Atlético de Madrid - Real Madrid : les notes du match

Les deux voisins de la capitale espagnole se sont quittés sur un match nul 1-1 qui fait plutôt les affaires de l'Atlético.

Marcos Llorente et Toni Kroos lors du derby
Marcos Llorente et Toni Kroos lors du derby ©Maxppp
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C'était un match très important qui se disputait du côté du Wanda Metropolitano cet après-midi. Un choc entre les deux voisins ennemis de la ville de Madrid, avec toute la rivalité qui va avec. Mais également, et surtout même, un duel primordial dans la course au titre. Après avoir obtenu des résultats plutôt médiocres ces dernières semaines, l'Atlético a vu le Barça et le Real Madrid revenir. Au coup d'envoi de la partie, les Rojiblancos n'avaient donc que trois points d'avance sur le Real Madrid, troisième, avec un match de moins ceci dit. Après la victoire merengue lors du premier match de championnat (2-0), l'équipe de Diego Simeone cherchait sa revanche et l'Argentin pouvait enfin compter sur une équipe quasi au complet, avec Giménez comme seul absent. Trippier était par exemple de retour sur le flanc droit, alors que Correa était préféré à Félix. De son côté, Zinedine Zidane, encore privé de Ramos et Hazard, misait sur Asensio et Rodrygo pour accompagner le revenant Benzema.

Sans surprise, le début du match se jouait sur un rythme plutôt bas. Aucune des deux équipes ne voulait se découvrir ni laisser d'espaces à son adversaire, et il n'y avait donc pas vraiment de situation chaude, avec deux équipes ne tenant que très peu le ballon dans la moitié de terrain adverse. L'Atlético avait le ballon et semblait légèrement supérieur dans le jeu, sans pour autant inquiéter son rival du jour. Les Colchoneros allaient vite frapper. Marcos Llorente était lancé par Trippier sur le côté droit, et trouvait Luis Suarez dans la surface. L'Uruguayen battait ensuite Courtois d'un superbe extérieur du pied (1-0, 14e).Il fallait attendre la 18e minute de jeu pour assister à la première situation intéressante du Real Madrid, avec une reprise de volée ratée de Benzema dans la surface. Les hommes de Zidane avaient du répondant, mais c'est toujours l'équipe locale qui s'offrait les situations les plus intéressantes devant.

L'Atlético a beaucoup vendangé

C'est juste avant la demi-heure de jeu qu'Oblak devait intervenir pour la première fois de la journée, avec une frappe vicieuse de Casemiro de l'extérieur de la surface. Il n'y avait de toute manière pas d'énorme occasion d'un côté comme de l'autre, mais Llorente ou Carrasco faisaient énormément de mal à l'Atlético, à l'image du centre de l'Espagnol pour Suarez, qui ne pouvait pas reprendre dans les meilleures conditions au deuxième poteau (38e). Cet avantage à la pause était donc plutôt mérité pour les troupes du Cholo, supérieures à leur ennemi merengue sur pratiquement tous les plans. Restait maintenant à savoir si le tacticien argentin allait demander à ses troupes de continuer de jouer l'attaque ou de se replier pour ce deuxième round. C'était visiblement le premier choix, puisque d'entrée, l'Atlético continuait de jouer assez haut.

En face, les troupes de Zinedine Zidane cherchaient à attaquer et être un peu plus tranchantes, mais c'était toujours aussi difficile. Sans parler des situations de coup de pied arrêté mal négociées. Sur ce centre de Lucas Vazquez, Nacho reprenait de la tête, mais c'était directement dans les gants d'Oblak (52e). Dans la foulée, Courtois sortait une intervention providentielle devant Carrasco (53e), alors que derrière, Llorente ne parvenait pas à cadrer ! Le portier belge récidivait avec une nouvelle sortie décisive dans les pieds du Suarez cette fois (55e) ! A la retombée d'une tête de Carrasco, Correa, seul dans la surface, se trouait complètement et manquait le 2-0 (61e). Valverde tentait sa chance de loin, mais Oblak était là (71e). Très discret aujourd'hui, Benzema ne trouvait pas le cadre (74e), puis, se loupait à deux reprises devant Oblak (79e), puis voyait le Slovène lui sortir un coup franc (81e). Et ce qui devait arriver, arriva. Après un joli une-deux avec Casemiro dans la surface colchonera, l'attaquant tricolore expédiait le ballon au fond des cages, vides puisqu'Oblak était sorti devant Casemiro (1-1, 87e). Le score n'a plus bougé, et l'Atlético conserve trois points d'avance sur son rival, avec un match de moins. Le Real Madrid a au moins le goal average particulier en sa faveur.

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L'homme du match : Llorente (8) : face à son ancien club, le numéro 14 de l'Atlético de Madrid a fait ce qu'il sait faire de mieux : faire des différences et briser des lignes, que ce soit avec le ballon ou via des passes. Alliant qualité technique et puissance physique, l'Espagnol a fait très mal dans la moitié de terrain merengue, à l'image de sa course qui a terminé sur une passe décisive pour Suarez. Mais pas que, puisqu'il a aussi été à l'origine de plusieurs autres situations chaudes des Colchoneros. Une prestation de haute volée, même si comme beaucoup de joueurs des deux équipes, on l'a senti fatigué en fin de rencontre.

