L'intraitable Maroc de Vahid Halilhodzic peine à convaincre

Après la victoire face à la Guinée mardi soir (4-1), le Maroc est la deuxième nation africaine qualifiée pour les barrages de la Coupe du Monde, grâce à quatre victoires en autant de rencontres en éliminatoires. Après deux ans sous la houlette de Vahid Halilhodzic, les Lions de l'Atlas pourraient enfin retrouver leur niveau d'antan.

Le sélectionneur du Maroc Vahid Halilhodzic
Le sélectionneur du Maroc Vahid Halilhodzic ©Maxppp

Si les performances sur le terrain des Lions de l'Atlas attisent les critiques de certains supporters et de la presse nationale, les résultats en compétition officielle depuis l'arrivée de Vahid Halilhodzic parlent d'eux-mêmes : 8 victoires, 2 nuls, et surtout zéro défaite. Déjà qualifié pour les barrages de la Coupe du Monde 2022 et toujours invaincu en qualifications - Coupes d'Afrique et Mondial confondus, il réalise les meilleurs débuts pour un sélectionneur avec 80% de succès sur ses 10 premiers matches officiels. À titre de comparaison, son prédécesseur Hervé Renard n'avait remporté qu'un match sur 2 à ses prémices (5V, 3N, 2D). De plus, le changement de sélectionneur se fait aussi sentir dans leur approche tactique : alors que le Français privilégiait un jeu de possession pour trouver la faille dans le bloc adverse, Coach Vahid se distingue par des transitions rapides pour surprendre l'adversaire à la récupération du ballon. Néanmoins, la sauce ne prenait pas à tous les matches depuis son arrivée : la pauvreté de l'animation et le manque d'efficacité étaient pointés du doigt sur certaines rencontres abordables sur le papier.

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Mais comme Renard, l'entraîneur bosnien a dû gérer un cas compliqué en sélection, en la personne de Hakim Ziyech, qui n'est plus sélectionné depuis la trêve de septembre : « Ziyech n’a pas été discipliné lors des deux derniers rassemblements et s’est abstenu de s’entraîner et ne semblait pas être un joueur qui porte le maillot de l’équipe nationale et qui se bat pour se qualifier à la Coupe du monde. Je ne tolérerai pas ce comportement tant que je serai entraîneur du Maroc », avait-il lâché au micro de Radio Mars à la suite de sa non-convocation le 1er septembre dernier. Les supporters chérifiens craignaient alors une régression du jeu offensif, qui reposait souvent sur le joueur de Chelsea. Pourtant, les joueurs convoqués en septembre et en octobre ont fait mentir tous les pronostics : 14 buts marqués en 4 matches d'éliminatoires pour le Mondial au Qatar. Une moyenne de 3,5 réalisations par rencontre, soit bien plus que les 16 autres toutes compétitions confondues (1,56 b/m).

Coach Vahid ne satisfait toujours pas

Pour la réception du Syli national, le 4-2-3-1 (modulable en 4-4-2) habituel a laissé sa place à un 3-5-2. Exit Ilias Chair en numéro 10 et Adam Masina à gauche de la défense. Halilhodzic a décidé de faire confiance au jeune Sofiane El Karouani (20 ans) au poste de piston gauche pour sa deuxième sélection et au défenseur central de l'OH Louvain (D1 belge) Sofiane Chakla aux côtés du capitaine Romain Saïss et Nayef Aguerd dans une arrière-garde à 3 inédite. Une formation censée laisser plus de libertés aux joueurs de couloir tout en gardant de la sérénité en défense. Si ce dispositif semblait donner satisfaction avec une confiscation du ballon lors des 20 premières minutes, récompensée par le but d'Ayoub El Kaabi (21e), le milieu de terrain marocain, sur le papier à vocation plutôt offensive Barkok (remplacé par Amallah, 15e)-Amrabat-Louza, a par la suite été dominé par l'adversaire, ce qui obligeait leur bloc à reculer et à concéder une belle égalisation de Mamadou Kane à la demi-heure de jeu. Cependant, les Lions de l'Atlas ont pu compter sur un facteur important, qui ne leur réussissait pas vraiment auparavant : l'efficacité devant le but. Grâce à un doublé d'Amallah et une réalisation de Boufal en fin de match, le Maroc convertit plus d'une tentative cadrée sur 2 (4 buts en 7 cadrés), tout comme lors de leur double confrontation contre la Guinée-Bissau (15 tirs cadrés, 8 buts).

Et malgré tous ces points positifs, les médias marocains ne sont toujours pas convaincus par sa méthode. En effet, après la large victoire face à la Guinée mardi soir à Rabat, l'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain paraissait incrédule face au journaliste, qui lui demandait s'il regrettait les changements tactiques réalisés : « pourquoi regretter ? On a gagné 4-1 monsieur, c’est incroyable ça... Je ne comprends pas votre question, on a gagné 4-1, on a fait un super match contre une très belle équipe. C’était le 3e match en 7 jours, certains garçons étaient fatigués et malgré les changements, on a gagné. Je ne sais pas ce que vous attendez de mes équipes, je suis un petit peu dégoûté avec toutes les choses que vous commencez (sic), c’est incroyable ! » Un Vahid désabusé, ne comprenant pas l'attente de la presse locale. En attendant, la sélection marocaine a pour mission de préparer les barrages, prévus en mars 2022, lors desquels elle pourrait affronter de grandes nations africaines, comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou encore l'Égypte. Elle ajoute également un 16e match à sa série d'invincibilité toutes compétitions confondues, et ce, depuis une défaite en amical face au Gabon de Pierre-Emerick Aubameyang (2-3). Elle reste bien loin de celle de son homologue algérienne de Djamel Belmadi, invaincue sur ses 31 dernières rencontres après son succès sur la pelouse du Niger.

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