenir à se montrer menaçant offensivement.

  • Olsson (3,5) : le milieu de terrain de 25 ans a lui aussi été peu à l'aise face à la pression imposée par les hommes de Luis Enrique dans la moitié de terrain de la Suède. Le joueur de Krasnodar s'est également contenté d'être présent défensivement devant sa défense, avec quelques bons retours défensifs à mettre à son crédit, comme celui dans sa surface en première période (25e), ou encore quelques bonnes lectures de jeu pour couper la trajectoire et ralentir la progression de la Roja sur le terrain. Remplacé par Cajuste (84e).

  • Forsberg (3,5) : avec le bloc suédois très bas destiné à subir, le maître à jouer de cette sélection suédoise n'a pas vraiment eu l'occasion de se mettre en valeur ni de faire briller ses partenaires. Le joueur du RB Leipzig a manqué de justesse dans le dernier geste, notamment dans le premier acte sur certaines transmissions ou sur la première tentative des Blågult. Remplacé par Bengtsson (84e).

  • Berg (4) : en bon point d'appui, l'avant-centre de 34 ans avait la tâche de conserver le ballon dos au but afin de permettre au bloc suédois de pouvoir grapiller quelques mètres sur le rectangle vert. Pour sa 87ème sélection, l'attaquant de Krasnodar n'a pu que peu se rendre utile dans son registre. Un match extrêmement compliqué pour Berg, comme il pouvait s'en douter. D'autant plus qu'il a eu une occasion en or pour que la Suède réalise un hold-up à Séville, mais il a complètement manqué son geste à bout portant, ce qui semblait plus difficile que de la mettre au fond sur ce service parfait d'Isak (61e). Remplacé par Quaison (68e).

  • Isak (6) : le buteur de la Real Sociedad n'a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Mais il ne lui en faut pas beaucoup pour se montrer dangereux. Il aurait d'ailleurs pu ouvrir le score contre le cours du jeu si Marcos Llorente n'avait pas repoussé le ballon sur sa ligne pour l'envoyer sur le poteau d'Unai Simon (41e). Puis il a failli se muer en passeur pour Berg, qui a manqué l'immanquable au second poteau (61e). Il s'est montré précieux sur le peu de ballon qu'il a touché, calmant le jeu ou tentant de créer quelque chose pour débloquer la situation. Un match très intéressant de sa part. Remplacé par Claesson (69e).

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