Foot Mercato : Dimanche soir, l’Olympique de Marseille s’est incliné 3 à 1 lors du Classico face au PSG. Avec le recul, comment analysez-vous cette défaite ?

Maxime Lopez : Avec le recul, on se rend compte que ça s’est joué sur des détails, encore une fois, face à une très grande équipe de Paris. En première mi-temps, sur les trente premières minutes, on a l’impression qu’on est bien, que tout se passe bien et qu’il y a moyen de faire quelque chose sans non plus être trop dangereux. Mais je trouve qu’on a fait de bonnes choses. Ce qui est frustrant, c’est qu’avant la mi-temps, sur un corner pour nous, on doit faire faute sur Di Maria. On aurait dû casser l’action, se replacer tranquillement et terminer la mi-temps sur le score de 0-0. Malheureusement, on ne l’a pas fait. On a pris un but. C’est le haut niveau, ça se joue sur des détails. On l’a vu là. Ensuite, on est revenu au score très rapidement en deuxième mi-temps. Valère (Germain) a marqué. Et puis on a repris un but rapidement. Ce match s’est joué sur des détails. On a fini à dix contre onze et c’était bien plus difficile (...) Vu qu’on n’a pas gagné, forcément, on aurait pu faire mieux. On n’a pas été dangereux sur tout le match. À onze contre onze, on a quand même montré un bon visage.

FM : Quel est votre sentiment après ce match ?

M.L  : Il y a un sentiment de frustration, surtout par rapport à la première mi-temps. J’ai trouvé qu’on était bien, qu’on faisait de bonnes choses avec le ballon. Et puis on a pris un but. L’année dernière, on l’a déjà vécu d’être à 0-0 et de prendre un but à la 45e en Coupe de France (défaite 3-0). Là, il s’est repassé la même chose, c’est donc frustrant.

FM : Cette défaite n’intervient pas à un bon moment, car elle a permis à l’OL de prendre 6 points d’avance sur vous. Comment voyez-vous la course au podium ?

M.L : Elle va être excitante, car on sait qu’on va devoir faire un parcours sans faute, qu’on va devoir gagner le plus de matches possible parce que devant, ils vont faire le maximum aussi. C’est vrai que ce week-end, Lille avait perdu (contre Monaco). Mais Lyon a gagné et nous a un peu distancés. Il va falloir qu’on prenne le maximum de points. On va recevoir Lyon à la 36e journée, donc on verra bien.

FM : Ce sera un Olympico très important à bien des égards. On le sait, ces dernières saisons, les matches contre l’OL ont souvent été tendus. Préférez-vous jouer un Classico ou un Olympico ?

M.L  : (Rires). C’est différent. Mais je préfère jouer un Classico...à Marseille.

FM : L’OM est actuellement quatrième de L1. Croyez-vous toujours à une qualification en Champions League ? Est-ce qu’une autre saison sans jouer la C1 serait un échec ?

M.L  : Bien sûr. Il faut prendre les matches les uns après les autres. Il faut gagner les matches et on verra bien. De toute façon, on revient de loin. Il ne faut pas oublier où on était en janvier. On était très loin, dans une situation très compliquée.(...) Est-ce que ce serait un échec ? Oui et non. C’est vrai qu’on a tous envie que Marseille retrouve la Ligue des Champions. C’est l’objectif du club et le nôtre. Est-ce que ce serait un échec ? Je ne suis pas trop en mesure de répondre à ça. Mais c’est vrai que ce serait embêtant.

FM : Mais j’imagine que vous rêvez de la jouer cette Ligue des Champions avec votre club de cœur.

M.L : Bien sûr, c’est un rêve de la jouer...surtout à Marseille.

FM : Et rajouter une nouvelle étoile au maillot aussi...

M.L : La gagner, c’est encore autre chose. Mais la jouer serait déjà très bien.

Lopez analyse la saison de l’OM

FM : Quel bilan tirez-vous de la saison de l’OM pour le moment ?

M.L : C’est une saison en demi-teinte. On a fait quatre bons mois. Puis en décembre et en janvier, il y a eu des défaites. Il y a eu une crise...une mini crise. Enfin, une crise ! C’était compliqué. On a rencontré les supporters. Il y a eu beaucoup de discussions. On est reparti de l’avant. On a commencé à enchaîner les victoires. Avant la défaite contre le PSG, on était à 16 points sur 18 possibles. C’était bien, on avait fait une série. On sait très bien qu’en Ligue 1, quand on fait une série, on gagne des places. On est quatrième, même si Saint-Étienne et Reims sont revenus à un point ce week-end. On va essayer de faire le maximum pour bien terminer la saison.

FM : Comment expliquez-vous la mauvaise passe de l’équipe cette saison ?

M.L : On m’a posé plusieurs fois cette question. C’est dur à expliquer. On n’a pas vraiment la réponse. Moi, je pense que c’est individuellement. Chacun d’entre nous s’est, peut-être, un peu relâché après la saison de malade qu’on avait fait l’an dernier. On s’est peut-être reposé sur nos acquis. Comme on est allé en finale de Ligue Europa, on pensait que tout allait rouler et qu’on allait se qualifier en Ligue Europa. Et là aussi on a pris un coup, car on a fini dernier de notre groupe avec un point alors que la saison dernière, on était finaliste. Cette année, on est sorti des poules avec un point. C’est un mélange de tout.

FM : Durant cette crise, les tensions avec vos supporters ont été nombreuses. J’imagine que ça a dû vous faire mal au cœur.

