On dit souvent que le train ne passe pas deux fois. Assurément, Chu-young Park n’aurait sans doute pas dû monter dedans. Arrivé à Lille pour passer sa visite médicale et s’engager en faveur des Dogues, l’attaquant faisait finalement faux-bond à l’écurie nordiste, s’engouffrant dans le premier wagon venu pour s’en aller direction Londres et signer du côté d’Arsenal. Nous étions alors à l’été 2011, et le Sud-coréen semblait promis à un bel avenir. Brillant dans son pays natal sous les couleurs du FC Séoul, le natif de Daegu restait ensuite sur trois saisons accomplies à l’AS Monaco, montant en puissance saison après saison (5, 8, et 12 buts en championnat sur chacun des trois exercices, Ndlr).

Et s’il n’avait pu éviter la relégation du club de la Principauté en Ligue 2, Park avait marqué les esprits en même temps que les buts, s’imposant comme l’une des valeurs montantes de notre chère L1. Mais, alors âgé de 26 ans, l’attaquant faisait comme dit plus haut faux-bond au LOSC, pour s’expatrier en Premier League. Un transfert express qui avait surpris à l’époque, et qui surprend toujours aujourd’hui ! Car l’international sud-coréen (68 capes, 24 buts) n’aura jamais réellement pu ou su démontrer toute l’étendue de ses qualités à l’Emirates Stadium, moqué par une presse anglaise intraitable.

Park de retour au pays

Mais plus qu’un transfert synonyme d’échec, c’est toute la carrière du buteur prometteur sur le Vieux continent qui s’en est trouvée gâchée. Car si les Londoniens ont tenté de lui redonner confiance en le prêtant successivement au Celta Vigo (3 buts en 21 matches) et à Watford (2 rencontres disputées, aucun but inscrit), Park n’a jamais su retrouver de sa superbe, son passage à Arsenal se soldant par un bilan des plus catastrophiques : 7 matches toutes compétitions confondues, 1 but en League Cup, et seulement 1 petite entrée en jeu en championnat... Alors, face à ce constat peu reluisant, celui qui fut un temps annoncé proche du Havre a mis ses rêves de grandeur de côté, en quittant l’Europe.

Et après une pige du côté de l’Arabie Saoudite et du club d’Al-Shabab la saison dernière (1 réalisation en 7 rencontres), c’est là où tout a commencé que Park est retourné, signant au FC Séoul. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’air du pays semble lui faire le plus grand bien. À maintenant 30 ans, l’ancien pensionnaire de la Korea University rayonne au sein d’une K League Classic qui lui va comme un gant. Avec 7 buts en 23 matches, Park occupe la septième place du classement des buteurs, deuxième meilleur scoreur d’un club actuellement cinquième, derrière le bien nommé Carlos Adriano. Sous contrat jusqu’en 2017, Chu-young Park s’offre une seconde jeunesse sur ses terres. À ceux qui pensent que nul n’est prophète en son pays...