« Nous sommes au XXIe siècle, c’est inadmissible. J’ai marqué le coup en demandant d’arrêter le jeu parce que je pense que de nos jours, nous sommes tous égaux. Certes, il y a des couleurs mais je pense qu’il faut voir au-delà de tout ça. Nous sommes tous des êtres humains. Le mot d’ordre, c’est l’amour, il faut aimer son prochain, chose qui n’a pas été faite. Mais bon, je ne lui en veux pas, il reste humain. En rentrant, je suis allé voir les supporters pour les applaudir, j’espère qu’il verra ce geste-là pour que demain, il retransmette à ses enfants que tout ça, ça ne sert à rien. (...) Je veux juste faire véhiculer un message qui est l’amour ». Tels étaient les propos de Prince Gouano, capitaine d’Amiens, après avoir été victime d’insultes racistes sur la pelouse de Dijon.

La rencontre avait été arrêtée aux alentours de la 78e minute après que le joueur amiénois a été la cible de cris de singe. Une triste première en France, qui vient s’inscrire dans un climat un peu tendu en Europe en ce moment après des épisodes similaires qui ont eu lieu en Italie et en Angleterre. Très vite, les clubs et institutions ont tenu à réagir, à l’image de Dijon, qui a publié un communiqué condamnant les actes de son supporter.

La LFP passe à l’action

« Ce vendredi soir au stade Gaston-Gérard, le football a été victime de l’imbécilité humaine. Des insultes racistes d’un « supporter » envers Prince Gouano ont entraîné l’interruption temporaire de la rencontre opposant le DFCO à Amiens. Immédiatement, tout a été mis en œuvre pour identifier et interpeller l’auteur, qui n’a pas sa place dans un stade de football. Ce comportement est tout simplement inacceptable. Ces actes intolérables n’ont leur place ni sur le terrain, ni en dehors. L’ensemble du DFCO apporte son soutien le plus total au capitaine amiènois Prince Gouano. Cet acte isolé porte atteinte aux valeurs de respect et de solidarité toujours prônées par le DFCO. Le club a décidé de porter plainte et souhaite qu’une décision ferme soit prise par la justice à l’encontre de cet individu », peut-on y lire.

« C’est très grave et ça ne doit pas exister.Je suis peiné pour Gouano. Il était pénalisé, il n’était plus dans son match. Et le pire c’est qu’on aurait pu gagner ce match-là après cet incident. Les mesures, elles doivent être prises par les instances du foot », a lancé l’entraîneur dijonnais Antoine Kombouaré après la rencontre. « La LFP condamne les insultes racistes qui ont entraîné l’interruption temporaire de la rencontre Dijon FCO - Amiens SC. La LFP apporte son soutien au joueur Prince Gouano. Dès mercredi, la Commission de Discipline se saisira du dossier. Dès ce soir, le club de Dijon a identifié l’auteur des insultes racistes qui a ensuite été interpellé. Dans le cadre de sa convention avec la LICRA, la LFP va étudier les suites judiciaires à donner à ce dossier », a de son côté annoncé la Ligue de Football Professionnel.