M.L : Oui, exactement. J’ai été de l’autre côté aussi. Je l’ai mieux géré, car je sais ce que ça fait d’être du côté des supporters. Je sais ce qu’ils ressentent. C’était compliqué. Tu joues contre Monaco et tes supporters te chambrent, quand Monaco a la balle ils disent "olé". C’était une période très dure. Moi, je ne l’avais jamais vécu à Marseille. Il y a trois ans, avec le coach Michel, il y avait eu une période un peu similaire. Mais je n’étais pas vraiment concerné. C’est tellement magnifique quand nos supporters sont derrière nous. Donc ça fait chier quand ils sont comme ça. C’est horrible même. Là, on les a retrouvés et c’est magnifique.

FM : Rudi Garcia a été au cœur des critiques. Il a même semblé menacé à un moment. Le groupe semble pourtant l’avoir toujours soutenu.

M.L : Oui, bien sûr. En janvier, c’est vrai qu’il était menacé il faut dire la vérité. C’était compliqué pour lui aussi. Moi, je trouve qu’il a montré énormément de caractère et de personnalité. Beaucoup auraient pu quitter le navire, démissionner et partir. Au contraire, lui n’a rien lâché. Il a toujours dit qu’il était derrière nous, il a toujours dit qu’il irait à la guerre avec nous. Et c’est ce qu’il a fait. Il a été récompensé, lui aussi, quand on s’est remis à gagner des matches.

FM : À présent, il semble avoir trouvé la bonne formule. Êtes-vous d’accord avec ça ?

M.L : (Rires). Je ne peux pas trop répondre.

FM : Mais cela est au détriment de plusieurs cadres comme Dimitri Payet, Adil Rami ou Luiz Gustavo. Comment vivent-ils cette situation ?

M.L : Ils la vivent forcément mal. Ce sont des compétiteurs. Donc bien évidemment ils veulent être sur le terrain. Le coach fait ses choix. Tous les joueurs sont pros, s’entraînent à fond et on sait que c’est le coach qui décide. On doit accepter ses choix. Injustes ou non, il faut les accepter. C’est tout ce que je peux dire sur ça. Ce sont des compétiteurs et des joueurs importants pour notre équipe. Il ne faut pas oublier qui ils sont. L’équipe tourne bien, donc le coach a préféré rester sur cette dynamique. C’est lui qui décide. La concurrence est très positive.

Maxime Lopez évoque sa relation avec Balotelli, Thauvin et Kamara

FM : Cet hiver, Mario Balotelli vous a rejoint. Que pensez-vous de lui et de son intégration ? Que vous apporte-t-il ?

M.L : J’étais content de son arrivée. Ça reste Mario Balotelli. Ça fait des années qu’on entend parler de lui, au niveau du foot mais aussi en dehors du foot (sourire). Il était exactement comment je l’imaginais. Il est bon délire. C’est un bon vivant. Il chambre tout le monde. Le premier jour où il est arrivé, on l’a senti tout de suite à l’aise. C’est un très bon gars. Sur le terrain, c’est un très bon point de fixation. Il pèse énormément sur les défenses. Hier (dimanche), contre Paris, on a vu Marquinhos avoir du mal à le bouger parce que physiquement, il est très costaud.Il joue bien avec son corps. Il a une frappe de balle impressionnante. Même arrêté, il est capable d’envoyer des frappes impressionnantes. C’est un buteur. Il a marqué 4 buts lors de ses 4 premiers matches à domicile. Il est déjà à cinq buts au total. Mario s’est bien fondu dans la masse. Il est bien intégré dans le groupe (...) Il est chambreur et rigolo. Quand on fait des petits jeux, il est toujours en train de tricher. On rigole avec lui comme il triche souvent. C’est un bon vivant.

FM : Officiellement, Super Mario n’a signé que pour six mois à l’OM. Vu ce que vous venez de dire, vous voulez le voir continuer l’aventure avec vous.

M.L : Bien évidemment j’aimerais qu’il reste.

FM : Vous vous entendez aussi très bien avec Florian Thauvin. Comment définiriez-vous la relation que vous avez avec lui ?

M.L : Flo, ça doit faire 5 ans ou 6 ans que c’est comme mon grand-frère. Depuis le début, il m’a toujours pris sous son aile. On a toujours été très proche et ça n’a pas changé. C’est comme mon grand-frère. Aujourd’hui, on joue ensemble et on est très content.

FM : Il a dit qu’il serait difficile de rester pour lui à l’OM sans Champions League. Craignez-vous un départ en fin de saison ?

M.L : Bien évidemment que je crains qu’il parte. Mais s’il venait à partir, je ne souhaite que son bonheur et si son bonheur est de partir et qu’il en a besoin, je serais toujours derrière lui. Quand il a rejoint Newcastle, j’ai toujours été derrière lui. Je lui ai toujours écrit et parlé. J’étais toujours derrière lui. Qu’il parte ou qu’il reste, ça ne changera rien à notre relation...même si j’aimerais qu’il reste.

FM : Vous aussi, vous avez pris Boubacar Kamara sous votre aile. Que pensez-vous de lui ?

M.L : Oui, je l’ai pris un peu sous mon aile. Pour moi, Bouba c’est un monstre. Je ne pèse même pas mes mots. Pour moi, c’est un monstre. Le talent qu’il a est impressionnant. Cette aisance qu’il peut avoir techniquement, sa tranquillité. Il a tout ce que j’aime chez un défenseur. Il est toujours tranquille, jamais perturbé. Il est toujours dans son match. Il prend toujours des risques. C’est ce que j’adore chez un défenseur et c’est ce qu’il a. Maintenant, je pense qu’il faut qu’il prenne en masse physique. Mais je pense que ça va venir tranquillement. Il bosse à fond aux entraînements. Bouba va devenir un très grand défenseur.

La deuxième partie de cet entretien sera à retrouver prochainement sur Foot Mercato