L’OL s’enfonce tout seul dans la crise. Après son élimination en demi-finale de Coupe de France face à Rennes en début de semaine, l’actuel 3e de Ligue 1 reprenait ses affaires courantes. La réception de Dijon aurait du être une formalité. Et malgré l’ouverture du score de Martin Terrier après 30 secondes de jeu, les Gones ont fini par s’incliner à domicile face à la lanterne rouge 3-1. Les joueurs ont certes fait face à une défense en état de grâce mais le niveau de jeu affiché a encore été insuffisant. Dans cette semaine compliquée, Jean-Michel Aulas a tout de même eu le courage de se présenter au micro de Canal Plus où il a voulu insuffler un élan positif, tout en s’en prenant aux supporters, coupables selon lui d’avoir sifflé sa propre équipe.

« Ça fait très mal. Je pense que le public oublie rapidement les matches de début de saison puis les saisons qui ont été brillantes. Je rappelle qu’on est 3e du championnat. C’est à la fin du championnat qu’on paye ou distribue les récompenses. Dans le concept que j’ai du sport et du spectacle qu’une équipe doit donner à ses supporters, ce n’est pas acceptable de siffler ses joueurs. Cela n’aide pas même si la performance du soir n’est pas bonne. On a bien senti qu’il y avait un certain nombre d’aspects psychologiques qui n’avaient pas été totalement réglés. On avait la peur de perdre. Et puis statistiquement, on a rarement vu autant de mauvaises situations contre nous. Des buts contrés, un gardien exceptionnel en face... » a déploré le patron lyonnais au micro de Canal Plus.

Aulas ne comprend pas les supporters

Alors qu’il a finalement décidé de ne pas prolonger Bruno Genesio en début de semaine comme c’était convenu, Aulas doit maintenant tenir bien fort la barre d’un navire qui va traverser des mers agitées jusqu’à la fin de saison. « Aujourd’hui l’OL est 3e du championnat et restera 3e à la fin de cette journée. Les chances d’aller en Ligue des Champions seront au moins aussi importantes ce soir qu’elles l’étaient avant de jouer. C’est malheureux, c’est une mauvaise opération pour le club mais quand on a un peu de raison, on doit justement raison garder et faire en sorte de ne pas baisser les bras. Quand on est responsable d’une entité, si on baisse les bras en premier, les gens derrière courbent eux aussi l’échine. » Pas près de rendre les armes, Aulas en appelle aux supporters. Il les supplie de pousser l’équipe jusqu’à la fin de la saison sous peine de voir l’OL s’écrouler alors que la bataille pour la seconde place, voire la troisième place, est loin d’être terminée.

« Bien sûr que j’en veux à mes supporters. Je suis en train de vous expliquer que le contexte de ce match n’est pas définitif. On est dans un contexte où il reste sept matches. Et quand on se tire une balle dans le pied, on tire une balle dans le pied, non pas des joueurs, mais de l’institution. C’est pour ça que je dis que le contexte général qui tend à essayer de mettre en porte à faux les joueurs, Bruno Genesio ou accessoirement le président, est une aberration quand il s’agit de supporter son équipe. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il ne devait pas y avoir de réaction durant le match. Les réactions ont tendance à contribuer, à fragiliser l’équilibre des joueurs. C’est pour ça que j’en veux à mes supporters (...) Il ne s’agit pas de minimiser l’impact de cette défaite. Il s’agit aussi de se rendre compte que pour les joueurs, c’est un contexte difficile quand on met le feu dans les médias par rapport à l’ensemble des supporters. Evidemment, c’est une victoire pour ceux qui avaient prédit qu’il y aurait révolte. J’avais discuté avec les supporters et il ne devait pas y avoir ce genre de manifestations jusqu’à la fin du match car c’est un peu paradoxal qu’on joue contre sa propre équipe, qu’on soit journaliste ou supporter. » En attendant le match du LOSC à Reims ce dimanche, l’OL a quatre points de retard mais doit aussi regarder dans son rétroviseur. Avant de se déplacer à Amiens, Saint-Etienne est à sept points de son voisin. Dans ce contexte, un malentendu est toujours possible.

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