« Nous nous sommes vus obligés de nous défaire du sélectionneur national. On lui souhaite le meilleur pour l’avenir. La négociation a eu lieu sans que la Fédération en soit informée. Juste 5 minutes avant le communiqué officiel ». C’est le cœur lourd que Luis Rubiales, président de la Fédération espagnole de Football, a annoncé à la presse, depuis ll’auditorium du camp de base de la Roja à Krasnodar, que Julen Lopetegui, annoncé comme nouvel entraîneur du Real Madrid ce mardi, venait d’être remercié et ne dirigerait pas la sélection espagnole lors du Mondial en Russie.

L’homme fort de la RFEF n’a évidemment pas pu échapper aux questions des journalistes vu l’improbable scénario de cette affaire. Et il a joué cartes sur table. « La sélection est l’équipe de tous les Espagnols. Les choses ne peuvent pas se passer comme ça, pas en l’apprenant cinq minutes avant que cela soit officiel, ni trois jours avant le début d’un Mondial. La Fédération devait prendre cette décision, elle ne pouvait pas être laissée de côté de cette façon. (...) J’ai appris son départ au Real Madrid cinq minutes avant la publication du communiqué officiel après deux coups de fil », a-t-il lancé avant d’insister.

« J’ai demandé à ce que rien ne se fasse, à ce que rien ne soit publié. Mais j’ai vu que c’était déjà sorti dans la presse. Nous devions faire quelque chose. Je sais que, quoi que je fasse, quelle que soit ma décision, je vais être très critiqué. Mais on ne transige pas avec les valeurs de la Fédération. Je suis sûr que Julen aurait voulu que cela se passe différemment. (...) La RFEF ne peut pas être tenue à l’écart de négociations au sujet d’un de ses employés et apprendre une telle opération cinq minutes avant la publication d’un communiqué officiel. Face à cette situation, nous devions agir », a-t-il lâché avant d’ajouter.

La forme du départ de Lopetegui en question, aucun remplaçant annoncé

« En aucun cas, nous n’avons été informés de l’opération, si ce n’est cinq minutes avant l’annonce officielle. Nous avons été tenus à l’écart. (...) Nous ne pouvons pas aller à l’encontre de nos propres valeurs. C’est une situation difficile, très douloureuse, nous aurions voulu terminer d’une meilleure façon avec Julen, qui nous a amené ici. Mais la manière nous oblige à agir de la sorte. Nous, les responsables, nous ne pouvions pas agir différemment », a-t-il expliqué. Face à cette tempête, le patron de l’instance espagnole a tenu à se montrer droit, à tenir le cap.

« C’est une situation très compliquée. (...) La sélection appartient à tous les Espagnols et le Mondial est le rendez-vous n°1 pour tout joueur, supporter, Espagnol. Il y a un match très important dans deux jours. Je demande à tous les Espagnols qu’ils supportent l’équipe et les joueurs », a-t-il lancé, esquivant ensuite la réponse aux rumeurs indiquant que le vestiaire - représenté par les capitaines Sergio Ramos, Andrés Iniesta et David Silva - avait demandé à ce que Lopetegui soit maintenu pour le Mondial. « J’ai une relation de proximité avec les joueurs, je me sens proche d’eux, mais aussi de Julen. C’est une situation des plus complexes. J’ai parlé avec eux, ils m’ont écouté. Je peux vous garantir que les joueurs et le nouveau staff vont tout faire pour mener la sélection le plus loin possible ».

Évidemment, Rubiales a eu à aborder la question de l’après-Lopetegui. Mais il a botté en touche, se contentant de quelques bribes de réponse. « Nous allons toucher au staff le moins possible. Quand nous aurons quelque chose à annoncer, nous le ferons. Albert Celades ? Fernando Hierro ? Quique Setién ? Je ne rentrerai pas dans ce débat. Ce que nous allons faire, c’est perturber le moins possible ce rassemblement », a-t-il conclu, demandant encore aux journalistes et aux supporters d’être derrière l’Espagne pendant le tournoi. Le chef de presse a ensuite annoncé que Lopetegui s’exprimerait aussi face à la presse dans les heures à venir. Une annonce démentie par As depuis. On a connu préparation au Mondial plus tranquille...