Real Madrid - FC Barcelone : quand les deux mastodontes de la Liga ne séduisent plus

Avec des équipes moins intéressantes sur le plan individuel et un jeu moins spectaculaire qu'avant, le FC Barcelone et le Real Madrid se retrouvent pour un Clasico qui a perdu de sa superbe.

Zinedine Zidane et Ronald Koeman
Zinedine Zidane et Ronald Koeman ©Maxppp

C'était à prévoir, le Real Madrid et le FC Barcelone affichent des difficultés en ce début de saison. Plus que des soucis au niveau des résultats, c'est dans le jeu qu'on retrouve les deux formations dans le creux de la vague. Blaugranas et Merengues offrent donc un spectacle assez pauvre week-end après week-end, bien loin de ce qu'on peut voir chez les autres cadors du Vieux Continent. Il s'agit de deux cas de figure différents, puisqu'à Barcelone on a changé de coach alors qu'à Madrid on reste dans la contunuité, mais le niveau des deux locomotives de la Liga a de quoi inquiéter, et surtout, symbolise bien un championnat en perte de vitesse. Rares sont les fans de football qui, aujourd'hui, attendent avec impatience les rencontres des deux ogres du football espagnol, alors que d'autres formations, en Angleterre notamment, régalent week-end après week-end.

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L'été a été calme à Madrid, et logiquement, il n'y a pas eu de révolution dans l'effectif. De quoi refroidir bon nombre de fans dans un premier temps, puisque l'effectif a tout de même des lacunes, notamment dans le secteur offensif. Aucune recrue, seulement des retours de prêt, à l'image du rapatriement surprise de Martin Odegaard, initialement prêté pour deux ans à la Real Sociedad. Certains choix ont fait polémique, puisque de nombreux fans ne comprennent pas pourquoi des joueurs comme Sergio Reguilon, Achraf Hakimi ou même James Rodriguez, avec un peu d'opportunisme ceci dit, n'ont pas été conservés par Zidane. En revanche, s'il n'y a pas eu de grands bouleversements dans l'effectif, cette stabilité pouvait permettre à l'entraîneur merengue de perfectionner ses tactiques et de résoudre quelques problèmes récurrents et flagrants malgré le titre de Liga glané l'été dernier.

Le Real Madrid a toujours les mêmes soucis

Mais la Liga n'a pas franchement bien démarré de ce côté là. A de nombreuses reprises, on a vu un Real Madrid à court d'idées, répétant incessamment les mêmes circuits de passes, à savoir des ballons pour les joueurs de côté qui terminent, la plupart du temps, par un centre dans la surface. Sans succès. On peut le dire, le Real Madrid a énormément de soucis au niveau de l'animation offensive, ces derniers étant conséquence de problèmes tactiques mais aussi individuels. Ils sont nombreux à être pointés du doigt, à l'image d'Isco ou de Marcelo, qu'on a même été jusqu'à qualifié d'ex-footballeurs dans les médias ibériques. Au delà des considérations tactiques, on a aussi senti quelques déficiences au niveau de l'intensité et des efforts défensifs, ce qui avait pourtant souvent fait la force de l'équipe ces dernières années. C'est peut-être là que le bât blesse, puisque si le Marseillais n'a jamais été considéré comme un grand tacticien, sa capacité à transcender ses troupes a été au cœur de ses succès en Europe notamment.

En face, le constat n'est pas vraiment plus glorieux, malgré quelques lueurs d'espoir entrevues lors des premières rencontres. Contrairement à son homologue français, Ronald Koeman a logiquement droit à un peu plus de temps pour imposer sa patte à son effectif, d'autant plus qu'il tente de mettre en place un nouveau système, le 4-2-3-1. Là aussi, il y a des doutes, notamment autour de ce double pivot composé de Busquets et de Frenkie de Jong. Deux joueurs qui se marchent parfois dessus, alors que l'Espagnol n'est plus forcément à son meilleur niveau et que ce positionnement semble brider le Néerlandais. Cela enlève aussi un joueur potentiellement plus offensif au onze, beaucoup d'observateurs estimant que cette tactique est un peu trop défensive pour une équipe qui domine la plupart de ses rencontres. Il y a du mieux par rapport au Barça de Valverde ou de Setién, mais globalement, c'est encore insuffisant dans la moitié de terrain adverse. Là aussi, certaines individualités croulent sous les critiques, avec Antoine Griezmann en tête de liste.

Un Clasico qui doit retrouver son prestige

Aujourd'hui, le contraste avec des clubs comme le Bayern ou Liverpool est flagrant. Entre joueurs (supposément) stars et équipes loin de proposer un spectacle attractif, ce Clasico a donc considérablement perdu en saveur depuis des années déjà. Un constat qu'on peut appliquer à l'ensemble du championnat espagnol. Un temps royaume du tiki-taka, la Liga est désormais un championnat où règne la recherche de l'équilibre, avec une approche bien plus pragmatique. Ce qui a notamment permis aux petits clubs d'être un peu plus compétitifs lorsqu'ils affrontent les gros du championnat. Les différents titres remportés - sur la scène nationale pour les uns, en Europe pour les autres - ont aussi conforté les deux clubs dans cette optique de recherche du résultat à tout prix, quitte à mettre certains principes de côté. Ce fameux jeu de position du Barça a plus ou moins disparu aujourd'hui, comme le Real Madrid, qui a historiquement toujours été une équipe multipliant les assauts sur la surface rivale, a perdu ce côté fou et imprévisible avec des joueurs capables de faire la différence à la pelle.

C'est pour cette raison que ce match de samedi peut marquer un petit tournant. Une rencontre intéressante, avec des séquences de jeu spectaculaires et des prestations individuelles des meilleurs éléments des deux équipes, pourrait permettre aux fans de football de se réconcilier avec ce duel antagoniste, et de façon un peu moins directe, avec le championnat espagnol. A contrario, un nouveau Clasico insipide, comme on a pu avoir ces dernières années, relèguerait cette affiche un temps incontournable au rang de rencontre attendue, sans plus. Les chocs entre Liverpool et Manchester City peuvent aujourd'hui être considérés au même niveau. Au centre de l'attention de la planète foot, historiquement mais surtout pendant l'apogée du duel CR7-Messi, le Clasico joue gros. Au delà des considérations purement sportives et liées au plaisir de voir des équipes d'un niveau d'excellence s'opposer, la Liga joue aussi gros sur le plan business, l'opposition entre ces deux frères ennemis étant son principal atout pour séduire et attirer des fans aux quatre coins du monde...

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