Après des expériences à Saint-Etienne, Cannes, Dijon, Nice et Lille, Eric Bauthéac a quitté la France pour la côte est de l’Australie il y a deux étés. Auteur de 7 buts et 6 passes décisives en 24 apparitions sous le maillot du Brisbane Roar (le rugissement de Brisbane) cette saison, le Gardois arrive au terme de son contrat. Prolonger ou terminer en apothéose, sur une panenka qui a fait le tour de la planète ? L’attaquant de 31 ans s’est confié à Foot Mercato sur son expérience australienne, sur l’avant et l’après. Sans langue de bois.

« C’était soit je rentre dans la légende, soit je suis ridicule »

- Eric Bauthéac à propos du penalty qu’il a inscrit avec le Brisbane Roar face à Adelaide United.

Foot Mercato : Peux-tu nous expliquer ce penalty insensé ? Peut-être la panenka la moins aérienne de l’histoire, mais quel but !

Eric Bauthéac : je me suis réveillé ce matin (vendredi, ndlr), j’ai vu qu’il avait fait le tour du monde. C’est incroyable. C’est vrai que ça n’avait jamais été tenté, c’est pour ça aussi qu’il a fait le tour du monde. Avant le match, j’ai dit à des potes dans la tribune « les gars, s’il y a penalty aujourd’hui c’est moi qui vais le tirer. Et vous allez rigoler, parce que je vais tenter un truc de fou ». Et pendant le match, un penalty est sifflé. Qu’est-ce qui se passe ? Je pose le ballon, je me dis « écoute, c’est le dernier match de la saison, c’est peut-être ton dernier match en Australie, qu’est-ce qui peut t’arriver ? C’est le moment de tenter quelque chose ». Cela n’avait jamais été tenté. C’était soit je rentre dans la légende, soit je suis ridicule.

FM : Et finalement, ça passe. Peux-tu décrypter ce geste ?

EB : je veux taper le penalty doucement au milieu, en sachant que le gardien va plonger à droite ou à gauche et qu’il n’aura pas le temps de laisser traîner les pieds. Mais au moment de tirer, je ne pensais pas que j’allais le tirer aussi doucement. Au moment où je tire, je lève la tête et je me dis « ah merde, le ballon est vraiment parti doucement ! ». La seconde d’après, je vois qu’il est au fond et je me dis « il est quand même beau le penalty ». Disons que c’est ce que je voulais faire, mais que je voulais le faire un peu plus fort. Histoire de ne pas non plus trembler !

FM : Tu avais prévenu tes coéquipiers avant le match ?

EB : Mes coéquipiers ne savaient pas. On ne sait jamais. Ça va vite. Il suffit qu’il y en ait un qui parle, qu’un adversaire entende que je veux tenter un truc de fou, que ça arrive aux oreilles du gardien, il ne bouge pas et je me retrouve comme un con. Je ne l’avais dit qu’à mes potes français venus me voir jouer. À la fin du match, ils m’ont dit « mais tu es un grand malade ! ».

FM : Tu es un habitué des penaltys hors du commun. C’est ta marque de fabrique ?

EB : Oui, j’ai mis plusieurs panenkas en Ligue 1, j’aime bien tenter des trucs sur les penaltys. J’en ai marqué avec Nice, avec Dijon, avec Cannes aussi, j’en ai marqué plein là-bas. Avec Nice, j’avais tenté un penalty contre Lorient où je stoppe ma course sur mon pied droit, je lève la tête et au dernier moment j’attends que le gardien plonge et je la mets de l’autre côté.

FM : Ce but, c’était aussi une belle façon de clore ton chapitre à Brisbane, où tu es en fin de contrat ?

EB : oui, au moins de clore la saison. C’était un peu le but, de sortir comme ça. De marquer le club de mon empreinte. Quoi de mieux que de traverser le monde, de faire parler de Brisbane, de l’Australie, de la A-League et de moi aussi, puisque je suis en fin de contrat ici.

« Si je reçois une offre de Ligue 1, pourquoi pas »

- Eric Bauthéac, en fin de contrat, à propos de son futur.

