FC Barcelone - Atlético de Madrid : le 3-5-2 a transformé les deux équipes

Cette saison, les deux formations évoluent la majorité du temps en 3-5-2. Un même système, mais un jeu bien différent...

Lionel Messi face à l'Atlético
Lionel Messi face à l'Atlético ©Maxppp
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2021, c'est l'année du changement. En Espagne du moins, où, à défaut d'avoir des matchs passionnants, on a un sprint final haletant et des entraîneurs des locomotives qui ont tenté de nouvelles choses. C'est le cas des deux équipes qui vont s'affronter ce samedi dans celui qui peut être le match du titre. Véritable religion à Barcelone, le 4-3-3 a ainsi été mis au placard par Ronald Koeman en cours de saison. Du côté de l'Atlético de Madrid, Diego Simeone n'a jamais troqué son 4-4-2... jusqu'au début de la saison en cours, misant lui aussi sur un 3-5-2. Un système désormais à la mode en Espagne, à l'heure où la plupart des entraîneurs cherchent à limiter les espaces laissés à l'adversaire et jouer en transition rapide vers l'avant.

Curieusement, les motivations des deux entraîneurs ont été bien différentes. Clairement, le Néerlandais a choisi ce système pour solidifier une défense qui prenait trop souvent l'eau sur les premières semaines de compétition. Diego Simeone lui avait misé sur cette configuration tactique pour redonner un nouveau souffle à son animation offensive parfois trop morne les années précédentes, ce qui a particulièrement bien marché en première partie de saison. Deux paris globalement réussis, mais encore une fois, dans des circonstances bien différentes. Même si, sur le papier les deux équipes ont une disposition similaire, la vérité du terrain est totalement différente. A commencer par le secteur défensif, où Koeman a dû bricoler à de nombreuses reprises. Face à la méforme de Clément Lenglet, aux pépins de santé répétitifs de Samuel Umtiti et à la longue blessure de Gerard Piqué, l'ancien sélectionneur oranje a dû miser sur les jeunes Ronald Araujo et Oscar Mingueza, qui ont répondu présents et livrent régulièrement de belles prestations. Les deux joueurs issus du Barça B ont explosé, permettant à ce système de s'avérer gagnant, tout comme ce passage en 3-5-2 les a également aidé à se révéler.

Un même système... mais plus de différences que de similitudes

Frenkie de Jong a également joué en tant que libéro, avec pour volonté de sortir la balle proprement et rapidement. C'est d'ailleurs là que réside la première grosse différence avec l'Atlético : la relance barcelonaise se veut plutôt axiale, avec Jordi Alba et Sergino Dest qui entrent en contact avec le cuir à une position assez élevée. On cherche d'abord à toucher Busquets, Pedri ou l'ancien de l'Ajax. Tout le contraire chez les Colchoneros, où le premier relanceur est d'ailleurs très souvent Mario Hermoso, situé en tant que défenseur central gauche, qui tente plutôt de trouver un partenaire sur les ailes, souvent Yannick Carrasco, le piston gauche des Rojiblancos, ou Kieran Trippier, son pendant à droite. Point commun cependant : les quatre joueurs cités excellents dans cette configuration, ayant explosé et/ou amélioré leur niveau de prestation par rapport à la saison précédente.

Au milieu, c'est aussi assez différent. Du côté de l'Atlético, on retrouve souvent deux joueurs en position fixe, là où les Barcelonais ont beaucoup plus de libertés, que ce soit au niveau des déplacements sur le terrain que sur le plan créatif. La raison ? La présence de Busquets côté catalan, qui permet aux deux autres milieux de s'épanouir, alors que les Madrilènes jouent eux sans milieu défensif, un joueur comme Koke étant donc un peu bridé et Thomas Lemar est souvent le seul joueur à ne pas avoir de restrictions. Chez les Catalans, on cherche avant tout la combinaison dans les petits espaces, porter le ballon vers l'avant avec une certaine touche de verticalité tout de même, là où les Colchoneros eux veulent percuter, avec ce duo létal Trippier-Llorente sur le côté droit. On retrouve toujours cette volonté de faire mal sur les flancs chez les hommes du Cholo, là où les Barcelonais se servent plutôt des côtés comme de points d'appui ou d'éléments utiles pour élargir le jeu. Il n'est cependant pas rare du tout, chez les deux, de voir les pistons terminer les actions dans la surface.

Plus de flexibilité et de liberté côté catalan

Devant, la présence de Messi conditionne tout. Le Barça joue d'ailleurs souvent, curieusement, avec uniquement deux joueurs à vocation purement offensive : l'Argentin et un deuxième attaquant, Griezmann ou Dembélé, au choix. Pas de véritable numéro 9, mais surtout, pas de point de fixation devant, ce qui a logiquement ses avantages, et ses inconvénients. Là où on retrouve des similitudes au niveau de l'animation offensive, c'est que tous deux équipes cherchent à trouver la profondeur assez rapidement. C'est surtout le cas lorsque Koeman mise sur Ousmane Dembélé en tant que référence offensive, comptant sur la salle des machines du milieu de terrain et Messi pour envoyer un dernier ballon létal. Côté Colchonero, même son de cloche, mais ce n'est pas forcément Suarez qui est cherché en priorité dans ce cas de figure, mais plutôt Marcos Llorente, Yannick Carrasco ou Angel Correa lorsqu'il est sur la pelouse.

Luis Suarez est lui le point de fixation devant, et c'est là qu'est l'autre grosse différence avec ce qui se passe dans son ancien club. N'intervenant que très peu dans le jeu, la tâche de l'Uruguayen est claire : profiter du moindre ballon traînant dans la surface ou à ses abords pour l'expédier au fond. Concrètement, l'élaboration du jeu colchonero se fait à neuf joueurs de champ, contre dix pour les Catalans, voire même onze au vu du jeu au pied excellent de Marc-André ter Stegen. Là aussi, il y a des avantages et des inconvénients : le jeu barcelonais est moins prévisible, mais face à une défense bien regroupée, l'absence d'un renard se fait sentir. Chez les Madrilènes, le jeu offensif est donc moins fluide, mais la présence d'un attaquant de pointe devant, et pas des moindres, peut permettre de débloquer des situations plus facilement. En plus de libérer des espaces et des défenseurs pour ses partenaires. Vous l'aurez compris, ces deux 3-5-2 n'ont donc pas grand-chose à voir. Reste à savoir si le 3-5-2 à la sauce Koeman pourra renverser le 3-5-2 signé Simeone, et vice-versa...

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