Maroc : comment Walid Regragui prépare le futur des Lions de l’Atlas ?

Par Anas Bakhkhar
5 min.
Walid Regragui aux côtés de Benjamin Bouchouari, Chadi Riad, Bilal El Khannouss et Ayoub Amraoui @Maxppp

Depuis quelques années, la sélection marocaine se tourne de plus en plus vers les jeunes pépites, évoluant au pays ou en Europe. Galvanisée par son gros parcours à la dernière Coupe du Monde, Walid Regragui est plus que prêt à superviser un projet ambitieux, avec comme objectif principal de préparer l’avenir des Lions de l’Atlas.

Arrivé en septembre seulement sur le banc de la sélection, l’entraîneur marocain Walid Regragui a insufflé en quelques semaines un nouveau souffle chez les Lions de l’Atlas, et ses résultats ont confirmé ce renouveau de l’autre côté du détroit de Gibraltar : deux matches convaincants en amical face au Chili (victoire 2-0) et le Paraguay, avant de créer la surprise en atteignant le dernier carré de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, avant de s’incliner - malgré un match valeureux - face à l’équipe de France, championne du monde en titre et malheureux finaliste face à l’Argentine, puis contre la Croatie en petite finale. Une quatrième place qui devient ainsi le meilleur résultat pour une nation africaine et arabe dans l’histoire de la compétition planétaire, et qui permet à la fédération de s’appuyer dessus pour construire une meilleure équipe à l’avenir. Pour atteindre cet objectif, la FRMF devra convaincre les futures pépites binationales de rejoindre la sélection du Royaume chérifien.

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Objectif : préparer l’avenir de la sélection

Cette politique ne doit cependant pas obliger certains joueurs à choisir le Maroc par la pression, comme l’a précisé Walid Regragui, interrogé sur le cas Brahim Diaz, absent de la liste des 30 pour affronter le Brésil et le Pérou dans un peu plus d’une semaine : «c’est un joueur qui a la double nationalité, qui peut jouer pour l’Espagne ou pour le Maroc. On n’est pas dans la négociation, et je ne serai jamais dans la négociation. Je reste sur ce que j’ai dit depuis le début : celui qui veut jouer pour la sélection, bienvenu à lui. Par contre, on ne doit pas mettre de pression sur le joueur quand il a des doutes, c’est pas blanc. (…) Ce qui m’importe, les noms que vous voyez dans la liste ont choisi le Maroc à 100% et veulent se battre pour ce maillot.» Le technicien de 47 ans veut donc avoir, sous ses ordres, des joueurs ne voyant pas le drapeau rouge et orné d’une étoile verte comme un plan B après leur échec à se faire remarquer par le pays européen, souvent de naissance.

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Quelques semaines après l’exploit réalisé au Qatar, Walid Regragui a été clair sur la politique sportive qu’il souhaite mettre en place : «il va falloir être régulier, titulaire dans son club ou se battre pour être titulaire, et ainsi intégrer la quatrième équipe du monde.» Des ambitions confirmées avec sa confiance accordée aux cadres de l’équipe demi-finaliste du dernier Mondial, qui seront accompagnés par de nouvelles têtes faisant leurs premiers pas dans le football de sélection. «Dans cette liste de 30, on a beaucoup de joueurs issus de l’équipe olympique. C’est une donnée importante pour préparer l’avenir, afin qu’ils sentent le groupe. L’idée pour moi, c’est de les intégrer rapidement avec le groupe qui a fait le Mondial», a poursuivi le sélectionneur marocain en conférence de presse après présentation de son groupe convoqué pour la trêve internationale de mars. Parmi les nouvelles têtes, on retrouve Benjamin Bouchouari (21 ans, AS Saint-Etienne), Ayoub Amraoui (18 ans, OGC Nice) ou encore Chadi Riad (19 ans, FC Barcelone).

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Des jeunes déjà intégrés

Dans cette nouvelle jeunesse marocaine, on n’oublie pas les jeunes milieux de terrain Yassine Kechta (21 ans, Le Havre AC), passé par les U17 et U20, et Bilal El Khannouss (18 ans, KRC Genk), déjà convoqué au Qatar et auteur de sa première sélection pour le match de la 3e place. Ces choix peuvent sembler un peu hâtif pour une sélection souhaitant confirmer sa CDM. Mais comme avec Kylian Mbappé, il ne faut pas parler d’âge à Regragui : «peut-être c’est un peu trop tôt pour lui (Ayoub Amraoui, ndlr), mais pour moi, ça n’est jamais trop tôt. Des joueurs comme Achraf (Hakimi, ndlr) sont arrivés très tôt. On lui envoie un signal fort pour lui dire que voilà, la porte est ouverte et elle l’est aussi pour beaucoup de binationaux, que l’âge n’importe pas. S’il y a de la qualité et qu’ils ont envie de défendre les couleurs du Maroc, ils sont les bienvenus. (…) Il va s’entraîner avec des joueurs comme Hakimi et Mazraoui. On va l’aider à progresser en équipe nationale. La blessure de Masina a ouvert des portes aux gamins.»

Cette ouverture de la porte de la sélection aux jeunes espoirs marocains a par le sélectionneur en place, confirmée par les choix de Regragui, était déjà bien initiée par Vahid Halilhodžić. Car oui, le technicien bosnien, qui a officié sur le banc des Lions de l’Atlas entre 2019 et 2022, n’hésitait pasc à accorder sa confiance à la jeunesse, dont il profite de sa fougue pour apporter de l’imprévisibilité sur le terrain : «nous avons cette envie de gagner et cette fougue de la jeunesse de nos joueurs. Il faut se méfier de certains joueurs qui peuvent faire la différence à n’importe quel moment», avait-il déclaré avant le quart de finale de la CANC 2021, perdu face à l’Egypte (2-1 a.p.). Cette politique de la Direction Technique Nationale a d’ailleurs été confirmée le nouveau DTN Chris Van Puyvelde, qui vise un objectif ambitieux à sa présentation l’été dernier, avant même le Mondial qatari : «il est possible que le Maroc soit le premier pays en Afrique. Dans la vie, il faut rêver.» Un fantasme qui pourrait se rapprocher de la réalité grâce à la jeunesse, qui sait…

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