FM : Sais-tu quelle sera la prochaine étape de ton voyage de footballeur ?

EB : je ne sais toujours pas ce que je vais faire après. Je sais que je suis en fin de contrat ici, que Brisbane veut que je prolonge. Il y a d’autres clubs ici en Australie qui veulent que je signe chez eux. J’ai des propositions un peu à droite et à gauche, dans des pays voisins, en Asie notamment. En Europe, j’ai aussi quelques contacts intéressants. Là, je vais partir en vacances, tranquillement, je vais étudier les offres avec ma femme et mes enfants et après on fera un choix. Mais je n’ai vraiment pas de stress. J’attends que ça se passe et puis je signerai.

FM : Un retour en France, tu y penses ?

EB : Bah écoutes, aujourd’hui, je suis en fin de contrat. Tout peut arriver. Si je reçois une offre de Ligue 1, pourquoi pas. Je l’étudierais comme j’étudierai toutes les autres offres. Je reste quand même sur une grosse saison, je n’ai pas été blessé une fois de la saison, j’ai joué tous les matches – bon j’ai été suspendu quatre matches – mais sinon je les ai tous joués. Je me sens vraiment bien physiquement, je suis en pleine bourre.

FM : La France tu l’as quittée de manière un peu brutale. Tu étais de ceux qui ont intégré le loft* du LOSC, sous Marcelo Bielsa. Quel souvenir gardes-tu de cette expérience avec celui qu’on appelle El Loco ?

EB : Eh bien, des souvenirs de lui, non, je n’en ai pas. Je ne l’ai jamais rencontré ce mec-là. Il est venu nous parler deux minutes dans le vestiaire quand on a repris, quinze jours après les autres. En espagnol, il nous a dit « bon, les gars, je ne veux pas de vous. Merci. Au revoir », puis il est reparti. A part ça, je n’ai jamais côtoyé cette personne. Mais apparemment ce n’était pas la folie de l’autre côté non plus. Parce que nous, les joueurs du loft, on avait gardé nos potes qui eux étaient avec lui. Ils nous disaient que c’était un grand malade. Qu’il faisait n’importe quoi.

« On a même voulu proposer un match Loft-LOSC, en amical. Mais ils ont refusé. Forcément, si on avait gagné ils auraient été ridicules »

- Eric Bauthéac, sur son expérience dans le loft lillois.

FM : Finalement, le loft, ce n’était pas si mal…

EB : nous, de notre côté, on était dans le loft, mais quand on voyait les autres souffrir autant on se disait « bon bah finalement les gars on n’est pas plus mal ici ». Dans notre malheur, la chance que l’on a eu c’est qu’on était très nombreux. Je pense que si tu te retrouves à deux ou trois, ce n’est pas la même ambiance. On était une quinzaine dans le loft. Tous les jours, on se retrouvait, on passait notre temps à rigoler. On a créé des liens que l’on n’avait pas la saison précédente. On était tous soudés, en cas de problème on était ensemble. Cette étape nous a rapprochés. On était vraiment bien. Et sur le papier on avait une équipe de malade, une vraie équipe de Ligue 1. On a même voulu proposer un match Loft-LOSC, en amical. Mais ils ont refusé. Forcément, si on avait gagné ils auraient été ridicules.

FM : Il y a deux ans, ce choix radical de partir à l’autre bout du monde est venu d’une envie de fuir le climat ambiant ?

EB : c’est simple, j’ai joué dix-sept ans en France au plus haut niveau. Je me suis dit « écoutes, tu fais un métier dans lequel tu as la chance de pouvoir découvrir d’autres choses, un autre championnat. La chance de vivre des expériences. Je me suis dit « pourquoi pas ? ». L’Australie est venue à moi comme ça. Au début j’ai dit « ouah, qu’est-ce que c’est ? ». Je ne connaissais rien de l’Australie, du championnat, je savais simplement que c’était un pays exceptionnel, parce que des amis y avaient fait des road trips. Tout le monde m’a dit du bien de ce pays. Je me suis bien renseigné aussi. Il y a eu aussi Fahid Ben Khalfallah, qui était déjà en Australie et est arrivé à Brisbane au même moment que moi. Il m’en a parlé pendant des heures au téléphone. Il m’a bien vendu le produit.

