L'OM connaît bien les transferts compliqués juridiquement

Le club phocéen a enrôlé le jeune milieu de terrain Pape Gueye. Une opération compliquée sur le plan juridique. Mais l'OM n'en est pas à son coup d'essai.

Franck Ribéry en 2006
Franck Ribéry en 2006 ©Maxppp

Ce mercredi, l'Olympique de Marseille a annoncé le recrutement de Pape Gueye, libre en provenance du Havre. Toutefois, l'histoire du milieu de terrain est un peu plus compliquée que cela. En effet, depuis janvier, il peut s'engager où bon lui semble pour poursuivre sa carrière de jeune joueur (21 ans). Il s'est donc mis d'accord, depuis le début de l'année civile, avec le club de Watford, avec qui il a signé un précontrat, garantissant sa présence pour la saison qui arrive.

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Finalement, s'estimant floué, le joueur a changé d'agent, pris un avocat, afin de se défaire de ce contrat et se retrouver à nouveau libre. Alors qu'il devait être présent à l'entraînement de l'écurie anglaise ce 1er juillet, c'est au Centre Robert Louis-Dreyfus qu'il était. Pour le moment, il n'a pas rompu son contrat avec Watford, mais l'OM estime qu'il y a trop d'irrégularités dans le contrat du joueur et l'engage donc libre. Toutefois, le club anglais devrait faire constater par un huissier sa non-présence. Et l'OM peut s'attendre à quelques représailles. Toutefois, l'OM a déjà connu deux cas dans un passé plus ou moins récent.

L'OM gagne dans le dossier Franck Ribéry

Le premier cas est celui de Franck Ribéry. En 2004, l'ailier démarre sa carrière professionnelle sur les chapeaux de roue avec Metz. Après à peine six mois en Ligue 1, dans les toutes dernières heures du mercato hivernal, il s'envole pour la Turquie et Galatasaray contre un chèque d'1,5 million d'euros. Mais une nouvelle fois, le joueur ne reste que six mois sur les rives du Bosphore et retrouve la France en s'engageant pour l'Olympique de Marseille.

Mais cette transaction est anormale. Franck Ribéry s'engage libre pour l'OM, après avoir résilié son contrat avec la formation stambouliotte, qui ne le payait pas depuis quatre mois. Le club turc engage une action en justice pour rupture abusive de contrat. Finalement, c'est Julien Fournier, aujourd'hui à Nice et à l'époque dans l'équipe de Pape Diouf à Marseille, qui obtient gain de cause devant la fédération internationale de football (FIFA) puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). « Dans le litige opposant Franck Ribéry et l'OM au club de Galatasaray SK, la FIFA a communiqué ce jour sa décision qui accède à la demande de l'OM et rejette l'intégralité des revendications du club turc. La FIFA a en effet établi que le joueur avait bien rompu son contrat de travail pour " juste cause ", et se trouvait donc libre de s'engager avec l'Olympique de Marseille. L'OM se félicite de voir la plus haute instance internationale du football reconnaître le bien-fondé de sa demande et le professionnalisme du club en matière de transfert », pouvait-on ainsi lire alors que Galatasaray réclamait 10 millions d'euros à l'OM.

François Clerc a versé 130 000 euros de dommages à l'OM

Une année plus tard, un autre cas se présente. Il ressemble même plus à celui de l'OM avec Gueye actuellement. En fin de contrat à la fin de la saison 2006-2007 avec l'Olympique Lyonnais, club où il est formé, le latéral droit, François Clerc, s'engage avec l'Olympique de Marseille pour la saison suivante le 9 février 2006. Pour l'anecdote, moins d'un mois plus tard, il sera international français (appelé par Raymond Domenech pour le match de l'équipe de France contre la Slovaquie).

Finalement, celui qui jouera, en tant que doublure de Willy Sagnol, l'Euro 2008 avec les Bleus ne rejoindra jamais l'OM et prolongera à à l'OL. Quatre ans plus tard, la cour d'appel d'Aix-en-Provence rend un arrêt condamnant François Clerc à verser 130 000 euros de dommages à l'OM, car il « n'a pas exécuté ses obligations » et était « tenu de respecter ses engagements souscrits ». Dans ces cas, l'OM a toujours obtenu gain de cause. Jusqu'ici ?

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