Notes du match Ligue des Champions

PSG - Tottenham : les notes du match

Au terme d’un match riche en buts, le PSG a pris le meilleur sur Tottenham ce mercredi soir (5-3). Portés par un Vitinha auteur d’un triplé, les Parisiens enregistrent un quatrième succès en C1, qui leur permet de s’adjuger la deuxième place du classement. De quoi leur permettre d’envisager l’avenir plus sereinement, avec certainement une place dans le top 8.

Par La Rédaction FM
14 min.
Vitinha @Maxppp

Oublier le premier accroc de la saison européenne du PSG, avec une défaite à domicile face au Bayern Munich, voilà quelle était la mission des hommes de Luis Enrique ce mercredi soir avec la réception de Tottenham. Deux équipes à la dynamique opposée, le PSG semblant monter en puissance pendant que les Spurs ont encaissé une sévère défaite face à Arsenal le week-end dernier. Avec son milieu de terrain idéal (Vitinha-Neves-Ruiz) et Ndjantou en pointe, le PSG était pourtant bel et bien bousculé en début de rencontre, pris par l’agressivité de son adversaire anglais dans les duels, mais protégé par le déchet technique dans le dernier geste. Il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent offensivement, hormis une frappe puissante mais non cadrée de Fabian Ruiz (8e), puis une similaire signée Kvaratskhelia (18e). Le trio offensif, incarné par Kvara, Barcola et Ndjantou peinait à se distinguer. Zaïre-Emery, encore très actif ce soir, profitait d’un caviar de Vitinha pour s’infiltrer mais ne pouvait conclure (20e). Et puis… c’était tout, et si peu. Sans idée, sans rythme, sans précision technique, le club parisien ne faisait largement pas assez pour déstabiliser le bloc bas et compact de Tottenham.

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Et comme souvent dans ces cas-là, la sanction n’est jamais loin. Et elle allait être infligée par, entre autres, Randal Kolo Muani, qui remettait intelligemment de la tête un centre de Gray sur Richarlison, qui n’avait plus qu’à conclure (0-1, 35e). Une douche froide, qui ne réveillait qu’à peine les Parisiens. Heureusement, Vitinha allait sortir tout le monde de la torpeur avec un missile envoyé depuis l’extérieur de la surface, après un corner joué à deux (1-1, 45e). De quoi sauver la première période du PSG in extremis. Mais la performance parisienne ne s’améliorait guère à l’entame de la deuxième période, et Tottenham reprenait l’avantage.

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Triplé de Vitinha, doublé de Kolo Muani

Sur un corner tiré par Pedro Porro, c’est Richarlison qui remettait cette fois, Chevalier tardait à sortir sur Gray, Pacho sauvait sur sa ligne mais Kolo Muani était là pour conclure (1-2, 50e). Le Parc a souvent attendu des buts de l’international français, et RKM alimentera la longue liste des exs du PSG qui viennent se venger. De nouveau dans les cordes, le club parisien s’en remettait de nouveau à son talisman Vitinha, qui enroulait cette fois du gauche à l’entrée de la surface (2-2, 53e). Et enfin on retrouvait une équipe affamée au pressing, à l’image de Lucas Hernandez qui avait remplacé Nuno Mendes à la pause, qui venait chiper le cuir à Sarr. Neves prolongeait d’une talonnade vers Fabian Ruiz qui ajustait Vicario de son pied gauche (3-2, 59e).

Paris prenait les devants, et allait même s’envoler, sur corner, avec un poil de chance, Pacho envoyant, du pied droit, un ballon qui traînait au fond des filets (4-2, 65e). Plié ? Eh bien non, puisque Vitinha se loupait sur une relance, et c’est l’insubmersible Randal Kolo Muani qui en profitait pour passer en revue la défense et allumer Chevalier (4-3, 73e). La soirée prenait une tournure plus farfelue à chaque but, et cela continuait avec un penalty obtenu par Vitinha, qui voyait une nouvelle frappe être contrée du bras par Romero. Le Portugais se faisait justice lui-même pour s’offrir un improbable triplé, sur penalty (5-3, 76e). Le PSG pouvait souffler à la 84e minute, avec la sortie de Randal Kolo Muani, toutefois remplacé par un autre ex, Xavi Simons. S’il n’a pas marqué, ce dernier a été à l’origine de l’expulsion de Lucas Hernandez, pour un coup de coude totalement inutile (93e). Une petite ombre au tableau qui ne gâchera pas le constat principal : avec ce 4e succès en 5 rencontres, le PSG grimpe à la 3e place du classement de la Ligue des Champions.

