Pourquoi le 4-4-2 losange est le dispositif idéal pour le Barça à court terme

Même si le titre en Liga semble s’être éloigné, le Barça a retrouvé des couleurs en battant Villarreal (4-1), lors de la 34e journée, en y mettant la manière. Organisé dans un 4-4-2 losange avec Messi en 10 pendant 60 minutes, ce dispositif tactique se révèle être une excellente solution à court terme. Sans doute la meilleure et on vous explique pourquoi.

Le 4-4-2 losange, un dispositif idéal pour le Barça à court terme ?
Le 4-4-2 losange, un dispositif idéal pour le Barça à court terme ? ©Maxppp

3-5-2, 4-3-3, 4-4-2 à plat, 3-4-3 losange, 4-4-2 losange. Depuis son arrivée sur le banc du FC Barcelone, Quiqué Setién a expérimenté plusieurs dispositifs tactiques sans avoir trouvé une solution vraiment convaincante. Mais le 4-4-2 losange (ou en diamant) aligné pendant 60 minutes contre Villarreal, avec Messi placé en numéro 10, a laissé entrevoir beaucoup d’espoir puisque la circulation du ballon, les combinaisons et l’affinité technique entre les 3 joueurs offensifs, surtout celle entre Griezmann et Messi, furent très bonnes et largement meilleures que lors des dernières sorties du Barça. De quoi se baser dessus pour finir la saison et tenter de remporter la Ligue des Champions ?

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Le dispositif qui s’adapte le mieux aux forces en présence actuelles du Barça

Quand on jette un coup d’oeil à l’effectif du Barça, on peut rapidement se rendre compte que l’équipe est dotée de nombreux joueurs axiaux et quasiment pas de joueurs de débordements (et encore moins depuis les blessures à répétition d’Ousmane Dembélé). Le manque d’ailiers, capables de percuter ou d’élargir le terrain par des courses en profondeur sans ballon, rend un dispositif comme le 4-3-3 moins pertinents. Cette saison, Ernesto Valverde et Quiqué Setién se sont malgré tout obstinés à le faire perdurer en alignant, par exemple, Griezmann sur l’aile gauche pour le faire jouer avec Messi et Suarez. Sans vraiment convaincre.

Les titularisations d’Ansu Fati à la place de Griezmann dans ce dispositif s’étaient d’ailleurs avérées plus probantes, le jeune espoir étant l’un des rares joueurs de l’effectif à avoir un profil d’ailier, mais sous la pression de la presse, Quiqué Sétien devait trouver une solution pour ne pas laisser le Français, recruté par le club pour 120 millions d’euros l’été dernier, sur la touche. C’est là que le 4-4-2 losange, avec Messi en 10, prend tout son sens. Comme nous l’avons vu dans notre article dédié à ce dispositif tactique, ce système concentre beaucoup de joueurs dans l’axe et laisse généralement les couloirs à des latéraux très offensifs comme Jordi Alba ou Nelson Semedo. Ce système a aussi l’avantage de permettre d’exploiter au mieux les qualités ou plutôt les préférences de Messi, Suarez et Griezmann quand ils jouent ensemble.

Le meilleur système pour aligner Griezmann avec Messi et Suarez

S’il a montré ses limites en tant qu’attaquant de pointe esseulé ou ailier gauche, Antoine Griezmann reste un bon attaquant axial et le buteur que l’on connaît, mais il est meilleur quand il joue avec un autre attaquant central à ses côtés. Celui-ci peut-être un point de fixation comme Diego Costa, Olivier Giroud voire même Alexandre Lacazette, avec qui il a fait ses preuves, ou un attaquant plus mobile capable d’attaquer les espaces comme Luis Suarez, qui contribue à lui donner plus d’espace dans la surface. Jusqu’ici, Griezmann et Suarez se sont rarement retrouvés alignés ensemble dans l’axe de l’attaque barcelonaise, puisque le Français a été positionné sur le côté gauche dans un 4-3-3 quand l’Uruguayen était sur la pelouse.

Par bribes, on a pu entrevoir des combinaisons intéressantes entre les deux hommes, qui ont donné des actions de but comme contre Valence (4e journée) avec une passe décisive de Griezmann pour Suarez, contre Eibar (9e journée), avec deux combinaisons à 3 entre Suarez-Griezmann-Messi dans une position axiale qui se sont soldées par des buts, ou contre Alaves (18e journée), avec une passe décisive de Suarez pour Griezmann. Et contre Villarreal, les trois compères ont souvent combiné avec succès, mettant l'organisation défensive du sous-marin jaune à mal. Le fruit d’une organisation et d’un dispositif qui colle mieux aux profils des joueurs et à l’ADN du club.

