C’est à l’espace Leonard de Vinci de Lisses (Essonne) que Philippe Rossi nous accueille en ce mardi 9 juillet. L’homme qui s’occupe d’animer les réseaux sociaux de l’UNFP nous emmène sur les terrains de cet hôtel-spa où de nombreuses équipes et sélections nationales aiment se préparer. Pas d’entraînement au programme, mais un atelier avec les gardiens dirigé par Jean-Claude Nadon, l’ancien portier du LOSC. Bobby Allain (ex-Dijon), Cédric Mensah (ex-OM et Laval) et David Oberhauser (ex-Metz et GFC Ajaccio) s’entraînent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Nadon ne ménage pas les efforts des trois hommes. Car si le cadre est sympathique et que certains enchaînent les parties de ping-pong, les joueurs ne sont pas en vacances ici, comme nous l’explique Pascal Bollini, le responsable de ce stage entièrement pris en charge par l’UNFP qui fonctionne comme un vrai club. « On a un staff de 10-13 personnes. Entraîneurs, adjoints, coaches des gardiens. Un staff médical avec ostéopathe, masseur, kiné, mais aussi un préparateur mental. On a la partie média qu’incarne Philippe Rossi avec un adjoint. Moi, je m’occupe de toute la partie logistique. Cela représente beaucoup de monde mais c’est ce qu’il faut aujourd’hui pour être cohérent. Et pour que les joueurs se rendent compte qu’on n’est pas en vacances, on est là pour travailler sérieusement et cela donne toute la crédibilité à ce club UNFP FC. »

Soucieux de ses stagiaires et de leur bien être, un préparateur mental, Thomas Aupic, ancien joueur professionnel au Paris FC, a même été intégré au staff technique la saison dernière, pour appuyer et encadrer les joueurs en difficulté psychologique. « Il ne faut pas le voir comme quelque chose de négatif. L’année dernière, on a vu certains joueurs perdre pied où être totalement perdus. Des joueurs qui se sont mis trop de pression, ou qui passaient leur temps avec leur famille et agent en se demandant ce qu’ils faisaient là. On a eu le cas d’un joueur qui s’était mis tellement de pression qu’il avait totalement raté ses matches. Il nous fallait quelqu’un capable d’être à l’écoute de ses joueurs sans pour autant les juger », nous explique Philippe Rossi, responsable média de l’UNFP et témoin privilégié des stages depuis une dizaine d’années. Pour Thomas Aupic, rien n’est obligatoire et cette démarche doit se faire très naturellement. « Au début ils sont sceptiques, un peu méfiants. Après il faut casser l’idée d’utiliser ça quand tu as un problème. Au début, ils te voient comme un psy. Sur les exercices de groupe qui sont imposés, je propose. Par contre, en individuel je leur dis que je suis à leur disposition. Il y a des joueurs qui n’en veulent pas. Mais tu respectes ça. C’est important de ne pas imposer parce que si tu imposes, ça veut dire contrainte et il ne se passera rien car il y aura une résistance. »

Pascal Bollini : « on est vraiment comme dans un club avec des infrastructures de qualités, un staff technique et médicale de qualité »

Et comme à chaque saison, l’UNFP n’a pas lésiné sur les moyens pour attirer et convaincre des joueurs pros en fin de contrat qui souhaitent conserver la forme et sont à la recherche d’un club. Cet été encore, la traditionnelle session de six semaines, qui commence par un stage de cohésion de trois jours, intègre de 24 à 26 joueurs et fonctionne comme un vrai club, comme l’explique Pascal Bollini. « On va faire notre 30e année de stage UNFP et on parle de club UNFP depuis 4-5 ans. On veut vraiment s’approprier le nom club car on est vraiment comme dans un club avec des infrastructures, un staff technique et médical de qualité. On a bien progressé dans ce domaine. On se met à la page et on est obligé par rapport aux joueurs. On est sur la bonne voie et on essaie de se perfectionner avec notamment un préparateur mental. On prend 24 joueurs et 4 gardiens. On peut monter à 26 mais pas plus, pour la simple et bonne raison qu’on essaie de faire jouer chaque joueur au moins une mi-temps dans chaque match amical. Donc si on calcule bien, ça fait 20 joueurs qui disputent au moins une mi-temps avec 4 gardiens et on alterne. »

Toute cette organisation est forcément très appréciée par les joueurs, comme nous le confirme l’ancien milieu offensif du SCO d’Angers, Billy Ketkeophomphone, ravi de pouvoir garder la forme avec l’UNFP FC. « J’avais déjà entendu parler de ce stage. J’ai eu de bons échos et je n’ai pas hésité à participer au stage. C’est pas du tout négatif, on est là pour se préparer physiquement avant tout, pour trouver un club et surtout être prêt physiquement. Tout est vraiment bien organisé, bien structuré. On est dans un beau cadre avec un bel hôtel et du bon matériel. On a la chance d’avoir un bon groupe avec une bonne ambiance. Le staff aussi est top, donc c’est vraiment bien. » D’autres joueurs, qui avaient hésité à venir à Lisses l’an passé, ont décidé de franchir le pas cette année comme Mohamed Larbi, ancien attaquant du GFC Ajaccio, auteur de 8 buts lors du passage éclair du Gazelec en Ligue 1 (2015/16). « L’année dernière j’aurais pu faire ce stage mais j’avais des craintes, des doutes par rapport à ça. Aujourd’hui, je trouve que c’est la meilleure des choses parce que ça nous permet de retrouver un groupe, des entraînements collectifs et des matches, et il n’y a rien qui puisse remplacer les matches. Jouer des matches, il n’y a pas mieux pour montrer qu’on est en forme physiquement et enchaîner les matches tous les trois jours quand tu n’as pas de club il n’y a que l’UNFP qui peut te proposer ça et c’est la meilleure des choses à cette période de l’année. »

