Tout a commencé le 12 juin aux alentours de 16h45. Dans un communiqué très court, le Real Madrid annonce la nomination de Julen Lopetegui sur son banc de touche pour les trois prochaines années. Le début des ennuis pour… tout le monde. Luis Rubiales, nouveau président de la Fédération espagnol, tombe des nues ou presque. C’est seulement 5 minutes plus tôt que Lopetegui lui a communiqué la nouvelle, comme il l’a expliqué hier soir à la Cadena SER. « Je ne savais rien du tout. J’étais assis à côté de Julien et des autres membres du staff, jour après jour, jusqu’à mon départ pour Moscou (où il devait voter pour l’attribution de l’organisation du Mondial 2026, ndlr) », raconte-t-il. « J’ai parlé à Florentino Pérez pendant 20 secondes, puis Julen m’a appelé, pendant une minute, et les deux m’ont demandé de ne rien faire, de rester calme ».

Rester calme, impossible alors que la confiance vient d’être totalement rompue. « Si cela avait été discuté entre nous avant, il n’y aurait pas eu de problème », affirme-t-il. Dès lors qu’il apprend la nouvelle, il décide de rejoindre Krasnodar, où se situe le camp de base de la sélection espagnole. Tant pis pour le vote. Malheureusement, il atterrit en retard et a dû attendre le mercredi matin pour voir Lopetegui et les joueurs. Comme le rapporte la presse espagnole, Rubiales est déjà décidé à renvoyer Lopetegui à cet instant-là. Furieux contre son sélectionneur qu’il avait prolongé jusqu’en 2020 le 22 mai dernier, son premier acte fort en tant que président de la Fédération espagnole de football, Rubiales est aussi étonné de la réaction de Lopetegui, qui ne rend pas la décision facile. L’entraîneur ne voit pas le mal à poursuivre sa mission à la tête de la sélection de 23 joueurs qu’il a formée.

Sergio Ramos a milité pour le maintien de Lopetegui

Les réunions s’enchaînent et Rubiales décide de consulter les joueurs. Pour leur annoncer ce qu’il souhaite faire. Sergio Ramos prend alors la parole pour expliquer qu’il est insensé de se séparer de son sélectionneur à deux jours du match contre le Portugal. Le défenseur du Real Madrid réclame le maintien de Lopetegui, sur des arguments purement sportifs. Mais il n’est pas suivi par l’ensemble du vestiaire, qui se sent trahi par le sélectionneur. En effet, ce dernier avait demandé à ses joueurs de ne pas parler de leur avenir en club, de mettre de côté les discussions avec les différents clubs. Et voilà que lui a négocié en cachette avec le Real Madrid…

Rubiales ne suit pas non plus la recommandation de Sergio Ramos, qui ne lui en tiendra pas rigueur. Au contraire, le défenseur est le premier à livrer un message fort sur les réseaux sociaux. Rubiales doit aller choisir celui qui va succéder, du moins pour le Mondial, à Lopetegui. La presse espagnole annonce Albert Celades, mais c’est finalement Fernando Hierro, directeur sportif, qui est choisi. Notamment parce qu’il fait l’unanimité dans le vestiaire espagnol. Le clan du Barça l’apprécie, et son passé d’ancien Madrilène ne joue pas en sa défaveur. Sport explique même qu’avec la nomination de Hierro, le rapport de force est plus équilibré qu’avec Lopetegui. La journée s’achève dans un calme relatif et Rubiales s’offre la tournée des radios pour expliquer sa décision. Reste désormais à savoir si cette folle journée aura une répercussion perceptible sur le terrain vendredi soir face au Portugal (match Portugal-Espagne à suivre en direct commenté).