Après le derby d’Édimbourg face à Hibernian (0-0), c’est par une porte dérobée qu’Arnaud Djoum, comme ses coéquipiers, quitte Tynecastle Park. À pieds, capuche vissée sur la tête, tenue training et jambes lourdes, le numéro 10 d’Heart of Midlothian retrouve des proches. Il s’engouffre dans une voiture, et on le suit. S’il s’est confié à Foot Mercato juste après le coup de sifflet finale d’une rencontre disputée le soir d’Halloween, il y a eu depuis quelques rebondissements dans la saison d’Arnaud Djoum. Champion d’Afrique avec le Cameroun en 2017, celui qui avait connu sa dernière sélection en septembre 2017 vient d’être appelé par Clarence Seedorf pour disputer les rencontres des Lions Indomptables face au Maroc (ce vendredi, 20h) et au Brésil, le 20 novembre prochain. Il a répondu à nos questions.

Foot Mercato : il y a une demi-heure, tu disputais ton sixième derby d’Edimbourg avec Heart of Midlothian, face au Hibernian FC (0-0). Peux-tu nous raconter ce match à la saveur si particulière ?

Arnaud Djoum : on est déçu d’avoir fait match nul dans notre stade. On aurait dû un peu moins se focaliser sur l’adversaire et un peu plus sur notre jeu. J’étais très frustré, je suis un joueur qui aime bien avoir le ballon dans les pieds, faire le jeu. En première mi-temps, je n’ai pas touché beaucoup le ballon. On a trop été obsédé par le derby, par le combat, le fait de devoir se battre. Donc on a oublié totalement de jouer au football. C’est aussi ce que nous a dit le coach à la pause : « c’est bien d’être là dans les duels, mais il faut aussi poser le jeu et jouer au ballon ». En deuxième mi-temps cela a été un peu mieux. On a dominé. L’expulsion du joueur d’Hibernian a aussi un peu aidé, cela nous a facilité la tâche. Peu de nos joueurs étaient habitués. Ils savent maintenant qu’il faut aussi jouer au football dans un derby.

FM : on sent que la déception prime...

AD : on est un peu en train de chipoter, mais là on a beaucoup de joueurs sur le retour, des jeunes qui manquent un peu d’expérience, avec tout ça, le résultat n’était pas si mal. Hibernian avait son équipe presque type. Nous, on était avec des remplaçants, sans de nombreux joueurs majeurs. Aujourd’hui, c’est un défenseur central qui a joué en pointe. Peter Haring, le capitaine. On a signé de nombreux joueurs au mercato estival pour éviter ce genre de situation (déjà vécue l’an passée), mais on n’a vraiment pas de chance. Un derby qui n’est pas perdu reste un moindre mal.


FM : des incidents ont émaillé la rencontre. Votre gardien, Zdenek Zlamal, a été frappé par un supporter d’Hibernian. Le manager des Hibs a ensuite reçu une pièce de monnaie dans le visage sur l’action du but refusé. C’est quelque chose de typique lors du derby ?

AD : je ne peux parler que de ce qui se passe sur le terrain. Il y a eu quelques frictions entre joueurs. Hibernian a eu un expulsé après un regroupement. Les tacles sont un peu plus appuyés que d’habitude. Quand c’est le derby, tout le monde a le sang un peu chaud. Je pense que c’est un jeu. C’est le derby, il faut jouer le jeu. C’est électrique. Tout le monde doit jouer le jeu. Mais ce qui se passe dans les tribunes est inqualifiable. Comment peut-on toucher à un joueur ou un entraîneur ? Cela n’a rien à faire dans un derby, aussi bouillant soit-il.

FM : c’est un match que l’on prépare différemment ?

