Liverpool-Manchester City : les notes du match

Liverpool a fait un grand pas vers la qualification en battant, en quart de finale aller de la Ligue des Champions, Manchester City à Anfield sur le score de 3-0. Klopp a gagné son duel face à Guardiola.

Salah et Liverpool ont puni Manchester City
Salah et Liverpool ont puni Manchester City ©Maxppp

Klopp vs Guardiola, deux équipes résolument tournées vers l’attaque : ce Liverpool-Manchester City ressemblait à une promesse de voir du beau football, dans un match à enjeu de Ligue des Champions. Seule équipe anglaise à avoir battu Manchester City cette saison (4-3 à Anfield en Premier League), Liverpool entamait la rencontre avec une grosse intensité mais très vite laissait le ballon aux Citizens pour une longue séquence de possession. Bien regroupés, les hommes de Klopp guettaient la contre-attaque. Elle allait arriver à la 12e minute. Alerté en profondeur, Salah lançait à son tour Firmino, qui résistait à Otamendi mais perdait le ballon. Walker, peu inspiré, tardait à dégager et laissait le temps à Firmino de pousser le ballon vers Salah, qui fusillait Ederson (1-0, 12e).

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Ce but galvanisait les Reds, qui sortaient définitivement de leur camp, pour augmenter la pression sur les Citizens. Et après un gros pressing et un ballon arraché par Milner, Oxlade-Chamberlain décochait une frappe terrible aux 20 mètres qui laissait Ederson impuissant (2-0, 21e) ! Sonnés, les hommes de Guardiola en perdaient même leur qualité technique, ne parvenant plus à enchaîner les passes dans le camp adverse. Liverpool allait en profiter, porté par ce début de match idéal. De nouveau touché côté droit, Salah déposait un centre parfait sur la tête de Mané, qui piquait victorieusement sa balle (3-0, 31e) ! 3-0 à la demi-heure de jeu, un score surprenant mais mérité pour des Reds euphoriques et en pleine réussite. À l’inverse, City balbutiait son football, à l’image de De Bruyne et Silva, parfaitement contenus par le milieu adverse. Otamendi décochait bien une frappe lointaine (45+1e), mais c’était trop peu pour mettre en danger Karius.

Man City domine... mais c'est tout

Au retour des vestiaires, Manchester City montrait plus d’agressivité et tentait de plus écarter le jeu. Leroy Sané, pas très inspiré, enchaînait malheureusement les mauvais choix sur son côté gauche, entre centres ratés ou excès d’individualisme. Surtout, il tombait sur un Alexander-Arnold toujours aussi surprenant. Toutefois, il fallait noter l’abandon total du ballon aux Citizens, les Reds se contentant désormais de bien défendre, regroupés dans leur camp. Salah était, qui plus est, obligé de sortir dès la 52e minute, touché aux adducteurs. Wijnaldum entrait en jeu, tandis que Guardiola lançait Sterling sur le côté droit.

Cependant, pas de véritable révolte de la part des Citizens. De la possession, la balle qui circule d’une aile à l’autre, mais pas suffisamment de vitesse dans les enchaînements pour déstabiliser une défense des Reds bien en place. Résultat, l’intensité de la rencontre retombait, la faute aussi à Liverpool qui ne contrait plus avec la même fougue. Les hommes de Klopp avaient toutefois le mérite de très bien défendre, à l’image de sa ligne de 4 arrières parfaitement concentrés et vigilants. L’entraîneur allemand fermait la boutique à la 85e en sortant Oxlade-Chamberlain pour faire entrer Moreno. Cela marchait et Liverpool pourra donc démarrer le match retour avec une avance de trois buts, et surtout, sans but encaissé à domicile. Une sacrée performance.

Retrouvez le film de la rencontre sur notre live commenté.

L'homme du match : James Milner (8) : quelle détermination, quel abattage ! Milner, c’est le footballeur anglais dans toute sa splendeur, avec un engagement total. Si Liverpool a fait autant de mal aux Citizens en première période, il le doit en grande partie à l’acharnement de son joueur à défendre, presser et récupérer le cuir. A l’image de son engagement sur le but d’Oxlade-Chamberlain. Jusqu’à la fin, on l’a vu défendre et intervenir avec une autorité impressionnante, tout en continuant à aller presser dès qu’il le pouvait dans le camp adverse. C’est simple, il était partout ! Un match plein de la part d’un véritable guerrier !

Liverpool :

Karius (6) : il a finalement passé un match très tranquille et il le doit en grande partie à ses coéquipiers, qui n’ont rien laissé passer. Pourtant, il a mal lancé sa partie, avec deux dégagements plutôt ratés. Il s’est repris dans son jeu au pied. Et n’a jamais montré le moindre signe de fébrilité.

