Leverkusen, Leicester, Montpellier : ces champions qui étaient totalement inattendus

Par Aurélien Macedo
7 min.
Jamie Vardy, Florian Wirtz et Olivier Giroud. @Maxppp

Vainqueur de la Bundesliga ce dimanche après un carton 5-0 contre le Werder Brême, le Bayer Leverkusen a ponctué une saison XXL où il a roulé sur le championnat allemand. L’équipe de Xabi Alonso rejoint le clan des champions inattendus du 21e siècle.

Neverkusen n’est plus, place au Bayer Leverkusen. Outsider éternel du football allemand jusque-là, le Bayer Leverkusen avait enchaîné les podiums avec notamment cinq échecs à la deuxième place entre 1997 et 2011. Maudit et moqué pour son statut de looser magnifique, le club allemand a enfin mis fin à la malédiction cette saison en l’emportant grâce au bon travail réalisé depuis l’arrivée de Xabi Alonso sur son banc. Reléguant le Bayern Munich à 16 points à cinq journées de la fin après 11 années de domination bavaroise, l’exploit est grand pour le Werkself qui peut même terminer l’exercice invaincu. Sacré après cette victoire 5-0 contre le Werder Brême, le Bayer Leverkusen n’est pourtant pas la première surprise en Bundesliga dans ce siècle. Alors que le Bayern Munich n’a lâché que 7 titres sur cette période dont 3 glanés par le Borussia Dortmund, on peut penser au sacre surprenant du Werder Brême en 2003/2004. Jamais classée au-dessus de la sixième place depuis 1995, l’équipe de Johan Micoud, Ivan Klasnic, Ailton et Valérien Ismaël parviendra à l’emporter face au Bayern Munich et s’établira ensuite pour quelques saisons dans le gratin du football allemand. Il s’agissait du quatrième titre du Werder dans son histoire.

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Trois ans plus tard, le Bayern Munich est dans le dur et ne termine que quatrième de l’exercice. Un club en profite à la surprise générale, il s’agit du VfB Stuttgart qui remporte son cinquième sacre (le premier depuis 1992) lors de cette saison 2006/2007. Depuis leur précédent sacre, les Souabes alternaient entre le milieu de tableau et les places européennes sans vraiment jouer le titre. Enfin, on peut aussi évoquer la sensation incarnée par le VfL Wolfsbourg. Promus en Bundesliga pour la première fois de leur histoire en 1997, les Loups jouaient uniquement le maintien ou les places européennes jusque-là avec comme meilleur résultat une cinquième place en 2008. Guidé par son duo magique Grafite (28 buts) et Edin Dzeko (26 buts), Wolfsbourg coiffera le Bayern Munich de deux points pour remporter le premier et seul titre de son histoire. Si on remonte juste avant le 21e siècle, on peut aussi citer Kaiserslautern qui malgré son statut de promu a été sacré champion lors de la saison 1997-1998 avec Michael Ballack et Andreas Brehme dans ses rangs.

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L’exploit Leicester, Montpellier et Lille pour la France

En Angleterre, Chelsea, Manchester United, Manchester City et Arsenal ont monopolisé les titres depuis que le championnat s’appelle Premier League (1992). Certes sacré en 2020 après 30 ans d’attente, Liverpool n’est clairement pas une surprise aussi puisque les Reds avaient remporté la Ligue des Champions l’année d’avant tout en obtenant 97 points en championnat, un record pour un dauphin. Si on excepte la surprenante formation de Blackburn Rovers 1994-1995 du grand Alan Shearer qui remonte déjà à quasiment trente ans, un souvenir plus récent demeure : Leicester City 2015/2016. Une équipe surprenante guidée par Claudio Ranieri où N’Golo Kanté, Jamie Vardy et Riyad Mahrez vont exploser à la vue du monde. Pour ce qui est du reste de l’équipe, quelques bons joueurs comme Kasper Schmeichel, Christian Fuchs, Danny Drinkwater ou Marc Albrighton et des joueurs d’une saison comme Wes Morgan, Robert Huth et Danny Simpson. Jouant le maintien la saison précédente (14e), Leicester était encore lanterne rouge à sept journées de la fin. Un an plus tard, ils ont roulé sur la Premier League en mettant Arsenal leur dauphin à dix points.

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En France, on a eu quelques moments marquants aussi. Le huitième sacre de Nantes en 2001 intervenait après trois saisons compliquées (mais deux Coupes de France glanées) pour les Canaris qui étaient plutôt outsiders. Lille a aussi étonné en étant champion en 2011 après 47 ans d’attente, mais était déjà un club outsider régulièrement placé en Ligue 1. S’ils figuraient dans les prétendants au titre, les Nordistes apparaissaient moins expérimentés à l’époque que l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais. En 2021, les Dogues ont encore surpris en soufflant le titre au Paris Saint-Germain alors qu’on les attendaient davantage dans la course au podium. Quelques petites surprises, mais la principale reste celle de 2012 avec Montpellier qui a remporté la Ligue 1 pour la première fois de son histoire. Promus deux ans plus tôt, les Héraultais d’Olivier Giroud, Rémy Cabella et Younés Belhanda ont su coiffer tout le monde dont le Paris Saint-Germain - qui lançait l’ère QSI - alors que le club restait sur une quatorzième place à trois points de la zone rouge l’année précédente.