AD : j’y ai été préparé. Le derby est un match plus difficile que les autres. Il faut le gagner. Pour les fans, c’est quelque chose de très important. Il en va de la suprématie d’une équipe sur une autre, dans une même ville. Tu peux gagner tous tes matches, perdre tous tes matches, celui-là tu dois le gagner, tu n’as pas d’autre alternative. C’est vraiment spécial. J’ai appris depuis que je suis ici que pour ce genre de match il faut être prêt et essayer à tout prix de l’emporter.

FM : malgré ce résultat décevant, vous restez en tête de la Scottish Premiership (Hearts compte le même nombre de points que le Celtic, qui a un match en retard, ndlr). Penses-tu qu’Hearts ait la possibilité de venir contrarier la domination des clubs de Glasgow et de décrocher le titre en fin de saison ?

AD : en 2015/2016, pour ma première saison, et la première du club fraîchement remonté en Premiership, on a fini troisièmes, qualifiés pour la Ligue Europa. La deuxième année, on a terminé quatrièmes et la saison dernière, plus compliquée à cause des nombreuses blessures, on a terminé sixièmes. Généralement, on accroche toujours le top 5. C’est un club avec des ambitions. Lorsqu’ils ont retrouvé l’élite, ils ont immédiatement souhaité jouer le haut de tableau. C’est pour ça que c’est intéressant de jouer dans un club comme ça. Pour le titre, on essaie de ne pas trop y penser mais... On sait que ça va être difficile, le championnat est encore long, il y a encore beaucoup de matches. On sait qu’il y a des équipes comme les Rangers et le Celtic qui sont capables de revenir. C’est d’autres budgets, de grands joueurs…. On en est conscient. Là, on profite du moment. On est premier. Je pense qu’il ne faut pas qu’on pense trop à ça, pas qu’on calcule. On va attendre la fin de la saison pour voir si on peut vraiment y croire. Là, c’est trop tôt.

FM : Hearts n’est pas épargné par les blessures. Le football écossais ce sont des matches tous les trois jours, une grosse intensité... À ce petit jeu-là, c’est le plus endurant qui gagne ?

AD : ces deux dernières semaines c’était un peu compliqué. Avec tous les blessés que l’on a, cinq ou six joueurs majeurs, des joueurs confirmés qui sont tous sur la touche, cela rend les choses un peu plus difficiles. Mais c’est le foot, il faut être prêt, les matches s’enchaînent, il faut faire avec. Ici, on a des périodes avec des matches tous les 2-3 jours, avec une intensité que l’on retrouve dans peu de championnats. On ne peut pas se dire avant un match : « celui-là je vais le gérer » Cela va à 2000 à l’heure des deux côtés. C’est, selon moi, le charme du football écossais.

FM : le football écossais est-il le kick-and-rush que l’on imagine, ou est-ce simplement une idée reçue ?

AD : c’est différent, un jeu très direct. Notre équipe joue au football, aujourd’hui on l’avait oublié. C’est ce qui fait la différence entre nous et d’autres petites équipes du championnat. Nous, je pense qu’on essaie de faire du jeu, de jouer au ballon. La réputation du jeu écossais a évolué. Ils ont amené beaucoup de joueurs étrangers, qui ont aidé à développer le football. Le joueur typiquement écossais est peut-être un peu plus direct, qui abuse des longs ballons et des courses vers l’avant. Le championnat est devenu un peu plus technique, il a évolué.

FM : ce soir, on a vu qu’il était difficile de laisser le ballon au sol. C’est pourtant le jeu que tu prônes. Dois-tu redoubler d’efforts pour t’adapter à ce championnat ?

AD : peut-être qu’une majorité des joueurs présents ce soir était un peu plus dans un style direct. Un style qu’on pourrait qualifier d’écossais. Un jeu direct, long. Mon jeu est un peu différent, j’essaie de jouer mon jeu, de ne pas trop m’adapter au jeu écossais. J’essaie au maximum de conserver ce que j’ai appris. Ce n’est pas facile. Ballon au sol, des petites passes, ne pas le perdre. De construire, de jouer. Mais je pense que dans notre championnat, dans des équipes comme le Celtic ou les Rangers il y a aussi de bons manieurs de ballon. Dans les plus petites équipes un peu moins. Mais ce n’est pas aussi facile d’attirer beaucoup de joueurs qui aiment ce genre de jeu. C’est un championnat physique, avec beaucoup d’impact. Mais je sais aussi me montrer rugueux. L’Écosse m’a rendu un peu plus agressif.