Atlético de Madrid

  • Oblak (6,5) : le Slovène n'a pas forcément été très inquiété ce soir, puisque la plupart des occasions merengues étaient assez simples à repousser, comme cette frappe de Casemiro (29e), une tête de Nacho (52e), ou une tentative lointaine de Valverde (71e). En fin de match en revanche, il sort une double intervention monstrueuse devant Benzema pour empêcher l'égalisation du Français (79e), qui arrivera un peu plus tard. Sa sortie sur Casemiro sur le but du numéro 9 est peut-être un peu précipitée.

  • Carrasco (7) : comme à son habitude, le Belge a été dans tous les bons coups sur ce côté gauche de l'Atlético. Occupant tout le côté à lui seul, il a multiplié les montées. Dangereux devant, créant des occasions pour lui et pour ses partenaires (Suarez principalement) et assez utile sur les séquences défensives. Toujours intelligent, juste, sans en faire trop. João Félix l'a remplacé (64e) mais n'a pas été en mesure de se distinguer et a déçu.

  • Hermoso (7) : le défenseur formé chez les Merengues a livré une prestation plus que satisfaisante. Il a comme d'habitude été la première rampe de lancement des attaques de son équipe avec sa qualité de relance précieuse. Si on parle du domaine purement défensif, il n'a pas vraiment été inquiété par ses vis à vis, remportant de nombreux duels et coupant quelques actions de l'équipe de Zidane.

  • Felipe (6) : le Brésilien était dans l'axe de cette défense à trois cet après-midi. Pas toujours serein cette saison, l'ancien de Porto a aujourd'hui répondu présent. Dans un style un peu moins académique que ses deux partenaires de charnière, il a su repousser les tentatives de l'adversaire, en deuxième période notamment où il a dû intervenir régulièrement. Petite frayeur pour lui tout de même en fin de première période avec une main dans la surface que l'arbitre a considéré comme involontaire, et un peu trop attentiste sur le but de l'égalisation.

  • Savic (6,5) : en l'absence de Giménez, c'est lui le taulier de la défense. Et le Monténégrin a été à la hauteur de l'enjeu, comme c'est de plus en plus habituel avec lui. L'ancien de la Fiorentina a surtout été impérial dans le jeu aérien, repoussant multitude de centres et de coups de pied arrêtés du Real Madrid. Pas grand chose à se reprocher aujourd'hui.

  • Trippier (6) : de retour après sa suspension, l'Anglais a prouvé pourquoi il est un élément indispensable de cet Atlético. Il est à l'origine du premier but avec un joli décalage pour son partenaire privilégié, Marcos Llorente. Pas totalement dans le rythme, il a un peu perdu en importance au fur et à mesure que la rencontre avançait, se contentant de défendre, et il l'a plutôt bien fait.

  • Koke (6,5) : le patron du milieu colchonero a répondu présent. Peut-être un peu moins flamboyant qu'à l'accoutumée dans la mesure où il a beaucoup dû défendre et a principalement joué simple, mais il a toujours été juste dans ses transmissions, trouvant toujours ses partenaires dans le bon tempo. Si des joueurs comme Modric ont été assez discrets aujourd'hui, c'est en partie grâce à lui.

  • Llorente (8) : voir ci-dessus.

  • Lemar (6) : le Français, très bon depuis le début de l'année 2021, a rendu une copie plutôt correcte sur la pelouse du Wanda Metropolitano. Plusieurs ballons bien négociés et bonifiés en terrain adverse, avec le bon choix fait à chaque fois, sans pour autant réussir à être décisif. Un travail défensif conséquent à signaler également. L'ancien Monégasque a été remplacé par Saul (57e), auteur d'une entrée assez anecdotique et sans saveur.

  • Correa (5) : l'Argentin a eu les faveurs de son compatriote cet après-midi, ce dernier l'ayant préféré à Félix. Il n'a pas eu énormément de ballons exploitables à se mettre sous la dent, mais il a fait le boulot, servant de point d'appui pour ses partenaires loin de la surface. Il manque le 2-0 (60e), pourtant seul devant Courtois, et fait échouer quelques sorties de balle qui auraient pu déboucher sur des contre-attaques intéressantes. Simeone l'a sorti pour mettre Kondogbia (82e), qui a prêté main-forte quand le Real Madrid attaquait en fin de match.

  • Luis Suarez (7,5) : dans les grands rendez-vous, les grands joueurs répondent présent. Il a fallu moins d'un quart d'heure à l'Uruguayen pour mettre fin à sa série de cinq matchs sans marquer avec un extérieur sublime. Ensuite, il a été un poison devant, rendant fou les défenseurs merengues avec des appels et des ballons joués en dehors de la surface. Il a plutôt bien combiné avec ses partenaires, comme sur ce ballon pour Carrasco (53e), et a eu un peu de mal à enchaîner au fur et à mesure que la fin du match s'approchait.

