Foot Mercato : Vous avez quitté le Stade Rennais cet été. Que retenez-vous de votre passage là-bas ?

Joris Gnagnon : Je ne retiens que de bonnes choses. J’ai rencontré beaucoup de personnes que je souhaite remercier. J’ai aussi travaillé avec beaucoup de coaches qui sont passés par là. Le coach Sabri Lamouchi et une nouvelle direction sont arrivés à Rennes. Je n’ai que de bons souvenirs, comme la qualification en Europa League grâce à la cinquième place en fin de saison dernière qu’on attendait tant. J’ai quitté Rennes sur une bonne note et j’en suis vraiment fier.

FM : Le club breton a plutôt bien recruté cet été. Que pensez-vous de leur mercato ?

J.G : Rennes est un club qui a les moyens. Quand ils se lâchent justement, ils sont capables de faire ce genre de choses. En plus, cette saison ils vont jouer l’Europa League. Donc ils avaient besoin de joueurs comme Hatem Ben Arfa. Je suis très content pour eux.

FM : Le 25 juillet dernier, vous avez signé en faveur de Séville. Comment avez-vous vécu ce mercato ?

J.G : Ce n’était pas facile. Il y a eu beaucoup de sollicitations, mais il fallait faire le bon choix. Rennes n’était pas forcément pour mon départ. Mais le club restait malgré tout ouvert à la discussion. Ce qui m’a permis d’être transféré. Le président (Olivier Létang) m’a aidé. On en a parlé avec mes agents. Je pense que c’était la meilleure solution pour moi de partir pour progresser et franchir un cap.

FM : Pourquoi avoir justement opté pour le projet andalou ?

J.G : C’est le projet qui m’a le plus plu. Séville est un club connu au niveau européen, qui a gagné plusieurs Europa League, etc...La Liga est un championnat que j’apprécie pas mal. L’occasion s’est présentée et j’ai accepté.

FM : Vous sentiez qu’il était temps de voir autre chose ?

J.G : Je pense. Il était temps pour moi d’aller "au front", de rencontrer des gens que je ne connais pas forcément, de découvrir une nouvelle tactique, un nouveau coach qui ne me titularise pas immédiatement. J’avais besoin de découvrir autre chose et de sortir de ma zone de confort en rejoignant Séville. Je suis en plein dedans !

Gnagnon voulait sortir de sa zone de confort

FM : Vous en avez parlé un peu avant. D’autres clubs vous ont approché cet été.

J.G : Il y a eu plusieurs clubs en France et d’autres en Angleterre. Je ne vais pas citer les noms, mais il y en a eu pas mal. J’aurais pu rester en Ligue 1 ou rejoindre l’Angleterre, j’ai fait le choix de Séville.

FM : Vous avez été acheté 15 millions d’euros, ce qui n’est pas forcément excessif vu votre poste et votre potentiel. Etes-vous surpris qu’aucun club tricolore n’ait pas fait plus pour vous recruter ?

J.G : Non, je ne suis pas franchement surpris. Les clubs français qui peuvent mettre 15 millions d’euros sur un joueur ne sont pas beaucoup. Il y a Monaco, Nice, Paris, etc... Je pense que si un club ne l’a pas fait c’est qu’il avait déjà ce qu’il fallait à ce poste. Je ne suis pas surpris.

FM : Vous êtes à Séville depuis un peu plus d’un mois. Comment se passent vos premières semaines là-bas ? Prenez-vous déjà des cours d’espagnol ?

J.G : Au début, c’était dur, notamment au niveau de la langue. J’ai eu la chance qu’il y ait pas mal de Français dans l’équipe. J’ai échangé un peu avec Steven Nzonzi qui était là. Il a rejoint la Roma ensuite. Wissam Ben Yedder est là. Maxime Gonalons vient d’arriver. Il y a plusieurs joueurs français, donc tant mieux. Mais j’essaye aussi de m’intégrer aussi auprès des autres joueurs, de découvrir leur culture, de me mélanger dans le groupe pour bien m’entendre avec tout le monde. J’ai commencé à prendre des cours d’espagnol pour faciliter mon intégration.

