Le club de Parme est l’un des anciens clubs italiens, il a été créé en 1913, mais a connu ses heures de gloire seulement dans la fin du siècle dernier. Les Parmesans ont rencontré les sommets européens, ils remportent en 1993 la Coupe des Coupes (C2) avant de gagner en 1995 face à la Juventus, puis en 1999 contre l’Olympique de Marseille la Coupe de l’UEFA (C3). Alain Boghossian, Lilian Thuram, Hernan Crespo, Gianluigi Buffon ou encore Fabio Cannavaro étaient parmi les vainqueurs contre l’OM. Depuis, Parme a fait l’aller-retour entre la Serie B et la Serie A et, alors que les Jaunes et Bleus sont partis pour renouer avec leur histoire européenne grâce à leur sixième place, la saison finit en calvaire et le club est officiellement déclaré en faillite le 19 mars 2015.

Reléguée en Serie D, soit la quatrième division italienne, la formation transalpine a été obligée de changer son nom. C’est ainsi que le 25 juillet dernier est née la Societa Sportivan Dilettantisca Parma Calcio 1913, qui sera appelée communément Parma Calcio. C’est sous cette nouvelle étiquette que l’équipe parmesane va tenter d’effectuer son grand retour dans le « football qui compte » dixit son nouveau président Nevio Scala, qui a entraîné Parme entre 1989 et 1996, soit pendant les plus belles heures de gloire des Parmigiani. En plus de cet illustre homme du club, les Dulcati peuvent compter sur de nombreux soutiens de choix.

Parme peut compter sur ses anciens

Outre son nouveau président, le pouvoir sportif a été attribué à de nombreux anciens de la maison. Luigi Apolloni, ancien international italien (15 sélections) qui a évolué à Parme entre 1987 et 1999, a été nommé entraîneur. Andrea Galassi, milieu de terrain de l’équipe lors de la saison 1986-1987, s’est vu proposer le poste de directeur sportif, tandis que Fausto Pizzi, milieu de terrain Parmesan en 1989-1990 et en 1992-1993, a été nommé responsable du secteur jeune par la nouvelle équipe dirigeante. C’est sur ce noyau d’anciens que le nouveau club de Parme compte bien relever le challenge de remonter rapidement les échelons nationaux, pour réussir à retrouver l’élite du football italien et de, pourquoi pas, rêver à un destin comme celui de la Fiorentina et de Naples, qui sont aujourd’hui, malgré leurs anciens déboires, des équipes qui jouent l’Europe tous les ans.

Une autre tête a décidé de rester pour sauver son club. Le défenseur de 38 ans Alessandro Lucarelli (frère de Cristiano Lucarelli, ancien attaquant de Livourne notamment) a décidé lui aussi de rester fidèle à l’équipe italienne qu’il a rejointe en 2008 et avec laquelle il compte plus de 200 matches. Cet état esprit n’est pas sans rappeler que lors d’une situation plus ou moins similaire, Gianluigi Buffon était resté à la Juventus Turin malgré la relégation de la Vieille Dame en Serie B en 2006 après le scandale des matches truqués en Italie. Quoi qu’il en soit, la fidélité d’Alessandro Lucarelli ravit les tifosi du Parma Calcio 1913.

Les supporters suivent, les résultats aussi

Et les tifosi, Parme en a toujours eu, que ce soit en Serie A, en Serie B ou même aujourd’hui alors que le club se traîne dans les petites divisions transalpines. Ainsi, lors du premier match de la saison - à l’extérieur - ils étaient mille environ à venir suivre leur équipe. Cette saison, 8715 supporters se sont abonnés pour suivre les Dulcati - contre 9235 souscripteurs, la saison dernière en Serie A. Le club explose donc le record que détenait Sienne, qui comptait alors 3774 fidèles en Série D. L’intérêt suscite l’intérêt. Et, à l’engouement des supporters, se sont ajouté les médias. Sky Sport a ainsi décidé de retransmettre tous les matchs de Parme en direct !

Et dans cette division, les coéquipiers d’Alessandro Lucarelli ne font pas les choses à moitié. Leur premier match a été quelque peu laborieux, mais les Parmesans l’ont emporté grâce à un penalty (1-0). Depuis, les Jaunes et Bleus déroulent. En 25 rencontres jouées, ils comptent 61 points soit 18 victoires, 7 nuls et aucune défaite pour le moment. Plus éloquent encore, la différence de but : ils ont marqué à 55 reprises, ne concédant seulement 11 petits buts. Et, même si Parme n’est pas seule meilleure attaque - à égalité avec le F.C.D. Altovicentino -, c’est bien la meilleure défense, loin devant le San Marino Calcio qui compte quinze buts de plus encaissés. Si les hommes de Luigi Apolloni continuent sur la lancée qui est la leur, nul ne doute que le club remontera rapidement vers les championnats professionnels d’Italie, même s’il faudra être patient pour que Parme retrouve son lustre d’antan. Quoi qu’il arrive,les supporters peuvent croire en des jours meilleurs et se dire que le Phénix commence à renaître de ses cendres.