Real Madrid

  • Courtois (6) : nouveau match solide de la part du portier belge. S’il ne peut rien sur le but de Suarez, l’ancien goal de Chelsea a sauvé les siens à plusieurs reprises notamment en gagnant ses duels en un contre un devant Yannick Carrasco (52e) et Luis Suarez (54e). Si le Real Madrid ramène un point du derby, il peut dire merci à Courtois.

  • Lucas Vasquez (3,5) : ce n’est pas un latéral droit de métier et dans ce type de match, cela se voit direct. Peu en vue offensivement et pas vraiment à l’aise sur ses centres, Lucas Vaéquez a pris l’eau défensivement à l’image de ce petit pont de Yannick Carrasco.

  • Nacho (4) : Sergio Ramos n’est pas là et si Nacho a fait ce qu’il a pu pour le suppléer, le costume était bien évidemment trop grand pour l’éternel remplaçant de la Casa Blanca. Il a subi les trop nombreuses offensives des Colchoneros et a parfois pris l’eau, comme sur l’ouverture du score de Luis Suarez où il a été trop facilement éliminé par Llorente. Nacho a voulu faire son Sergio Ramos offensivement, mais sa tête a été bien stoppée par Oblak (52e).

  • Varane (4) : sans Sergio Ramos, le champion du monde 2018 a plus de mal. Et cela s’est encore révélé vrai ce dimanche après-midi. Le patron de la défense Merengue n’a pas été d’une sécurité sans faille. Il ne joue pas bien le hors-jeu sur le but de Suarez et a fait une relance terrible sur ce même Suarez sur cette grosse occasion de Carrasco (52e).

  • F.Mendy (5) : Ferland Mendy n’a pas démérité sur son côté gauche. Il faut dire que l’ancien Lyonnais est l’un des rares joueurs à tenter des choses cet après-midi au Metropolitano. Un peu juste défensivement, notamment devant Llorente, intenable ce dimanche, l'international français n'a pas démérité.

  • Casemiro (5) : si tranchante d’habitude, la sentinelle de la Casa Blanca s’est faite manger en première période par le milieu de terrain de l’Atlético. Offensivement, il a été à l’origine de la première occasion du Real de la rencontre avec cette volée à 25 mètres repoussée par Oblak (28e). Il sauve son match grâce à une superbe passe décisive pour Karim Benzema en toute fin de rencontre.

  • Modric (4) : l’ancien Ballon d’Or, revenu à son meilleur niveau ces dernières semaines, a tenté d’organiser le jeu de la bande à Zidane en première période, mais de bien trop loin pour apporter le danger devant les buts d’Oblak. A disparu un peu en deuxième mi-temps et a tenté un improbable coup franc de 20 mètres de l'extérieur du pied en toute fin de match.

  • Kroos (3,5) : match compliqué pour le milieu international allemand. En dedans, Kroos n’a pas eu son impact habituel sous la tunique du Real. Inexistant physiquement, dépassé au milieu de terrain, l’allemand rien n’a fait de bien hormis quelques corners mal maîtrisés par les joueurs du Real Madrid.

  • Asensio (3) : hormis quelques débordements et un premier centre pour Benzema (17e), l’international espagnol a encore déçu ce soir. Peu d’impact offensif, peu de différences balle au pied, Marco Asensio a traversé la rencontre comme une âme en peine n’inquiétant quasiment jamais la défense des Colchoneros. Remplacé par Federico Valverde (59e) qui a tout de suite apporté offensivement, portant un peu plus le ballon et apportant le surnombre et le danger comme sur cette frappe surpuissante bien repoussée par Oblak (70e). Un coaching gagnant de la part de Zidane, même si les supporters du Real Madrid se demanderont sans doute longtemps pourquoi ZZ ne l'a pas fait entrer plus tôt.

  • Benzema (6) : il avait manqué les 3 derniers matches touchés aux adducteurs et son retour était forcément très attendu. Un peu trop isolé à la pointe de l’attaque Merengue, pas vraiment aidé par les fantomatiques Rodrygo et Asensio, Benzema a connu une après-midi compliquée jusqu'aux entrées en jeu de Vinicius et de Valverde. Niveau occasion de buts, une reprise trop écrasée sur centre d’Asensio (17e), une tête totalement ratée (25e) et une frappe de 20 mètres à côté à la 74e. Mais l’attaquant français n’a jamais baissé les bras. Après une double parade de Jan Oblak (78e) sur deux tirs à bout portant et un coup franc bien repoussé par le portier de l’Atleti., Benzebut a finalement égalisé en fin de match après une passe décisive de Casemiro. Tout simplement indispensable.

  • Rodrygo (2) : peu de ballons touchés, beaucoup de mauvais choix et beaucoup trop de dribbles ratés. En difficulté devant Hermoso, il n’a clairement pas marqué des points ce dimanche après-midi. Remplacé fort logiquement par Vinicius Jr (59e) qui a rapidement apporté son explosivité. Une fougue malheureusement pas bien maîtrisée par l’attaquant brésilien même si la géniale passe de l’extérieur du pied pour Karim Benzema aurait pu être décisive sans cette double parade d’Oblak (78e).

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