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L’homme du match : Vitinha (9) : vingt minutes durant lesquelles il a été plutôt discret, avant de poser ses fondations sur la pelouse du Parc des Princes. Le Portugais distribue un ballon téléguidé pour Zaïre-Emery, qui lui annule une passe décisive (21e), puis il frotte la lampe du génie : il envoie un caramel dans le but de Vicario, bien aidé par la barre transversale (45e), puis sonne encore la révolte d’une frappe du gauche pour égaliser quand son équipe est dos au mur (53e). S’il est coupable sur le deuxième but de Kolo Muani avec cet excès de confiance devant sa surface (72e), il se rachète en s’offrant le premier triplé de sa carrière, sur un penalty obtenu par ses soins (76e). Une performance d’un TOP 3 Ballon d’Or. Remplacé par Zabarnyi (90+4e).

PSG :

- Chevalier (3) : juger sa première période reviendrait presque à juger son jeu au pied. Pour le reste, la soirée de l’ex-Lillois fut peu enthousiasmante. Il ne peut pas faire grand-chose sur le but de Richarlison quand sa défense l’abandonne (35e), mais sa lecture, imprécise, permet à Gray de le devancer sur le deuxième (53e). C’est dans ces matchs qu’il doit être décisif, et il ne l’a pas non plus été sur le deuxième but de Kolo Muani (72e). 1 seul arrêt ce soir.

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- Zaïre-Emery (5,5) : dans ce rôle hybride entre latéral droit et relayeur, l’international tricolore a parfois diffusé la sensation de se chercher. Il n’a pas toujours fait les bons choix avec ballon, et se trompe encore face à Vicario après un caviar de Vitinha (21e). Il oublie également Gray sur le but de Richarlison (35e). Un bon centre gâché par Barcola (53e), et une deuxième période de meilleure facture où on l’a senti plus impactant, et plus influent.

- Marquinhos (5) : 500e match sous les couleurs du PSG, mais certainement pas le meilleur pour le défenseur brésilien. Il réalise une intervention en pompier en début de match, mais apparaît sur la photo de famille du but de Richarlison quand il oublie son compatriote dans son dos (28e). Il est malheureux sur le but de Kolo Muani lorsqu’il dévie le ballon dans son propre but (53e), et ne peut que constater les dégâts sur le troisième. Quelques interventions brûlantes et rassurantes quand l’air commençait à se raréfier pour son équipe en seconde période. Il est exemplaire sur la fin de match.

- Pacho (7,5) : L’Equatorien avait activé le mode sans échec en première période. Il a fait subir sa loi à quiconque osait s’aventurer dans sa zone. Intouchable dans les airs, solide et autoritaire au contact, il a aussi montré qu’il était le taulier de cette défense parisienne quand le bateau tanguait. C’est encore lui qui sort le ballon sur sa ligne avant le second but anglais (50e), et il est récompensé par ce but après une partie de flipper (65e). Un peu trop gentil sur le deuxième but de Kolo Muani avec Lucas Hernandez.

- Mendes (4) : il ne démarre pas sa rencontre par le bon bout, et se rend coupable d’une certaine naïveté dans un duel avec Pape Matar Sarr qui expose son équipe. Les Spurs ont su limiter son influence en première période, et il est par ailleurs fautif sur le but de Richarlison en laissant tout le loisir à Kolo Muani de remiser le ballon de la tête (28e). Remplacé par Lucas Hernandez (3), pas vraiment mis à contribution au départ. Mais il doit être bien plus méchant sur le deuxième but de Kolo Muani, où il est totalement battu. Il prend un carton rouge pour le moins stupide après un coup inutile adressé à Xavi Simons (90+3e).

- Neves (6,5) : il a réussi 45 de ses 46 passes tentées en première mi-temps, en étant guidé par l’envie d’aller de l’avant. Sa relation technique avec Vitinha et Fabian Ruiz a également permis aux Parisiens de se sortir du pressing de Tottenham sur plusieurs séquences, même si on l’a senti moins influent que sur ses dernières sorties (Thomas Frank avait aussi probablement cherché à limiter son influence vu sa forme actuelle). En seconde période, c’est son pressing et sa talonnade qui font la différence sur le but de Ruiz (59e). Il sème encore la zizanie dans la défense des Spurs pour le but de Pacho (65e). Du bon Neves.

