La réforme de la Ligue des Champions voulue par l’Association des clubs européens (ECA) ne fait pas l’unanimité en Europe, c’est le moins que l’on puisse dire. La contestation va prendre la forme, ce mardi, d’une grande réunion à Madrid, sous l’impulsion de l’association des Ligues européennes, à l’initiative du principal pourfendeur de la réforme, Javier Tebas. Le patron de la Ligue espagnole a clairement pris la tête de la contestation et espère bien rameuter le plus de monde pour contrer les plans de l’ECA, défendant aussi bien l’importance des différents championnats européens qu’un accès moins restreint à la Ligue des Champions.

Comme l’explique L’Équipe, 19 clubs français de Ligue 1 et quelques clubs de Ligue 2 seront représentés à Madrid. Il en manque un, et il s’agit du Paris Saint-Germain. Le club de la capitale est favorable à la réforme défendue par Andrea Agnelli, président de l’ECA et de la Juventus Turin, car elle va accroître, entre autres, les droits TV de la compétition. L’OL, de son côté, est tiraillé. Son président, Jean-Michel Aulas ne veut pas crier au scandale, lui qui a longtemps soutenu l’ECA, tout comme il ne veut pas abandonner le football français. Interrogé par Le Parisien, le président de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët a commenté la position de ces deux clubs français. « Le PSG a le droit de défendre une autre vision. Quant à Jean-Michel Aulas, c’est un ami et je sais qu’il est sensible à l’intérêt général du football français et qu’il est prêt à se ranger derrière la Fédération ».

Ceferin va devoir prendre clairement position

Pendant que les clubs se rendent à Madrid, Le Graët va lui rallier Nyon pour rencontrer aujourd’hui le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, pour évoquer le fameux projet défendu par l’ECA, et surtout sonder les intentions de l’instance européenne, qui, in fine, validera ou non la réforme. « Pour l’instant, ce projet de réforme ne fait l’objet d’aucune information officielle de la part de l’UEFA. Je souhaite donc connaître la position du président et les contours exacts de ce projet. Et puis il y a une question de fond : pourquoi les choses devraient-elles évoluer dans la direction souhaitée par certains grands clubs, au nom de quels intérêts ? », lance Le Graët.

Après avoir inondé les médias des belles intentions, relatives, de la réforme souhaitée, l’ECA voit donc clairement ses opposants organiser la riposte, entre réunions et demandes d’éclaircissements auprès de l’UEFA. Hier, c’est le président de Naples, Aurelio de Laurentiis, qui était monté au créneau pour critiquer la position de l’ECA et formuler une nouvelle proposition de refonte des Coupes d’Europe. Reste à savoir si l’UEFA entendra la fronde et prendra le risque de contrarier les desseins des grosses cylindrées européennes, qui savent agiter, quand il le faut, la menace de la création d’une ligue européenne dissidente...