Une adaptation du 4-3-3 pointe basse, mais qui ne renie pas les principes de jeu du Barça

Si l’ADN du Barça réside depuis plus d’une décennie dans le sacro-saint 4-3-3 pointe basse, qui a connu son apogée lors du passage du Pep Guardiola de 2008 à 2012, le 4-4-2 losange ne renie pas pour autant les principes de jeu du FC Barcelone. Et plus précisément le jeu de position, avec la possibilité de trouver des hommes libres, des troisièmes hommes lancés face au jeu, et de créer des supériorités numériques, positionnelles et aussi qualitatives dans ce dispositif.

Quand on y regarde de plus près, ce 4-4-2 losange est une légère variable du 4-3-3 pointe basse de la saison de référence 2010/2011, quand Messi évoluait en faux 9. La seule différence étant la position des deux autres attaquants entourant l’Argentin. Pedro et David Villa étaient excentrés quand Suarez et Griezmann occupent l’axe.

Dans ce dispositif, les combinaisons au cœur du jeu se multiplient et cela permet aux latéraux d’avoir encore plus de liberté pour déborder et effectuer des centres décisifs. Le premier but contre Villarreal est intervenu après une combinaison entre Suarez et Sergi Roberto dans un petit espace qui a débouché sur un débordement de Jordi Alba dans la surface, qui a provoqué un but contre son camp de Pau Torres sur son centre dans les six mètres. Le troisième but, celui de Griezmann, fait suite à un dédoublement de Semedo côté droit et d’une combinaison à 3 dans l’axe entre Messi, Suarez et Griezmann. Ce dispositif a même permis aux Blaugranas de remettre en place un contre-pressing intéressant comme sur le but finalement refusé à Lionel Messi (69e).

Les failles de ce dispositif

L’animation défensive du Barça dans ce dispositif transforme le 4-4-2 losange en 4-4-2 à plat avec, théoriquement, Messi aux côtés de Busquets pour protéger l’axe. Cela demande de gros efforts défensifs de la part de Messi, connu pour se cacher sur les phases sans ballon (souvent par choix tactique, pour lui permettre de garder toute sa lucidité sur les phases offensives), sous peine de mettre en danger l’équilibre de l’équipe. Contre Villarreal, on a souvent vu Messi prendre la place de Griezmann sur la première ligne, mais on l’a aussi vu faire les efforts nécessaires lorsqu’il occupait sa place de milieu axial. Il a notamment effectué 13 courses de pressing face à un adversaire, alors que sa moyenne sur la saison est de 9 par match.

Les phases de transition rapide attaque/défense demeurent clairement la menace principale de ce dispositif. Contre Villarreal, les Blaugranas se sont faits piéger sur une contre-attaque rapide après une perte de balle dans le dernier tiers adverse. Le rôle des défenseurs axiaux et de Ter Stegen, pour gérer la profondeur, ainsi que celui des milieux relayeurs et du milieu défensif, pour annihiler les contres à la source et compenser le positionnement haut des latéraux, demeure essentiel pour que ce système soit vraiment viable et efficace. Busquets a d’ailleurs été l’une des clés des séquences de contre-pressing réussies par le Barça contre Villarreal. Les titularisations des polyvalents Vidal et Sergi Roberto, en tant que relayeurs, paraissent aussi évidentes pour garantir l’équilibre recherché même si Rakitic peut prétendre à un des deux strapontins.

Une base pour l’avenir ?

Avec l’arrivée de Pjanic à la place d’Arthur et les retours de blessure de Dembélé et De Jong, le Barça ne disposera pas vraiment d’armes différentes dans son arsenal la saison prochaine. L’option d’aligner Dembélé et Fati en ailiers dans un 4-3-3 est envisageable, mais elle laisserait au moins 2 des 3 stars offensives de l’équipe sur le carreau. À moyen terme, surtout si Griezmann reste en Catalogne la saison prochaine, ce 4-4-2 losange semble le dispositif le plus cohérent pour permettre aux Barcelonais de conquérir des titres et retrouver un jeu divertissant. Le recrutement des dirigeants catalans pourrait donc s’orienter autour de ce système de jeu.

Quels sont justement les profils manquants ? Un latéral droit pour concurrencer ou remplacer Nelson Semedo, qui ne fait pas l’unanimité auprès des fans. Peut-être un autre milieu relayeur avec un gros volume de jeu, capable de se projeter dans la surface et animer aussi le couloir en cas de besoin (type Matuidi). Et sans doute un autre attaquant de surface polyvalent (Lautaro Martinez ?) voire un défenseur central, avec des bons pieds et capable de gérer la profondeur (type Upemecano ?). En attendant, le Barça va se focaliser sur la fin de la Liga et surtout sur la Ligue des champions et son 8e de finale retour contre Naples qui aura lieu le 7 ou 8 août prochain. Avec un 4-4-2 en diamant complètement poli ?

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