- Vitinha (9) : voir ci-dessus

- Ruiz (7) : il a généré de l’incertitude par ses frappes, ses orientations, ses projections, ses déplacements entre les lignes. L’Espagnol a aussi souvent été le troisième homme quand Paris s’est sorti de la pression des Spurs en première période. Il a également été précieux dans sa gestion des temps faibles. Il est finalement récompensé en seconde période par ce but quand il ajuste parfaitement Vicario après un gros travail de Neves (59e).

- Barcola (3) : c’est peu dire qu’il ne parvient pas à retrouver son allant du championnat dès que la Ligue des Champions s’invite. L’international tricolore n’arrive pas à briser ce plafond de verre, et ses 4 buts en 32 matchs de C1 disent beaucoup de son impuissance face à cette situation. Il a rarement respecté le jeu, s’embarquant dans des séries de dribbles quand l’option collective faisait davantage sens. Il gâche aussi un très bon centre de Zaïre-Emery avec un coup de tête complètement raté (53e). Remplacé par Lee (56e), qui a apporté de la vie et généré du danger. Il met Vicario à l’épreuve de loin (67e) et est l’auteur du centre sur le but de Pacho (65e).

- Ndjantou (5,5) : c’était l’invité surprise du onze de Luis Enrique, et il n’a pas joué avec le frein à main. Un bon décalage pour Kvaratskhelia (8e), et cette volonté constante de trouver des relais en première période. Le titi parisien de 18 ans a aussi commis des erreurs de jeunesse, notamment dans ses choix, mais qui restent compréhensibles au vu de son manque de repères à ce niveau. C’est lui qui trouve Vitinha à l’entrée de la surface pour le premier but parisien, et il obtient également le corner menant au but de Pacho (65e). Remplacé par Ramos (79e), auteur d’une frappe à bout portant sur Vicario.

- Kvaratskhelia (6,5) : la feuille de stats ne dit pas tout de son influence dans le résultat de la rencontre. Il a été le leader offensif parisien en première période et s’est souvent affirmé comme l’élément déclencheur, même s’il a parfois voulu endosser plusieurs costumes. Il est passeur décisif pour le deuxième but de Vitinha après un contrôle en pivot (53e). On a senti les défenseurs anglais défendre sur les talons à chacune de ses prises de balle en seconde période. Remplacé par Dembélé (79e), qu’on a senti sur la retenue pour son retour. Il est peut-être trop généreux sur cette tentative de passe pour Ramos alors qu’un boulevard s’offrait à lui.

Tottenham

- Vicario (4) : la solidité défensive de son équipe l’a aidé à vivre une première période extrêmement tranquille. Il s’est agenouillé devant le tir de Vitinha, mais on ne peut rien lui reprocher tant la frappe du Portugais, qui a touché la barre, a été puissante. Les choses se sont compliquées après la pause : sa défense a failli à plusieurs reprises et le gardien italien n’a pas réussi à sortir de parades décisives pour permettre à son équipe de reprendre ses esprits. Cela dit, il n’a vraiment pas grand-chose à se reprocher sur le tir spontané de Vitinha du pied faible (65e), la frappe enroulée parfaitement placée de Ruiz (59e), ou encore le but de Pacho dans un trou de souris (65e). Il a plongé du mauvais côté sur le penalty de Vitinha (76e).

- Porro (4) : très sollicité par Nuno Mendes jusqu’à la sortie de ce dernier à la pause, il est monté plusieurs fois au pressing et a cumulé un impressionnant total de huit récupérations. Le jeu des Parisiens est devenu peu à peu plus axial, mais l’ancien du Sporting a eu le mérite de ne pas perdre sa concentration.

- Gray (4,5) : comme le reste de son équipe, il a fait preuve d’un vrai sérieux défensif. Il a contré la deuxième tentative de Zaïre-Emery dès la 5e minute et est resté parfaitement vigilant devant sa surface pour empêcher les Parisiens d’accéder aux vingt derniers mètres. Dans une équipe de Tottenham qui a clairement choisi de cibler le couloir droit du PSG, le jeune Anglais a joué un rôle important en combinant régulièrement avec Spence et Bergvall. Servi par ce dernier à la 35e minute, il a centré idéalement au second poteau pour Kolo Muani, juste avant le but de Richarlison. Remplacé par Palhinha (76e), qui n’a pas apporté beaucoup plus de solidité au milieu de terrain.