FM : tu portes le numéro 10 à Hearts, mais quel est ton poste de prédilection ?

AD : je suis assez polyvalent. Parfois c’est bien, parfois c’est moins bien. Je préfère jouer dans l’axe, je suis un joueur axial, relayeur, « box-to-box » comme on dit aussi. Le poste de numéro 8 est, je crois, mon meilleur poste. Le coach ici aime bien m’utiliser un peu partout. J’ai joué au milieu, j’ai joué à gauche, à droite, en dix...Il m’utilise un peu partout parce que je sais faire beaucoup de choses, mais parfois c’est mieux de jouer dans ta position de prédilection. Là où tu as tes habitudes. Quand tu bouges, tu perds parfois un peu tes repères. Mais quand le coach me donne un poste bien précis, je ne discute pas, je joue pour l’équipe, je donne mon maximum. C’est aussi ça la mentalité écossaise.

FM : pourquoi avoir fait le choix de rejoindre Heart of Midlothian, il y a maintenant 3 ans ?

AD : après une expérience de six mois en Pologne, j’ai eu cette proposition de découvrir le championnat écossais à Hearts. Je me suis renseigné sur l’histoire du club, que je ne connaissais pas trop au départ. En écosse, c’est vrai que le Celtic et les Rangers font un peu plus parler d’eux. Mais j’ai bien vu qu’Hearts était un club mythique, avec des traditions. Le projet sportif m’a intéressé, après des expériences de six mois en Turquie et en Pologne, je recherchais un projet plus stable. Hearts venait juste de remonter en première division, c’était le moment idéal pour les rejoindre. Et tout s’est très bien passé.

FM : c’est ta quatrième saison à Hearts, que tu as rejoint libre en 2015. Tu es devenu un taulier des Jam Tarts. Tu sembles comme un poisson dans l’eau en Écosse.

AD : je pense que je suis maintenant le joueur le plus ancien du club. C’est un peu bizarre de dire ça. Je me plais ici. C’est ma quatrième saison. Cela fait un petit moment. Cela se passe bien. Édimbourg est une belle ville, les gens ici sont tranquilles, ne posent pas de problèmes. On est bien en famille, avec ma femme et mes deux enfants, de quatre ans et dix mois. Le deuxième et même né ici, en Écosse. Cette ville est un peu particulière pour nous. Je suis l’ancien. Rester ici, à Hearts, cela me plairait (le joueur est sous contrat jusqu’en 2019, ndlr). C’est un club où tout se passe bien, ma vie ici est confortable, je suis aimé des supporters, les gens autour du club sont vraiment très gentils, ils s’occupent bien de moi. Le fait de m’inscrire dans la durée ici me plaît.

FM : Hearts a procédé à une grosse revue d’effectif cet été...et pourtant les résultats sont là. Comment expliques-tu cette transition réussie ?

AD : il y a le défenseur français Clévid Dikamona, avec qui le courant passe bien, grâce à la langue. Cette année, ils ont signé 16 à 17 joueurs, les trois quarts de l’équipe sont nouveaux. Il faut recréer des affinités. Nous ne sommes que cinq de l’année dernière. L’équipe est totalement différente. Ce soir (lors du derby), le latéral droit Michael Smith et moi étions les seuls rescapés de la saison dernière. Heureusement, avec tous les nouveaux cela a pris directement. Les nouveaux qui sont arrivés sont des gens biens, des gens tranquilles. Il n’y a pas de personnes arrogantes. Normalement c’est difficile, cela prend du temps de trouver des automatismes. Mais là, tout s’est fait naturellement.