Moins de surprises en Italie et en Espagne

En Serie A, il n’y a pas eu de surprises à proprement parler au 21e siècle et il faut remonter à 1991 et au sacre de la Sampdoria pour voir une équipe décrocher le premier sacre de son histoire. Néanmoins, on peut noter quelques belles histoires avec le second titre de la Lazio en 2000 après 26 ans d’attente et avec l’avènement de nouveaux talents comme Alessandro Nesta, Dejan Stanković ou encore Juan Sebastian Veron. L’année suivante, c’est l’AS Roma guidée par Francesco Totti qui allait l’emporter après 18 ans d’attente et pour la troisième fois de son histoire. L’année dernière, le Napoli a lui aussi glané son troisième sacre porté par Victor Osimhen et un Khvicha Kvaratskhelia inconnu du grand public en début de saison. Comme les deux clubs romains, les Partenopei ont quitté leur statut d’outsider le temps d’une saison pour aller mettre fin à 33 années d’attente.

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Pour ce qui est de la Liga, là aussi la surprise est relative dans certains cas à l’image de l’Atlético de Madrid 2013/2014 qui allait faire passer un cap à l’équipe de Diego Simeone et faire oublier une attente de 18 ans. Depuis, les Colchoneros ont gagné le titre en 2020/2021, mais celui-ci était davantage attendu. Valence a aussi jouer les premiers rôles au début des années 2000 en l’emportant en 2002 et en 2004. Le premier titre est arrivé après 31 ans d’absence et le second a confirmé la belle période d’une génération dorée des Murciélagos. La plus grosse surprise récente en Liga est sans doute le Deportivo La Corogne 1999-2000. Une équipe brillante avec Roy Makaay, Pedro Miguel Pauleta, Noureddine Naybet, Mauro Silva ou encore Lionel Scaloni l’actuel coach de l’Argentine qui aura marqué son époque. Devenu un outsider dans les années 1990, le club de Galice jouera les premiers rôles jusqu’à notamment cette demi-finale de la Ligue des Champions 2004 avant de décliner. Aujourd’hui le Super Depor n’est plus et la formation de La Corogne lutte pour remonter en deuxième division espagnole.

Et ailleurs cela donne quoi ?

Si l’on regarde en dehors des cinq plus grands championnats européens, on peut compter d’autres surprises sur les dernières années. En Belgique on peut noter le titre de La Gantoise, le seul de l’histoire des Buffalos en 2014/2015 ou bien dans une autre mesure celui d’Antwerp l’an dernier après 66 ans de disette. Aux Pays-Bas depuis plus de 40 ans, le trio Ajax Amsterdam, PSV Eindhoven et Feyenoord monopolise tous les titres à l’exception de deux, à savoir la saison 2008/2009 où l’AZ Alkmaar coaché par Louis van Gaal a été champion. La saison suivante, le FC Twente de Bryan Ruiz et du jeune Luuk de Jong était champion pour la première et seule fois de son histoire. Pour ce qui est de la Russie, le Rubin Kazan est devenu un gros club du championnat seulement six ans après ses débuts dans l’élite et avec son sacre acquis en 2008. Le club du Tatarstan confirmera en l’emportant en 2009 également avant de doucement décliner.

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En Turquie, les clubs d’Istanbul (Galatasaray, Besiktas et Fenerbahçe) font la loi et parfois Trabzonspor se glisse dans la lutte. Néanmoins, deux clubs ont su griller la politesse aux cadors du championnat. Récemment, İstanbul Başakşehir a ainsi su s’imposer lors de la saison 2019/2020 en confirmant une montée en puissance de plusieurs années. De manière plus surprenante en 2009/2010, c’est Bursaspor qui a été champion avec aucun joueur qui n’ont réellement confirmé par la suite. La chute des Crocodiles a été terrible puisqu’ils sont actuellement 18e sur 19 dans leur groupe de troisième division turque. En Grèce, le PAOK Salonique, récompensé en 2018/2019 sous la houlette d’Abel Teixeira, attendait depuis plus de trente ans un titre face à la domination des clubs de la capitale et de sa banlieue (AEK Athènes, Olympiakos et Panathinaikos). Enfin en Tchéquie, le Banik Ostrava a été champion en 2003/2004 pour la première fois de son histoire. Le Bayer Leverkusen fait désormais partie de cette longue liste de champions inattendus…

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