FM : Et aujourd’hui, qu’est-ce que retiens de cette expérience ?

EB : franchement, en un an et demi ici, j’ai vécu des choses exceptionnelles. Je ne regrette pas du tout, quand je vois mes enfants être aussi heureux, parler anglais couramment, alors que ça ne fait même pas deux ans qu’on est là. Je me dis qu’en France on n’aurait pas pu faire ça. Aujourd’hui, je prends vraiment cette expérience positivement. Et je n’ai que 31 ans, je peux encore bouger n’importe où.

« L’A-League est aussi professionnelle que la Ligue 1 »

- Eric Bauthéac, tombé sous le charme du championnat australien.

FM : Et du point de vue du football. L’Australie, tu connaissais ? Quel est ton ressenti après deux saisons ?

EB : pour ce qui est du championnat, honnêtement je ne connaissais rien. Je suis arrivé ici, je ne connaissais pas le niveau, ni le nom des clubs. Je suis vraiment venu pour l’expérience. Fahid (Ben Khalfallah, ndlr) m’en avait parlé. Il m’avait dit que je ne mettais pas les pieds n’importe où non plus. Au niveau du professionnalisme, c’est comme la Ligue 1. Le centre d’entraînement de Brisbane est top, les stades sont exceptionnels, c’est vraiment très professionnel. Pour ce qui est du niveau, c’est plus physique. Ça rentre plus dedans. D’où mes deux rouges d’ailleurs (rires). Tactiquement, c’est moins bon qu’en Europe. Je dirais que ça ressemble plus au football anglais, avec plus d’espaces. Pour les offensifs, c’est vachement bien. Les équipes pensent d’abord à attaquer avant de défendre. C’est pour ça qu’il y a des scores de fou. Hier, on a perdu 5-3. Huit buts dans un match, cela n’arrive pas tous les week-ends. Bah chez nous si ! Ici, ils privilégient le spectacle. Pour les supporters, les téléspectateurs, c’est quand même mieux de voir 4-5 buts par matches que de vieux 0-0.

FM : Lors de ta première saison à Brisbane, tu as finalement peu joué. L’acclimatation a été compliquée ?

EB : les premiers temps ont été difficiles. À Lille, on était dans le loft. Du coup, on ne s’entraînait pas avec l’équipe. Juin, juillet, août, on s’était entraîné à part, avec les équipes de jeunes, en dilettante pour éviter les blessures avant d’arriver dans nos nouveaux clubs. On était à dix pour cent de nos capacités. Ensuite, j’ai eu un problème de passeport. Le 4 septembre j’ai résilié au LOSC, le lendemain je signais avec Brisbane. Mais impossible de partir de suite, je suis donc arrivé là-bas le 16 octobre. Je ne me suis pas entraîné de tout le mois de septembre, ni les quinze premiers jours d’octobre. Je suis arrivé ici, je ne parlais pas un mot d’anglais. J’étais seul au départ, à l’hôtel. Ma femme et mes enfants étaient restés en France. Ils ne m’ont rejoint que le 1er janvier. Le championnat avait déjà commencé, je n’étais pas en bonne condition physique et puis il y avait le décalage horaire.

FM : et pourtant, 6 jours après avoir posé pour la première fois le pied en Australie, tu es titulaire avec le Roar face aux Newcastle Jets...

EB : je n’avais aucune condition physique, je ne parlais pas un mot d’anglais et je ne connaissais pas mes coéquipiers, ni le coach, personne. Au mois d’octobre, ici, il fait 36° à l’ombre. Cela n’a pas aidé. Après 24 heures de vol… Après, j’aime tellement le foot que quand le coach m’a demandé si je voulais jouer, je n’ai pas hésité une seconde. Bien sûr que je voulais jouer. Je ne suis pas venu là pour regarder. Au moment où je commençais à reprendre le rythme, ce qui devait arriver arriva. Je me pète l’ischio sur une accélération en plein match. J’ai forcé et comme je ne suis pas une machine… Je suis sorti un mois et demi des terrains. Le retour a été difficile. La première saison, j’ai sorti quelques buts et quelques passes, mais je n’ai jamais été à cent pour cent. En sachant qu’ici le championnat est très court. Je suis arrivé en octobre et en avril c’est terminé. Cette première saison m’a permis de m’acclimater. J’ai appris l’anglais, j’ai aussi appris à connaître mes coéquipiers, je me suis fait des amis, je me suis aussi fait au football australien, au climat…

« On est un peu le Monaco du championnat australien »

- Eric Bauthéac, à propos de la saison très difficile de son équipe.