Teddy Mézague : « Il y a beaucoup de choses positives à faire ce stage »

Teddy Mézague, qui a beaucoup voyagé ces dernières saisons, tient un discours similaire. Pour l’ancien milieu de terrain de Montpellier qui a connu les galères de l’entraînement en solo, rien ne peut remplacer l’ambiance d’un vestiaire et le rythme des matches. « Je me suis retrouvé un peu dans la même situation l’été dernier, j’ai signé très tardivement en Roumanie en septembre. J’ai fait une préparation individuelle durant tout l’été et très sincèrement c’était très dur mentalement. De s’entraîner tout seul avec un préparateur, de se motiver, de ne pas pouvoir évoluer avec d’autres joueurs, de ne pas pouvoir faire de matches... Toutes ces choses-là m’ont manqué énormément et cette année j’ai eu l’occasion de le faire alors j’ai saisi l’occasion. Il y a beaucoup de choses positives à faire dans ce stage. Côtoyer d’autres joueurs, échanger sur leurs expériences et leur vécu. Pouvoir échanger dans un vestiaire, j’aime bien plaisanter et c’est difficile de le faire tout seul. Ensuite, les matches amicaux sont l’occasion de se montrer face à nos adversaires. Je ne vois aucun désavantage à faire ce stage UNFP. »

D’autres joueurs, qui évoluaient en Ligue 1 il y a quelques semaines, ont décidé sans aucune hésitation de rejoindre Lisses en ce début du mois de juillet. C’est le cas de Bobby Allain, l’ancien portier de Dijon qui gardait les cages du DFCO face à Lens en barrage retour il y a de cela six semaines. « Les négociations avec les clubs mettent plus de temps que prévu. Au lieu d’attendre chez moi, je me suis dit autant que je retouche les gants comme ça quand on va faire appelle à moi, je ne serai pas à la traîne et je pourrai répondre présent », nous explique-t-il très sereinement en mesurant la chance de pouvoir bénéficier du soutien et de l’encadrement de l’UNFP. « C’est très compliqué tout seul. On a de la chance d’être là, la chance qu’il y ait l’UNFP. Je vois d’autres gardiens qui essaient de s’entraîner tout seul, c’est assez compliqué surtout à ce poste spécifique. Ici, on a la chance d’avoir un coach des gardiens, tout est encadré comme un vrai club en stage. Retoucher le ballon, parler avec d’autres gardiens, avoir un bon coffre pour que quand on fera appel à moi, je puisse répondre présent. »

Et si le stage sert aux joueurs sans club, il est également utile aux entraîneurs dans la même situation. Il y a deux saisons, Ghislain Printant était ici à Lisses, tout comme Grégory Vignal. Le premier est devenu l’entraîneur de l’AS Saint-Etienne tandis que le second vient d’être nommé entraîneur de l’équipe féminine des Glasgow Rangers. De quoi donner des idées à Eric Garcin, entraîneur en charge de la première partie du stage de l’UNFP, qui veut rebondir en France après une expérience de deux ans en Chine. « Il y a des joueurs à ce stage, mais personnellement je suis aussi venu pour essayer de profiter des opportunités si elles se présentent. Rebondir, c’est très important. Ghislain Printant était là à ma place il y a deux ans et il a eu cette opportunité-là, c’est fantastique, et il a prouvé donc c’est super pour lui. »

Rebondir, tel est le souhait de tous ces joueurs et entraîneurs en quête d’un nouveau challenge et qui ont pu déjà voir les premiers stagiaires retrouver un club. C’est le cas de l’ancien attaquant de l’OM Antoine Rabillard, parti en D2 néerlandaise (Go Ahead Eagles), de l’ancien défenseur de Troyes Jeremy Cordoval, qui a signé à Châteauroux pour trois saisons et de Dorian Leveque (ex-Guingamp), qui a rejoint les rangs du Mans (L2). D’autres pourraient d’ailleurs rapidement leur emboîter le pas. C’est le cas de Maxime de Taddeo (ex-Sedan et Panionios), qui est à l’essai à Créteil (National 1) et de Moussa Bana (ex-Reims), qui part faire un essai en Allemagne ce week-end.

Calendrier et résultat de l’UNFP FC :

3 juillet : Chambly (L2) 0 - 1 UNFP FC

6 juillet : Orléans (L2) 0 - 2 UNFP FC

10 juillet : AS Nancy Lorraine (L2) 1 - 0 UNFP FC

13 juillet : Troyes (L2) 3 - 1 UNFP FC

16 juillet : Chateauroux (L2) 1 - 3 UNFP FC

19 juillet : Le Havre (L2) 2 - 1 UNFP FC

27 juillet : Créteil (NAT) - UNFP FC

31 juillet : Montpellier (L1) - UNFP FC

4 aout : RC Strasbourg (L1) - UNFP FC

10% sur tout Foot.fr avec le code FM10