La sale soirée de Liverpool et Jürgen Klopp

Premier club parmi les 12 de la Super Ligue Européenne à jouer depuis l'annonce du lancement de la compétition, Liverpool a vécu une soirée mouvementée lundi à Leeds. Entre des joueurs choqués par les réactions des supporters et un Jürgen Klopp obligé d'évoquer le bouillant sujet face à la presse sans être décisionnaire, la soirée a été rude.

Jurgen Klopp sur le banc de Liverpool
Jurgen Klopp sur le banc de Liverpool ©Maxppp
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Ils veulent sauver le football. Mais ils ont démarré l'opération sauvetage presque en catimini dans la nuit de dimanche à lundi, à minuit et demi. On a connu plus clinquant pour lancer une révolution. Surtout, les propriétaires des différents clubs n'ont pas organisé une communication individuelle, hormis Florentino Pérez qui est venu défendre le projet Super Ligue Européenne sur El Chiringuito. Résultat, Liverpool et son entraîneur Jürgen Klopp se sont retrouvés en première ligne lundi puisqu'ils jouaient le soir même à Leeds pour le compte de la 32e journée de Premier League. Qui dit match dit communication obligatoire pour l'entraîneur des Reds.

Comme le raconte The Athletic, la journée a été rude pour le technicien allemand. Lui qui a ramené Liverpool au sommet de l'Angleterre et de l'Europe s'est retrouvé confronté aux questions sur la participation de son club à ce projet dissident, bien loin des valeurs qu'il porte habituellement. Klopp s'est préparé tout au long de la journée à ce moment délicat, où sa vision du football s'oppose à ce que ses patrons ont décidé. S'il a manifesté son attachement à la Ligue des Champions et au système actuel, il a pesé ses mots.

Les joueurs et Klopp surpris par la haine des supporters à leur égard

« J'ai une vingtaine d'années dans le football. Je suis habitué à ce que les propriétaires prennent des décisions sans me le demander », a-t-il notamment précisé pour se désolidariser, mais sans condamner définitivement ses patrons. « Je connais les propriétaires, ce sont des gens raisonnables et sérieux qui se soucient de nous. Je ne sais pas si j’ai été plus exposé que d’habitude. Le système anglais est comme ça, il y a une voix dans le club et c'est le manager. C’est différent de l’Allemagne. J'ai eu suffisamment de temps pour m'y habituer. Ce n’est pas nouveau, mais il y aura certainement un moment où nos propriétaires diront ce qu’ils ont à dire. » Envoyé au feu sans être responsable de la situation, Jürgen Klopp n'a clairement pas aimé. Tout comme il a pu constater avec regret les dégâts occasionnés sur son équipe.

Lui comme les joueurs et le staff ont pu constater la colère des supporters. Hués et insultés sur le trajet vers le stade par des supporters de Leeds, ils ont pu saisir l'ampleur du rejet. « Nous sommes des employés du club. Je me sens responsable de beaucoup de choses dans ce club. Quand je suis impliqué dans des choses, je prends facilement la critique, lorsque les garçons sont impliqués, ils acceptent également les critiques. Mais nous ne sommes pas impliqués dans le processus ou la prise de décision. Personne ne sait ce qui va se passer. (…) Les fans de Leeds nous criaient dessus comme si j'avais dit: « allons à la Super League ». Nous parlons d'êtres humains. Avec tout ce qui est écrit, les gens ne doivent pas oublier cela. C’est une situation émotionnelle », a rappelé Klopp, touché par les événements, alors qu'il doit garder son groupe concentré vers l'objectif commun : rattraper le top 4 et se qualifier pour la prochaine Ligue des Champions. Peut-être la dernière de l'histoire du club si la Super League débute en 2022.

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