FM : L’an passé, Brisbane Roar finit 6e, cette année seulement 9e sur 10. Qu’est-ce qui s’est passé ?

EB : là, on a fait une saison de merde. On a eu beaucoup de blessés. Le problème c’est que tu as 12-13 bons joueurs et le reste ce ne sont que des jeunes. Nous, on s’est retrouvés avec une dizaine de blessés chaque mois. Sur les dix, tu avais 4 ou 5 habituels titulaires. On avait une demi-équipe et on complétait avec des jeunes. Défensivement, on a perdu tout le monde. Les deux centraux, les deux latéraux. On a joué avec un effectif remanié. Notre latéral droit c’était un milieu offensif, notre latéral gauche c’est un petit de 16 ans, qui n’a aucune expérience. Nos centraux n’ont fait que changer. Le problème, c’est qu’on prend des rafales. On se fait déborder à tous les matches, on parvient à marquer deux trois buts mais derrière on en prend deux de plus. C’est impossible de gagner des matches. En fait, nous on est un peu le Monaco du championnat australien. L’équipe qui devrait être en haut, mais qui se casse la gueule.

FM : Cette deuxième saison, au contraire de ton équipe, on peut dire que d’un point de vue personnel tout a marché pour toi…

EB : c’est vrai que j’ai fait une très belle saison (24 matches disputés, tous comme titulaire, 7 buts, 6 passes décisives, ndlr), dans une équipe très très très moyenne.

« Ici, à Brisbane, les gens m’appellent « Legend » »

- Eric Bauthéac, adopté et adulé par les fans du Roar

FM : En observant le club de plus près, on se rend compte que tu es une véritable icône à Brisbane. Qu’est-ce que cela implique ?

EB : ici, c’est un système de salary cap, comme en MLS aux États-Unis. Tu as une enveloppe pour tout ton effectif et tu as droit à deux « marquee players », qui sont payés le montant qu’ils veulent. À Brisbane, je suis le seul marquee player. Forcément, je suis un peu l’icône de Brisbane Roar par ce statut. Déjà, je suis le joueur qui a le plus d’expérience au club. Je suis censé être le meilleur joueur tous les week-ends, le staff fait d’ailleurs l’équipe autour de moi à chaque match. Je suis censé prouver, montrer l’exemple aux jeunes. Les marquees doivent se distinguer des autres joueurs. C’est ce que j’ai réussi à faire cette année. Du coup, c’est vrai que je suis important. On le voit quand il m’arrive un petit pépin à l’entraînement, si je reçois un coup, tout de suite les médecins viennent s’occuper de moi. Ils sont très attentionnés. Tu te sens important et quand tu te sens comme ça tu te mets en confiance et tu as envie de leur rendre l’amour qu’ils te portent.

FM : Tu retrouves cet amour et cette confiance chez les supporters ?

EB : chez les fans, c’est exactement la même chose. C’est juste incroyable. Parfois je rencontre des fans dans la rue, ils me regardent comme si je n’étais pas humain. Ici, à Brisbane, les gens m’appellent « Legend ». La Légende (rires). C’est incroyable l’amour qu’ils peuvent porter à leurs joueurs. Après, ils viennent moins t’aborder dans la rue qu’en France. Ils sont très respectueux. Si je me promène avec ma femme et mes enfants, ils ne vont pas me solliciter en me demandant de signer un autographe ou faire une photo. Ce sera un salut amical, un signe de la tête ou un sourire. Ils sont contents de me croiser, mais ne veulent pas m’importuner.

FM : Quand on est bien quelque part, pourquoi bouger ? Pourquoi ne pas rester ?