FM : votre coach semble avoir un gros impact sur les bons résultats de cette saison. Craig Levein est un monument en Ecosse et tout particulièrement à Gorgie. Quelles sont vos relations ?

AD : il est le Directeur du football et en même temps le manager de l’équipe première. C’est quelqu’un de très respecté. Il a évolué comme joueur à Hearts (1983-1997), il a également été le sélectionneur de l’équipe nationale d’Écosse (2009-2012). C’est quelqu’un de très reconnu en Écosse et au club. Il connaît les traditions, il sait ce que le club attend, ce que les supporters veulent. Nous sommes proches. Au début, en tant que Directeur du Football, on ne le voyait pas trop. Il venait simplement nous féliciter à la fin des matches. Maintenant qu’il est devenu manager (il l’était de 2000 à 2004 et l’est redevenu en 2017, ndlr), j’ai commencé à la connaître. Il est très pro mais peut aussi faire des blagues. C’est surprenant, comme il était un peu plus âgé je pensais qu’il mettrait des distances mais en fait il est très proche de nous. Il nous dit des choses simples, qui ne nous embrouillent pas trop la tête. Tout le monde croit en ce qu’il dit. Je pense que c’est grâce à lui qu’on est là, en tête du classement. Il connaît le championnat, il sait ce que le championnat demande. Chapeau à lui, tout le monde le respecte vraiment beaucoup.

FM : que penses-tu de la relation entre joueurs et supporters, ici à Édimbourg ? On a le sentiment que leur soutien est sans faille.

AD : c’est quelque chose que j’ai remarqué, les supporters te témoignent un certain respect. Ils n’oublient jamais. Notamment un respect des anciens, mais pas seulement. On voit le soutien qu’ils apportent aux jeunes lorsqu’ils débutent. Si tu fais tes preuves, tu donnes ton maximum, ils te le rendent au centuple. Lors de ma première saison ici, j’ai eu la chance de marquer lors du derby face à Hibernian (8e de finale de Coupe d’Ecosse). Après cela, ils t’adorent. Après, il ne faut pas se relâcher, donner son maximum. Mais l’amour des supporters reste. C’est vraiment un plaisir. C’est pour eux que l’on se bat. Une victoire dans le derby c’est aussi pour les remercier.

FM : tu as remporté la Coupe d’Afrique des Nations avec le Cameroun, en 2017 au Gabon. Quel souvenir gardes-tu de ce moment ?

AD : c’était vraiment particulier parce que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas soulevé le trophée. C’était quelque chose auquel peu de gens croyait. On est allé au Gabon avec des joueurs peut-être un peu moins connus. On n’était pas attendu, pas favori du tout. On a fait une grosse surprise. Même nous, au début, on n’y croyait pas trop. Match après match, on a commencé à y croire. C’était quelque chose d’incroyable. Lorsqu’on est rentré au Cameroun, les gens nous attendaient, dans la rue, c’était un moment que je n’oublierais jamais. C’est sans aucun doute le plus beau souvenir de ma carrière. Il va falloir essayer de le refaire en juin. Cela ne va pas être facile. On aura un peu de pression, on sait que le public camerounais est très exigeant.

FM : ta dernière sélection remontait à septembre 2017. Depuis, la paire Clarence Seedorf-Patrick Kluivert a pris les rênes de la sélection camerounaise le 4 août dernier. Tu viens d’être convoqué pour les matches contre le Maroc et le Brésil. Quelles sont tes premières impressions ?