Robertson (6,5) : une grosse activité et beaucoup de punch dans son couloir gauche. Il a multiplié les montées rageuses sur son aile, mais n’a pas eu beaucoup de réussite dans ses centres. Sans véritable adversaire direct, il a surtout dû contrôler Walker. Ce fut délicat au début, mieux géré ensuite. L’entrée de Sterling l’a forcé à rester plus vigilant, mais il a assuré avec un calme remarquable.

Lovren (7) : l’ancien Lyonnais est capable du meilleur comme du pire. Ce soir, ce fut le meilleur. De la vigilance, un bon placement et un jeu de tête toujours aussi efficace. Il a éteint facilement Gabriel Jesus en première période et s'est montré très solide en seconde période lorsque Manchester City accentuait la pression.

Van Dijk (6) : l’autre tour de contrôle de la défense des Reds a vécu un match finalement assez tranquille, aidant Lovren à totalement effacer Gabriel Jesus du match. Son gabarit imposant l’a bien aidé, face au léger Brésilien. Un match impeccable.

Alexander-Arnold (7) : le jeune latéral de 19 ans a été épatant. D’abord car il a su résister sans craquer bêtement ni faire de faute quand Sané le passait. Puis il a de mieux en mieux senti les coups, jaillissant souvent à-propos. Il a alors montré une belle complicité avec Salah et poussé Sané à défendre. Plusieurs retours défensifs de qualité. Un match forcément formateur pour ce joueur plein d’avenir.

Henderson (6) : le capitaine et patron de l’entrejeu de Liverpool. Il a parfaitement régulé le tempo, impulsé le pressing et replacé ses partenaires du milieu. Résultat, beaucoup de ballons grattés en première période. Plus en retrait après la pause, il a joué un cran plus bas, ce qui n’a pas empêché de bons jaillissements.

Milner (8) : voir ci-dessus

Oxlade-Chamberlain (6,5) : d’abord le moins en vue du milieu à trois de Liverpool, mais il s’est brillamment distingué avec son but, d’une frappe puissante et limpide à la 21e. Un but comme il les aime, lui qui avait déjà fait vaciller Man City en Premier League. Moins de récupérations que ses compères, mais un bon positionnement et une bonne discipline défensive. Il est passé à droite après la sortie de Salah mais n’a pas réussi à faire de différences face à Laporte. Remplacé à la 85e par Moreno.

Mané (7,5) : c’est un poison pour l’adversaire. Il donne l’impression parfois d’être loin de la balle et le voilà, l’image d’après, au contact, prêt à exploiter une erreur adverse. Après un début de match timide, il est monté en régime, cherchant à combiner avec Firmino et Salah dès que possible. Il a parfois éliminé Otamendi avec une facilité déconcertante. On notera bien sûr son beau but de la tête (31e), un domaine où il est loin d’être mauvais puisqu’il a gagné plusieurs duels aériens durant la rencontre. Très discipliné défensivement, il a aidé Robertson.

Firmino (6,5) : lui n’a pas marqué, mais comment nier son importance dans le jeu offensif des Reds. Une bonne tenue de balle dos au but, une aide précieuse dans le replacement, quelques bonnes orientations. Il joue un rôle décisif sur le premier but en allant chiper le ballon à Walker. Remplacé à la 71e par Solanke, qui s’est distingué par deux-trois accélérations, un peu esseulé, dans le camp adverse. Mais a mal exploité un ou deux contres.

Salah (8) : l’Égyptien a livré un nouveau récital. Si ses premières prises de balle n’ont pas été bonnes, il a définitivement lancé son match à la 12e minute, avec un bon ballon en profondeur pour Firmino et un sacré opportunisme pour ouvrir la marque. Ensuite, chaque ballon touché ou presque a été bonifié et il a fait vivre un mauvais moment au Français Aymeric Laporte. Crochets courts, talonnade, centres, tout y est passé. Il a ajouté une passe décisive, d’un centre chirurgical pour la tête de Mané. Malheureusement touché aux adducteurs, il a dû céder sa place à la 52e minute à Wijnaldum, qui s’est mis dans le ton de la seconde mi-temps, en défendant correctement.

Manchester City :

  • Ederson (4) : le dernier rempart des Citizens a vécu un match particulièrement cruel. Face à une insolite efficacité des attaquants des Reds, le portier auriverde n'a pas eu énormément de parades à réaliser. Pour faire simple, presque à chaque tir cadré, il a dû aller chercher le ballon au fond des ses filets. Heureusement pour lui, les Reds n'ont pas approché sa cage en deuxième période. Frustrant.

  • Walker (4) : le latéral droit anglais s'est permis beaucoup de liberté sur son couloir droit, au point d'évoluer parfois en tant qu'ailier dans le premier acte. Sa vitesse a beaucoup gêné son homologue Robertson. Mais la tendance s'est rapidement inversée. Et ses lacunes défensives se sont fortement fait ressentir, comme peuvent en témoigner les nombreux boulevards laissés à l'arrière gauche des Reds dans son couloir.

