Coupe d'Afrique de Nations 2021 : l'incroyable soirée des Comores

Pour le premier 8e de finale de Coupe d'Afrique des Nations de leur histoire, les Comores ont vécu une soirée très particulière.

Les supporters des Comores
Les supporters des Comores ©Maxppp

Un moment d'histoire. Les Comores ont écrit ce lundi une des plus belles pages de leur football en participant à leur premier 8e de finale de Coupe d'Afrique des Nations et en tenant la dragée haute au Cameroun (2-1). Et pourtant, du début à la fin, rien n'a été facile pour Ceolacanthes. Dès la préparation. Alors qu'ils pensaient pouvoir récupérer Ali Ahamada, l'ancien portier de Toulouse, remis de la Covid-19, ils ont eu la mauvaise surprise d'apprendre qu'ils devraient, en raison d'un changement de règlement de dernière minute du côté de la Confédération Africaine de Football, finalement aligner un joueur de champ dans les buts : l'ancien Nantais Chaker Alhadur, défenseur de métier.

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Pour ne rien arranger, le bus qui devait les amener au Stade d'Olembe a été pris dans des embouteillages, les obligeant à démarrer leur préparation et leur mise en route dans de drôles de conditions. Pire encore, à la 7e minute de jeu, les Comoriens perdaient leur capitaine Nadjim Abdou, assez sévèrement exclu pour une semelle sur Ngamaleu (7e). Après l'ouverture du score de Karl Toko Ekambi (29e), Alhadur allait se montrer héroïque, avec des arrêts fous, notamment sur une tête de Vincent Aboubakar (49e). «Ce n’est pas un joueur de champ ! Vous avez vu le ballon qu’il m’enlève de la tête ? Je pense peut-être qu’il joue mieux dans le but que sur le champ ! », a même plaisanté l'actuel meilleur buteur de la compétition au micro de Canal + Sports Afrique.

Drôle de scénario

Mais le portier de fortune n'empêchera pas la défaite des siens, malgré une sublime réduction du score sur coup franc de Youssouf M'Changama (81e) et un contre bien parti avorté dans les arrêts de jeu par l'arbitre de la rencontre... Des circonstances terribles, qui n'ont pourtant pas le moins du monde émaillé le sourire des hommes de Younes Zerdouk. «Je ne pense pas que je sois le seul héros, toute l’équipe a fait le travail, on n’avait pas le choix, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai donné beaucoup d’espoir à l'équipe et ils ont essayé de me protéger du mieux possible. On en a pris deux, on en a marqué un, je ne retiens que le positif, c’est le football. On peut sortir la tête haute», a envoyé Alhadur à Canal + Sports Afrique, revenant sur son match complètement fou.

«On en parlait un peu pour rigoler, puis ça devenait sérieux au fil des jours. On m’avait désigné, mais, jusqu’à ce que je mette le maillot, je n’y croyais pas vraiment. Après, je me suis dit, c’est sérieux là ! Après, tu es là, tu joues, tout simplement». La victoire du jeu malgré l'élimination. Les Comores n'ont peut-être pas tout perdu, voilà ce que l'histoire retiendra, aussi. Une bouffée d'air frais alors que, dans le même temps, plusieurs supporters ont perdu la vie dans des bousculades et heurs à l'entrée du stade...

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