OM : comment Igor Tudor a retourné tout son monde

Sifflé pour ses deux premiers matches à l'Orange Vélodrome, Igor Tudor est invaincu de Ligue 1. Il a su retourner tout le monde, des supporters aux joueurs, même les moins enclins au départ.

Igor Tudor pensif lors de la rencontre entre l'OM et le Betis Séville
Igor Tudor pensif lors de la rencontre entre l'OM et le Betis Séville ©Maxppp
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L'été dernier, ça a été le grand chambardement à l'Olympique de Marseille. Quelques jours après la reprise, Jorge Sampaoli décidait de claquer la porte. Il ne fallut que quelques instants à Pablo Longoria, le président de l'OM, pour lui trouver un successeur : Igor Tudor. De là, la préparation s'est mal passée, les résultats et le jeu n'étaient pas au rendez-vous et il a pu avoir quelques grosses prises de bec avec certains de ses éléments.

Puis est arrivée la première journée. Un OM-Reims à l'Orange Vélodrome. À son annonce par le speaker de l'Orange Vélodrome, son nom était conspué sans qu'on ne connaisse vraiment les raisons. La non-titularisation de Dimitri Payet ? Ses brouilles avec certains joueurs ? Juste le fait d'avoir remplacé Jorge Sampaoli ? Personne ne savait. Lors du second match dans l'antre de l'OM, il était à nouveau sifflé. Puis, plus rien.

Les résultats lui donnent du temps

Quelques mois plus tard, à force de jeu plutôt offensif (en Ligue 1) et de résultats (deux nuls et six victoires, toujours en Ligue 1), Igor Tudor a retourné tout son monde. Eric Roy, ancien joueur de l'OM explique : « pour lui, ça ne pouvait que s'améliorer. Ce que j'ai trouvé sympathique, c'est le discours qu'il tient après les premiers sifflets. Il a dédramatisé et il a expliqué que si cela pouvait protéger ses joueurs, ça lui allait. C'est plutôt une bonne réponse de sa part ». Tout en précisant, évidemment que le calendrier de l'OM était abordable, ce qui a aussi poursuivi de convaincre les dirigeants de l'OM de se lancer dans cette nouvelle aventure cet été.

L'ancien milieu de terrain a ensuite un peu tout fait dans le football : entraîneur, manager, recrutement. Il sait donc que les résultats sont primordiaux : « aujourd'hui, ce sont les résultats qui le protègent et grâce à cela qu'il a retourné le sentiment populaire ». Mais à son arrivée, le Croate n'a pas subi que la méfiance des supporters. En effet, certains joueurs, qui avaient carte blanche sous l'ancien entraîneur et qui l'aimaient beaucoup, rechignaient un petit peu.

« Quand les résultats sont là, c'est difficile de revendiquer des choses »

« L'entraîneur a toujours des soutiens dans le vestiaire. Notamment ceux qu'il fait le plus jouer. Il a aussi des détracteurs, ceux qu'il fait moins jouer. Quand on a 25 joueurs, tout le monde ne peut pas jouer. Quand un nouvel entraîneur arrive, cela rebat les cartes, ça remet en place les statuts. C'est aussi pour cela que les clubs changent d'entraîneur, pour recréer un peu de concurrence. Personnellement, en tant que joueur, j'ai connu cela à Marseille. Ma première année c'était Gérard Gili. Je m'entendais bien avec lui, j'étais important. À la fin de la saison, il a décidé de partir. Rolland Courbis est arrivé, tu repars d'une nouvelle page. Tu as envie d'être séduisant auprès de tout entraîneur. C'est l'état d'esprit qu'il faut avoir », poursuit Eric Roy.

Mais encore une fois, même avec des joueurs méfiants, les résultats donnent du temps au coach vis-à-vis de ses joueurs. « Quand un entraîneur gagne, il est inattaquable. Inattaquable par ses dirigeants, par les supporters et par son propre groupe. C'est compliqué quand t'es un joueur qui ne joue pas d'aller quémander plus de temps de jeu quand tous les week-ends, l'équipe qu'il a alignée gagne. C'est bien pour cela que les problèmes surgissent quand les résultats ne sont pas bons. Quand c'est le cas, les frustrations et les problématiques liées à un groupe ressurgissent. Les mecs parlent plus parce qu'ils sentent que le coach est en difficulté. Ils se sentent plus à même d'aller voir l'entraîneur, le président ou un membre du staff en revendiquant des choses. Quand les résultats sont là, c'est difficile de revendiquer des choses », détaille le Niçois.

Le cas Payet

On a aussi vu venir un autre problème que semble contenir Igor Tudor : Dimitri Payet. Le meneur de jeu était impressionnant sous Jorge Sampaoli et a été réduit à joker de luxe maintenant. Souvent, Tudor le protège en conférence de presse, enfin le peu de fois où il veut répondre au sujet du vice-champion d'Europe 2016. Mais Eric Roy s'interroge sur ce sujet.

« S'il joue moins avec Tudor, c'est qu'il y a des raisons. Ce n'est pas juste parce qu'il est moins bon. Est-ce que lui s'est remis en cause ? Je ne suis pas dans leur discussion, mais il y a quand même quelque chose d'anormal. Un joueur si important avec un entraîneur précédent, qui passe remplaçant avec l'entraîneur suivant, c'est une vraie question. Alors oui, il y a une différence de style dans le jeu. On sait que Tudor veut beaucoup d'efforts à la récupération, mais il faut être en forme. Est-ce qu'il l'est ? On sait que Dimitri son plus gros défaut, c'est ça, ne pas être à son poids de forme de temps en temps. Avec cet entraîneur c'est dur », explique-t-il. Pour le moment, le Croate est le seul coach de Ligue 1 avec Christophe Galtier à être invaincu. Et avant un enchaînement terrible, il va pouvoir encore glaner des points contre deux équipes réputées moins fortes : Angers et Ajaccio. Avant que la magie opère aussi, on l'espère, rapidement en Ligue des Champions.

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