Foot Mercato : Devis, comment expliquez-vous qu’après une première saison pleine au Levadiakos (27 matchs) l’an dernier, vous ne jouez que 9 matchs lors de cette saison ?
Devis Epassy : j’ai joué les neuf premiers matchs de championnat, et puis plus rien. Le club a arrêté de me faire jouer pour une histoire de contrat. Les résultats de l’équipe n’étaient pas top, mais personnellement, mes prestations étaient bonnes. J’ai continué à m’entraîner normalement avec le groupe pro, mais je ne jouais plus. Il n’y a pas d’équipe réserve, alors les week-ends sans matchs étaient longs. La saison a été très longue pour moi.

Un clause libératoire cet été

F.M : pouvez-vous nous expliquer cette histoire de contrat ?
D.E : quand j’ai signé mon contrat avec Levadiakos (août 2017), il y avait une clause. Elle disait que lors de ma 2e saison (2018/19), le 10e match joué serait synonyme de prolongation automatique d’un an. Après 9 matchs joués donc, je suis parti voir mon Président et je lui ai demandé d’ajouter une garantie. Je voulais inclure une clause libératoire dans mon contrat. Il était d’accord, mais il voulait que ce soit un accord verbal, et non écrit. Ce qui était inenvisageable pour moi. Ensuite, les discussions ont été rompues. Un bras de fer s’est alors installé jusqu’au mois de février, la fin du mercato d’hiver. Et à ce moment-là, il a accepté la clause libératoire, qui est donc valable pour cet été.

F.M : où est-ce que vous voyez votre avenir ?
D.E : j’ai quelques opportunités intéressantes en Grèce, en France, et ailleurs. Je vais maintenant rentrer à Paris et en discuter avec mes représentants, pour trouver la meilleure solution possible.

F.M : préférez-vous partir en France ou rester à l’étranger ?
D.E : j’aime bien évoluer à l’étranger, mais je ne suis pas du tout fermé à la France. J’ai déjà été en Espagne, et ça fait maintenant deux ans que je suis en Grèce. Donc je peux continuer à voyager.

F.M : où situez-vous votre niveau pour la France  ?
D.E : quand je vois les gardiens qui évoluent en Ligue 1, je pense que j’ai ma place dans certains clubs.

« Si tu ne parviens pas à t’adapter à ça, tu coules. »

F.M : quels souvenirs gardez-vous de votre formation au Stade Rennais ?
D.E : je fais partie de la génération 93/94, avec Dimitri Foulquier et Tiémoué Bakayoko notamment. Au centre, c’était magnifique. On était tout le temps ensemble, on s’entendait bien, sur et en dehors du terrain, c’était parfait. Que des bons souvenirs. Rennes compte beaucoup sur les jeunes du centre, encore maintenant. Ce ne sont plus les mêmes personnes, mais la philosophie est toujours la même.

F.M : vous n’avez pas eu votre chance à Rennes ?
D.E : à l’époque, j’avais la possibilité de signer pro à Rennes. Mais c’était bouché. Il y avait déjà quatre gardiens sous contrat au club. Benoît Costil, Abdoulaye Diallo, Cheick N’Diaye et Johann Carrasso, qui était prêté.

F.M : après Rennes, vous allez à Lorient, puis en Espagne (CD Guijuelo), Avranches et Epinal. C’est un parcours atypique. Que retenez-vous de toutes ces expériences ?
D.E : quand tu quittes le monde professionnel pour aller au niveau National, ce sont surtout les structures qui changent, pas forcément le niveau de jeu. C’est plus une question de confort d’entraînement. Si tu ne parviens pas à t’adapter à ça, tu coules. C’est ça le plus dur.

« José Anigo m’a mis la pression directement : "soit t’es prêt, soit tu repars" »

F.M : comment avez-vous tenu le coup ?
D.E : j’ai toujours cru en moi et en mes qualités. J’ai toujours travaillé pour ça. Je n’ai jamais lâché, même quand je ne jouais pas.

F.M : finalement c’est l’an dernier, avec le Levadiakos que vous vous révélez, pourquoi ?
D.E : parce que, là-bas, le coach (José Anigo) m’a fait confiance dès mon arrivée.

F.M : comment vous êtes-vous retrouvé au Levadiakos ?
D.E : à l’été 2017, j’étais en pleine préparation avec mon préparateur physique personnel. Je reçois une alerte sur mon portable comme quoi José Anigo a retrouvé un club. En plus, c’était une alerte Foot Mercato (rires). J’appelle donc mon agent en lui parlant de cette nouvelle, et je lui demande de le contacter pour savoir s’il a besoin d’un gardien. Deux jours après, j’étais à l’essai avec lui. José Anigo m’a mis la pression directement : "soit t’es prêt, soit tu repars". J’ai fait mes preuves et il m’a fait signer.

F.M : votre exemple est celui de beaucoup d’autres français qui percent seulement à l’étranger, quel est votre point de vue à ce sujet ?
D.E : je trouve que, en France, quand tu ne perces pas tout de suite, ils disent que c’est trop tard. Et pour te redonner ta chance plus tard, c’est compliqué. C’est pour ça que beaucoup font carrière à l’étranger.