AD : je suis très content et fier de cette convocation. J’avais hâte d’y retourner et de pouvoir encore honorer mon pays. Je l’ai appris quelque temps avant que la liste ne sorte, par un coup de fil. C’est toujours une joie et un honneur d’être appelé en sélection. Il y a eu cette blessure (une rupture du tendon d’Achille l’a éloigné des terrains de février à septembre 2018, ndlr), il m’a fallu le temps de me remettre. Il y a de bons joueurs au milieu, comme André-Frank Zambo Anguissa (Fulham), Georges Mandjeck (Maccabi Haifa), Pierre Kunde Malong (Mayence). Mais c’était bien entendu mon objectif de retrouver la sélection. En plus, il y a la CAN au Cameroun, c’est un truc que tu ne veux pas manquer. Dans les semaines ou les mois futurs, c’est un objectif. Les matches vont s’enchaîner à partir de janvier et c’est là qu’il faudra être dans la sélection. J’espère qu’ils vont me regarder, qu’ils vont s’intéresser à nos performances. Je ne sais pas s’ils me connaissent vraiment bien. Mais j’espère être dans les 23, c’est l’objectif que je me suis fixé.

FM : tu as quitté le Cameroun pour la Belgique très jeune. Peux-tu revenir sur ton parcours ?

AD : je suis né à Yaoundé et je suis arrivé à quatre ans à Bruxelles. J’ai fait toutes mes classes au Football Club Molenbeek Brussels. C’est à 17 ans que ma carrière a pris un premier tournant, lorsque j’ai rejoint Anderlecht. Mais je ne suis resté qu’un an chez les Mauves, barré par la concurrence et des joueurs plus expérimentés. C’était difficile de percer pour les jeunes à ce moment-là. J’ai donc franchi la frontière qui sépare la Belgique des Pays-Bas, direction la Roda JC. L’Eredivisie laissait sa chance aux jeunes. J’y ai passé quatre ans et demi, durant lesquelles j’ai beaucoup appris, techniquement et dans le positionnement. C’est un championnat qui joue beaucoup au foot.

Après cette expérience néerlandaise, je me suis lancé dans un périple. Avec d’abord, six mois en Turquie, à Akhisarspor, suivis de six mois en Pologne, au Lech Poznan, où j’ai décroché le titre de champion. Ce sont deux expériences pendant lesquelles je n’ai pas beaucoup joué. Mais je n’en garde aucun regret. On a une mauvaise image de certains pays alors qu’en réalité il y a de belles choses, de bons joueurs. C’était une bonne expérience. J’ai pu découvrir différentes cultures, différents football, et j’ai pu garder un peu de tout. Une ouverture sur le monde qui m’a permis de facilement m’intégrer à Hearts. Je suis père de deux enfants, c’est donc pour la tranquillité et la stabilité que je suis venu à Edimbourg, il y a maintenant trois ans et demi.

FM : tu as des modèles ? Quels joueurs t’inspirent pour progresser et avancer dans ta carrière ?

AD : oui, on en a tous. Des joueurs qui ont excellé à leur poste, comme Yaya Touré, ou aujourd’hui Paul Pogba. Des joueurs auxquels tu veux un peu ressembler. Des milieux relayeurs qui aiment bien toucher le ballon, qui sont techniquement bons.

FM : tu sors par la petite porte de derrière après le match, ta famille vient te chercher. On est loin de la sortie clinquante du joueur de foot dans sa grosse voiture. Loin de l’image du footballeur star. C’est l’Écosse ?

AD : c’est aussi ça qui me plaît ici. Tu vis comme quelqu’un de normal, on ne te dérange pas trop. Tu vis ta vie tranquille. Tu n’as pas trop de pression des supporters dehors. Tu peux aller en ville tranquillement. Il n’y a pas trop de star-system. Je pense que c’est la mentalité d’ici. Même au club, quand tu viens, si quelqu’un fait un peu sa star cela ne passe pas. C’est un peu la mentalité écossaise, d’être travailleur, de rester humble. C’est ce que j’aime. C’est ma mentalité. C’est pour ça que si je peux rester à Hearts encore longtemps cela me va très bien. Je suis vraiment heureux ici.