  • Kompany (3) : le capitaine des Skyblues n'a pu qu'assister au naufrage de son équipe. Et il y a assisté aux premières loges. Il a tenté de sortir les rames pour maintenir le navire à flot, mais face à la vivacité des joueurs offensifs des Reds, il a semblé dépassé. Le poids de l'âge s'est semble-t-il fait ressentir. Malgré son expérience, il a été loin d'être un gage d'assurance pour les siens ce soir. Manque de mordants, manque d'agressivité, match à oublier.

  • Otamendi (3,5) : d'habitude si solide, le guerrier argentin a souffert face aux contres éclairs des Reds. Il faut dire que son adversaire direct du soir, Firmino, ne lui a pas facilité la tâche, en se déplaçant constamment entre les lignes Cependant, on ne pourra pas lui enlever sa détermination à toute épreuve, comme en témoignent ses montées dans le camp adverse pour tenter d'apporter le surnombre (45+1) ou encore d'apporter sa présence dans le domaine aérien (51e, 69e).

  • Laporte (3,5) : la recrue hivernale des Citizens a été aligné à un poste de latéral gauche ce soir. Un poste inhabituel pour le défenseur français, et cela s'est ressenti. Il a parfois semblé manqué de repères dans son couloir gauche. Pour ne pas rien arranger, il avait face à lui un adversaire de taille en la personne de Mohamed Salah qui lui en a fait voir de toutes les couleurs. Il était certainement le plus heureux à la sortie sur blessure de ce dernier. Il a vécu un deuxième acte plus tranquille mais son apport sur le plan offensif a été inexistant.

  • Fernandinho (3,5) : la sentinelle brésilienne a pris l'eau de toutes parts dans le premier acte. Dans une équipe coupée en deux, il s'est souvent retrouvé seul à combler les brèches laissées par ses partenaires lors des phases offensives des Reds. Face à Salah&co, il n'a pu que constater les dégâts. En deuxième période, l'apathie des joueurs offensifs adverses a certainement dû le soulager.

  • Gündoğan (2) : le milieu allemand s'est fait aspirer par l'entrejeu des Reds ce soir. Totalement absent dans les duels, il a vécu un véritable calvaire lors du premier acte. Dépassé dans l'engagement, il n'a pas su élever son niveau de jeu ce soir. Pourtant, son équipe a eu la possession de balle dans le premier acte, domaine dans lequel il excelle d'habitude. Remplacé par Sterling à la 57ème minute qui a tenté d'apporter sa fraîcheur et sa vitesse, mais le bloc compact des Reds a su limiter son activité.

  • De Bruyne (4) : positionné plus bas qu'à l'accoutumée dans un rôle de relayeur, le milieu belge n'était pas dans les meilleures dispositions pour faire apprécier sa patte technique. Très loin des cages adverses, il a alors endossé le costume de métronome du jeu des Citizens. Mais face à un bloc très resserré, il n'est pas parvenu à trouver la passe pour casser les lignes adverses. Et comme bon nombre de ses coéquipiers ce soir, il n'a pas su élever son niveau de jeu pour ce rendez-vous de gala. Match frustrant pour un joueur de son talent.

  • David Silva (3) : sur le papier, le maestro espagnol a été aligné un cran plus haut que d'habitude, dans le couloir droit. Mais sur le terrain, ce dernier est redescendu la plupart du temps pour organiser le jeu de son équipe. D'ordinaire si habile, il a semblé particulièrement éteint, au point de ne faire aucune différence pour les siens, que ce soit par une passe ou un dribble. Sa patte technique sur les phases arrêtées n'a également pas su faire la différence. Impuissant.

  • Sané (2,5) : il est l'un des facteurs X de l'effectif de Guardiola. Mais pour ce rendez-vous de gala, l'ailier virevoltant allemand n'a pas troqué son plus beau costume. Pourtant, sa vitesse et sa capacité de percussions ont fait du mal à l'adversaire dans le premier quart d'heure. Malheureusement pour les siens, il a fait preuve de beaucoup d'imprécisions dans le dernier geste à l'image de ses nombreuses frappes non cadrées (5e, 14e, 52e). Et au fur et à mesure que le tableau d'affichage évoluait en faveur des Reds, Sané disparaissait de la circulation à petit feu. Malgré la sensation qu'il dégage de pouvoir faire la différence sur un pas, il a fait preuve de trop de déchets dans son jeu et pris de mauvaises décisions. Son manque de maturité dans le jeu s'est fait cruellement ressentir.

  • Gabriel Jesus (2) : en l'absence d'Agüero, le numéro 9 brésilien avait la lourde tâche d'être à la pointe de l'attaque des Citizens. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a failli à sa mission. Transparent, il a erré comme une âme en peine sur le front de l'attaque des Citizens. On a parfois eu le sentiment qu'il se cachait derrière Lovren et Van Dijk pour ne pas recevoir le ballon. Une prestation insipide. S'il est parfois comparé comme la relève du Kun, il n'a clairement pas su assumer la comparaison.

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