FM : Plusieurs joueurs passés par la Ligue 1 évoluent dans votre club (Wissam Ben Yedder, Ibrahim Amadou ou Maxime Gonalons, ndlr). J’imagine que ça facilite votre adaptation aussi.

J.G : Oui, beaucoup. Je suis quelqu’un de très famille. Je marche beaucoup au feeling. J’ai besoin d’avoir des personnes avec qui je peux parler, échanger. Je ne suis pas du genre à être seul dans mon coin. Ils sont là avec moi et j’en suis très content.

FM : Parmi les Français présents, il y a Wissam Ben Yedder, qui ne vit pas un début de saison simple puisque le coach ne semble pas compter sur lui. Comment le sentez-vous ?

J.G : C’est vrai qu’il ne vit pas une situation facile car il ne joue pas plus que ça malgré son talent. Il ne le vit pas forcément bien. Mais comme je suis avec lui au quotidien, je peux vous dire que c’est un battant. Il a faim. Il n’a pas envie de lâcher. Il a envie de prouver et de se faire sa place. C’est un bosseur. II ne lâchera rien.

L’équipe de France A dans un coin de la tête

FM : Que pensez-vous de votre nouveau coach, Pablo Machin ? Est-ce que la défense à trois qu’il met en place change beaucoup de choses dans votre jeu ?

J.G : Il a des méthodes qui sont complètement différentes de celles que j’ai pu connaître en France. C’est un coach qui mise beaucoup sur les un contre un. Les entraînements sont plus durs en Espagne. Il fait aussi plus chaud (...) Je me débrouille pas mal dans une défense à trois. C’est nouveau pour moi d’évoluer avec deux autres défenseurs à mes côtés. Mais je suis un peu plus libre au final, que j’ai le ballon ou que je ne l’ai pas. Je peux monter un peu plus haut. C’est mieux pour moi qui aime avoir le ballon. C’est un système totalement différent. On a l’impression qu’on défend plus alors que ce n’est pas le cas.

FM : Vous avez joué quatre matches d’Europa League pour le moment. Quel bilan tirez-vous de vos premiers matches ? J’imagine que vous avez aussi hâte de débuter en Liga.

J.G : J’attends impatiemment mon premier match de Liga. Je suis venu ici pour jouer ce genre de matches. C’est tout ce que j’attends. Mais les premiers matches d’Europa League se sont bien passés. C’étaient d’ailleurs mes premiers matches européens. Mais j’avoue être impatient de jouer en Liga.

FM : Vous avez rejoint un club où un autre Français, Clément Lenglet, avait brillé avant vous. Depuis, il est parti au FC Barcelone. Est-ce que sa trajectoire vous donne aussi des idées ?

J.G : Oui, ça donne beaucoup d’idées. Quand un joueur français fait ce genre de choses, ça donne des idées à tous les autres. Clément (Lenglet) est un joueur que j’apprécie beaucoup. C’est un bon gaucher. Sa trajectoire donne des idées forcément. Tu te dis que si lui l’a fait, tu peux aussi le faire. Chacun a son parcours, chacun travaille différemment. J’aurais peut-être un parcours totalement différent du sien. Mais j’espère suivre la même voie.

FM : Vous êtes en ce moment avec l’équipe de France Espoirs. Le bâtiment n’est pas très loin de celui des A. Est-ce que ça aussi c’est dans un coin de votre tête ?

J.G : Toujours. Quand vous voyez ce que l’équipe de France A a fait à la Coupe du Monde, ça donne envie. Ils ont fait rêver toute la France. Donc, j’ai aussi envie de le faire, d’être champion du monde. C’est le rêve de tous les footballeurs. C’est sûr que c’est dans un coin de ma tête. Un jour, j’espère que ça m’arrivera et j’en serais très heureux. Si ça ne m’arrive pas, je continuerais à travailler. Mais j’en suis encore loin. J’ai d’autres objectifs dans la tête pour le moment.

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