Jacques-Henri Eyraud justifie sa sortie polémique sur la gestion de l'OM

Une intervention de Jacques-Henri Eyraud dans le cadre de leçons de management passe mal auprès des supporters olympiens. Le président de l'OM a précisé le fond de sa pensée pour calmer le jeu.

Jacques-Henri Eyraud, l'ex-président de l'Olympique de Marseille
Jacques-Henri Eyraud, l'ex-président de l'Olympique de Marseille ©Maxppp

Le 17 octobre 2016, Jacques-Henri Eyraud devenait le président de l'Olympique de Marseille. Avec un style différent de ses prédécesseurs, l'ancien PDG de Turf Editions a d'abord bénéficié d'une bienveillance, qui a bien vite disparu. Ses premiers loupés dans la communication ont agacé la communauté marseillaise, qui regardent désormais de travers cet entrepreneur jugé pas assez passionné. Si Eyraud garde la confiance du propriétaire Franck McCourt, il apparaît aujourd'hui coupé des supporters phocéens. Et son intervention récente dans une conférence organisée par Le Shack ne va pas redorer son blason, bien au contraire.

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Invité à parler management le 8 décembre dernier, le président de l'OM a délivré un discours à destination d'entrepreneurs qui passe très mal du côté de Marseille. Extrait : « il y a une autre dimension complexe à aborder, à gérer, c'est celle du supportérisme. J'ai toujours aimé l'OM mais j'essaie aussi de me détacher de ce que veut dire une victoire, une défaite. Et en interne, par rapport à la culture d'entreprise que je veux mettre en place, je vais donner un exemple très concret. Quand je suis arrivé à l’OM, j’ai été frappé de voir que 99 % des collaborateurs du club étaient marseillais. C’est un danger et c’est un risque. Pourquoi je dis ça ? Parce que j'étais là depuis quelques mois et il se trouve qu'on a eu une série de 2 défaites consécutives et j'ai vu à quel point les visages se refermaient, les dépressions étaient proches. En termes de productivité, l’impact d’une défaite sur les attitudes et les comportements des collaborateurs était fort, et cela, ça ne va pas. Les Anglais, les Américains, qui ont souvent plus de distance sur ces sujets là, disent que quand vous êtes dirigeant d'un club de foot, la première chose dont il faut se méfier est de recruter, je cite, un « fan in a suit » (un fan en costume, ndlr), car il aura tendance à laisser parler sa passion pour son club, son équipe, plutôt que de regarder le cap défini ensemble et qui devra être tenu coûte que coûte. »

Eyraud tente de calmer la polémique

Dans un autre extrait, il moque l'OM TV, l'ancienne chaîne de télévision du club qu'il a supprimée en août 2018. « Quand je suis arrivé, la stratégie digitale de ce club, c’était une chaîne diffusée sur câble et satellite en France, qui s’appelait OM TV. Avec des gens qui l’exploitaient qui étaient fascinés du pouvoir et de l’influence qu’ils avaient l’impression d’avoir en présentant une émission en plateau. Mais ça, c’est le 19ème siècle des médias, c’est Le Petit Journal. C’est n’importe quoi », exposait alors Eyraud, avant de conclure froidement : « j’ai d’abord regardé si ces gens étaient capables d’être réemployables, de travailler sur une stratégie médias full digital, réseaux sociaux, plate-forme OM… Et la conclusion à laquelle je suis arrivé, c’est que malheureusement non. La moitié d’entre eux ont dû quitter l’entreprise parce qu’ils étaient incapables d’être sur un positionnement différent de ce qu’ils avaient eu l'habitude de faire pendant des années. »

Ces déclarations révoltent une grande partie des fans de l'OM, où la passion surpasse allègrement la stratégie d'entreprise voulue par Jacques-Henri Eyraud. À tel point que ce dernier, invité par France Bleu Provence ce matin, a dû répondre à la polémique générée sur les réseaux sociaux. « C’est tout sauf un dérapage. L’un des défis pour nous, c’est l’équilibre entre passion et raison. Si on est ici, c’est qu’on aime la passion autour de ce club et, moi, je suis le premier passionné de ce club, le premier supporter. Ma réflexion est la suivante : ce qui m’intéresse, c’est d’avoir les meilleurs partout. Quand ils sont marseillais je suis le plus heureux du monde. En revanche, ce que je veux ce sont les talents et les compétences dans tous les domaines d’activité du club. En finance, je ne cherche pas à recruter des fans de l’OM. Quand on est un commercial, on a besoin de parler avec passion et là c’est différent. Arrêtons de caricaturer mes propos. » Pas sûr que cela suffise à rétablir un lien de confiance avec le peuple marseillais.

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