Kévin Appin : «c'était une nouvelle histoire, il fallait que je passe à autre chose en choisissant l'Espagne»

Parti à la conquête de l'Espagne, le jeune milieu français Kévin Appin (23 ans) a brillé avec Hercules en troisième division et a donc signé pour l'UD Ibiza en deuxième division espagnole. En pleine progression, ce jeune talent issu de l'académie de Monaco est revenu sur sa trajectoire. Entre les échecs et son retour en force, tout en passant par le sacre lors de la Coupe Gambardella 2016, le natif de Marseille a fait le point sur son début de carrière.

Kévin Appin nouvelle recrue d'Ibiza
Kévin Appin nouvelle recrue d'Ibiza ©Maxppp

Plutôt connu pour son statut de ville de la nuit plutôt que pour son football, Ibiza est pourtant en train d'écrire doucement, mais sûrement son histoire. Formé en 2015 sur les ruines de l'Ibiza CF, l'Unión Deportiva Ibiza dispose d'un projet ambitieux. À l'instar du FC Andorra de Gerard Piqué, le club des Baléares vise à s'établir en Liga sur le long terme. Actuellement en train de se renforcer afin de se maintenir et s'offrir un maintien tranquille, l'UD Ibiza a notamment mis la main sur Kévin Appin qui a signé un contrat de deux ans. Le milieu de terrain de 23 ans sort d'une saison probante à Hercules où il a acquis le surnom "d'El Pulpo", le Poulpe qui permet de vite se rendre compte de son profil de récupérateur. Un an après avoir quitté son club formateur, l'AS Monaco, il s'est vide adapté au pays de Cervantés qu'il a découvert grâce à ses représentants historiques, le groupe espagnol You First. «L'année dernière quand je suis arrivé en Espagne, je n'avais pas 10 000 options donc j'ai choisi la meilleure. Hercules c'était une superbe opportunité. Un club avec une histoire et avec une équipe remise à neuf. C'était une nouvelle histoire, il fallait que je passe à autre chose. Choisir l'Espagne, c'était dans l'idée de découvrir comment ça se passait ici» nous explique-t-il.

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La découverte de l'Espagne

Apprenant rapidement l'Espagnol, il a vite trouvé son rythme en Espagne : «ma démarche c'est d'aller vers les autres, vivre dans un bon environnement, créer des liens avec les coéquipiers donc je me suis directement mis à parler espagnol. Car justement, c'est leur langue, j'arrive donc je dois faire l'effort. J'avais des facilités avec les langues donc c'est parti de là.» Milieu défensif de formation, il a aussi évolué sur le terrain avec un positionnement un peu plus haut. Dans un rôle de récupérateur avancé, il se distingue par son impact et sa capacité à toujours aller de l'avant. Une évolution qui n'est pas sans rappeler celui qui lui sert de modèle : «au quotidien, je regarde beaucoup de matches. Je m'inspire beaucoup de N'Golo Kanté, c'est une référence à mon poste. On a un registre qui se rapproche sur le fait de récupérer et redonner vite le ballon. Clairement, à Hercules, le coach m'a dit que je pouvais améliorer ce registre de mon jeu. C'est comme ce qu'a fait Sarri en arrivant à Chelsea. Kanté récupérait, mais se projetait moins. La il va chercher et se projetait plus haut qu'avant.»

S'il n'a pas su monter en deuxième division avec Hercules, il a donc rejoint Ibiza qui a vite été séduit par ses performances. Et comme dans son précédent club, l'adaptation a été rapide : «ça se passe super bien. Les joueurs et le staff ont été très accueillants et me connaissaient déjà de la saison passée. On s'est rappelé des moments de rivalité et du coup c'est passé tout seul. Le projet et l'opportunité m'ont plus. J'ai joué contre eux, j'ai eu une discussion avec le coach et le staff et ils connaissaient mon profil. Ça a rendu les choses plus faciles. Ils viennent de monter en D2 et c'est une équipe ambitieuse qui monte en Espagne. Le coach m'a dit que le but c'était de se maintenir en essayant d'avoir un bon matelas.» Aligné aux côtés du milieu prêté pas Leeds United Mateusz Bogusz en ce début de préparation, Kévin Appin retrouve doucement le rythme et espère vivre une belle saison avec l'UD Ibiza.