EB : c’est un peu la question qu’on se pose aussi en ce moment avec ma femme. C’est vrai qu’on a quand même une très très belle vie ici. Le quartier est super sympa, cela va être difficile de trouver aussi bien qu’ici. Niveau vie, en dehors du foot, c’est incroyable. J’ai vécu des choses incroyables dans ce pays. Brisbane est une ville exceptionnelle, il fait toujours beau toute l’année, tu as la mer et les plus belles plages du monde tout près. Tu peux sortir en sécurité et tes enfants peuvent jouer dans un parc sans que tu les surveilles. Les gens sont d’une gentillesse incroyable. Mes potes, ma famille, ceux qui sont venus en ont tous pris plein les yeux et ils m’ont tous dit « il ne faut plus partir d’ici ».

FM : Robbie Fowler vient d’être nommé sur le banc de Brisbane. Grand nom du football anglais. Comment les présentations ont été faites ?

EB : il est arrivé la semaine dernière. J’ai pu le rencontrer. Légende anglaise de Liverpool. Après, en tant que coach, il n’a coaché qu’une année en Thaïlande donc je ne sais pas ce que ça donne. Je sais que l’on doit se parler prochainement. Il est reparti en Angleterre. On doit s’appeler bientôt pour voir ce qu’il veut me proposer. Je vais voir aussi le projet qu’il veut proposer. Il faut voir l’équipe que l’on va avoir l’année prochaine, voir s’il va ramener des joueurs. Il y a plein de choses en suspens. Avant de resigner ici ou de signer ailleurs, je veux quand même avoir tous les détails.

« Le problème, en France, c’est qu’on se fait démolir dans les médias »

- Eric Bauthéac ne regrette pas certains aspects de l’univers du football français.

FM : est-ce qu’il y a quelque chose qui te change littéralement de la France et que tu apprécies particulièrement en Australie (à part les plages) ?

EB : moi je suis là pour jouer au foot, c’est ce que j’aime faire. Il ne faut pas oublier que c’est un spectacle. Les gens aiment ça. Je m’en suis vraiment rendu compte ici. Le problème, en France, c’est qu’on se fait démolir dans les médias. Sans arrêt. Les médias sont très critiques. Un exemple : hier, mon penalty, il a fait le tour du monde. Les médias ici ou à l’étranger ils parlent de « coup de génie », de « nouvelle façon de tirer un penalty ». Chez les médias français c’est : « il a complètement raté sa panenka ». C’est ridicule. Ça tire tout le temps sur les joueurs, au lieu de les mettre en avant. Alors qu’on fait un super métier. On essaie de donner du bonheur aux gens et on se fait démonter. Alors que c’est quand même beau de tirer un penalty comme ça. Toujours le côté négatif : « il a manqué… ». C’est dommage. Ici, ça me change, c’est un vrai bonheur.

FM : c’est aussi de la tranquillité que tu es venu chercher en Australie ?

EB : pour être honnête, je ne savais pas du tout dans quoi je m’aventurais. Je savais ce que je quittais, en France, mais j’ignorais vers quoi j’allais. C’est comme quand tu quittes ta femme. Tu sais ce que tu quittes mais tu ne sais pas ce que tu vas avoir après.

FM : quel est ton souhait aujourd’hui ?

EB : aujourd’hui, je n’ai qu’une envie c’est jouer au ballon. Je ne sais pas où, mais jouer au foot. J’aime vraiment mon métier et je ne sais pas comment je vais faire le jour où je vais arrêter. Je suis ouvert à tout. J’ai reçu des propositions aujourd’hui de pays que jamais je n’aurais pu imaginer lorsque je jouais en France. J’écoute tout, je ne ferme aucune porte et puis on va voir.

*à son arrivée à Lille, à l’été 2017, Marcelo Bielsa effectue une revue d’effectif complète. Désireux d’effectuer la préparation estivale uniquement avec les joueurs qu’il souhaite conserver, il isole un groupe d’une dizaine de joueurs (Bauthéac, Palmieri, Basa, Martin, Nangis, Mavuba…), en attendant que ces derniers ne trouvent un nouveau point de chute.