Une Coupe Gambardella avec Monaco

Avant d'arriver en Espagne, Kévin Appin a grandi avec le Sporting Club Air Bel à Marseille avant de rejoindre le centre de formation de Monaco. Évoluant dans les différentes classes d'âge avant de signer son contrat professionnel, il garde de bons souvenirs de cette expérience même si le fait de ne pas avoir pu percer dans le groupe professionnel reste un échec personnel : «j'ai raté le coche par rapport à ce que je voulais faire à Monaco même si on a eu confiance en moi pour me donner un premier contrat professionnel. Pour passer à la marche supérieure, je devais partir. J'ai pris un autre chemin qui m'est propre et pour le moment ça se passe bien. Je veux donner un sens à ma carrière et prouver que même si je n'ai pas réussi dans mon premier club que je ne peux y arriver ailleurs. Ce n'est pas parce que je n'ai pas réussi à Monaco que c'est perdu pour moi. Un autre club m'a donné l'opportunité que je n'ai pas eue et a reconnu mes qualités. Ça aurait pu se faire ailleurs, mais ça a eu lieu en Espagne.»

De ses années en jeune avec Monaco, Kévin Appin se remémore assez vite la Coupe Gambardella gagnée en 2016 contre le RC Lens avec Loïc Badiashile, Julien Serrano, Ibrahima Diallo, Irvin Cardona et un certain Kylian Mbappé : «c'est mon premier trophée officiel avec Monaco, on a gagné avec une superbe équipe. J'ai envie de dire qu'il y a toujours de la concurrence à Monaco, mais 1997/1998 il y avait une belle brochette de joueurs individuellement. J'ai eu de la chance de tomber dans cette génération et puis on a gagné la Coupe Gambardella 2016.» Habitué rapidement à une forte concurrence, Kévin Appin était dans un contexte idéal pour apprendre et développer son esprit compétiteur : «perdre sa place, ne pas être au niveau, derrière ça pousse, mais il faut dépasser ceux qui sont devant toi. Essayer de toucher le monde pro. C'est un tout qui aide à se surpasser. On enchaîne les performances afin de progresser.»

L'échec de Bruges et un avenir ambitieux

Prêté au Cercle Bruges lors de la saison 2018/2019, Kévin Appin ne disputera que 8 matches avec la formation belge et connaîtra son expérience la plus compliquée : «ce n'était pas très positif, car j'ai peu joué à Bruges. Certes, ça m'a fait grandir. Être au quotidien avec un groupe pro, évoluer à haut niveau, participer à des matches de première division, c'est différent de la réserve ou des U19. C'était positif dans ma qualité de jeu puisque ça aide à prendre conscience de la marge à réduire avec le travail. En négatif, je n'ai pas pu enchaîner. J'ai eu ma première blessure aussi. J'étais habitué à tout le temps jouer en jeunes et là j'étais sur le banc ou en réserve. J'ai dû gérer cette situation.» Travaillant sur lui même et développant son mental, il se sert désormais de cette expérience ratée pour affronter avec plus de forces les défis du quotidien.

Fier de voir sa carrière reprendre une dynamique ascendante depuis un an, Kévin Appin savoure : «ce n'est pas du hasard, la plupart du temps, c'est une récompense du travail. C'est un peu l'essence du football. Notre travail est récompensé par des victoires, des transferts et tout ce qui bascule dans le positif. J'ai été récompensé, car j'ai bossé. Ça a plu à Ibiza et à d'autres clubs, j'ai rejoint Ibiza, j'ai fait ce que je savais faire pour apporter ma pierre à l'édifice d'Hercules et me voici désormais à Ibiza.» Pour autant il ne souhaite pas s'arrêter là et veut continuer à grandir avec une ambitieuse équipe d'Ibiza. Épanoui en Espagne et souhaitant poursuivre son aventure au pays de Don Quichotte, il nourrit toujours un rêve : «je ne l'ai jamais caché, mon rêve c'est de jouer un jour en Angleterre. Mon club préféré c'est Chelsea. Par chance si l'Angleterre se présente, c'est un championnat qui m'intéresse.» Reculer pour mieux avancer, Kévin Appin a assumé son choix et en tire désormais les fruits. Travailleur et en pleine progression, le natif de Marseille veut continuer à régaler en Espagne. Le poulpe n'a pas encore fini de faire couler de l'encre.

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