- Van de Ven (3) : moins en vue que son compère dans l’axe de la défense, il a parfois dû solliciter ce dernier pour intervenir sur les Parisiens qui entraient dans la surface. Il a effectué un retour décisif dans le temps additionnel pour empêcher Dembélé de trouver Ramos seul dans la surface, mais le score était déjà scellé (5-3). Il n’a remporté que deux de ses six duels au sol.

- Romero (4,5) : attentif aux montées de Porro pour compenser ce dernier, il a par exemple réalisé un bon tacle pour chiper le ballon dans les pieds de Barcola, qui aurait pu avoir le champ libre pour avancer. Très important dans les duels aériens, il a terminé la rencontre avec des statistiques défensives convaincantes et remporté plusieurs duels cruciaux dans la surface. Mais il a concédé un penalty en contrant une frappe de Vitinha avec son bras levé, alors qu’il s’était jeté au sol pour tacler.

- Spence (5) : tout comme son coéquipier sur le couloir opposé, mais avec une participation offensive plus marquée, l’international anglais a été précieux pour lancer les offensives rapides de Tottenham, à l’image de cette passe de l’extérieur du pied qui a lancé Bergvall dans la profondeur à la 11e minute. Il a réalisé une bonne accélération à la 23e, mais a manqué de lucidité pour analyser ce qui se passait autour de lui et décider avant le retour de Zaïre-Emery. Remplacé par Udogie (84e).

- Bentancur (5,5) : il a été omniprésent dans les premières minutes, récupérant de nombreux seconds ballons et contrant une frappe de WZE dès la 4e minute, en étant solide pendant toute la rencontre. Très important dans la volonté des Spurs d’aller vite vers l’avant et, surtout, sur le plan défensif, il a multiplié les tacles pour chiper le ballon aux Parisiens qui ont tenté d’approcher la surface adverse. Il a aussi protégé le couloir droit lorsque Porro s’est avancé, occupant un rôle plus en retrait qui l’a parfaitement convenu.

- Bergvall (6) : très disponible en début de match, il a pourtant été étonnamment maladroit techniquement, ratant plusieurs contrôles et passes pourtant simples. À la 11e minute, par exemple, il aurait pu adresser un centre très dangereux vers le cœur de la surface, mais a poussé son ballon trop loin et n’a pu qu’armer une frappe vers le premier poteau, facilement couverte par Chevalier. Ces imprécisions n’ont été que passagères, et le Suédois a ensuite montré une implication remarquable dans tout ce qu’il a entrepris. Dès le début de la rencontre, on avait noté qu’il combinait très bien avec le jeune Gray. Cette entente a été décisive à la 35e minute, lorsque sa talonnade vers l’Anglais à l’origine de l’ouverture du score anglaise. Remplacé par Kudus (76e).

- Sarr (3,5) : il s’est engouffré à plusieurs reprises dans le demi-espace et a apporté son soutien à Porro pour contenir Barcola et Nuno Mendes. Il a parfaitement trouvé Kolo Muani, seul dans la surface, à la 29e minute mais l’international tricolore n’a pas donné la suite à cette bonne action. Cependant, il a commis une petite erreur aux conséquences importantes : en ratant son dégagement en une touche, il a permis à Pacho de contrôler et de marquer du pied droit (65e). Remplacé par le Français Odobert (84e), formé au PSG.

- Richarlison (6,5) : le Brésilien a démontré sa combativité habituelle. Il a été impeccable dos au but, a fait parler sa puissance pour conserver le ballon, regarder et distribuer. Il a conclu une excellente action collective des Spurs avec cette ouverture du score de la tête à bout portant à la 35e minute. En seconde période, il a naturellement perdu en influence et en justesse, les Spurs ayant davantage subi, ce qui l’a un peu empêché de peser sur le jeu.

- Kolo Muani (8) : moins précis que Richarlison dans les déviations et dans son rôle de pivot, l’attaquant prêté par le PSG à son adversaire du jour a pourtant délivré la passe parfaite au moment clé. Trouvé au second poteau par le jeune Gray, il a remis le ballon de la tête pour permettre à Richarlison de conclure à deux mètres du but. Au retour des vestiaires, il a poignardé son ancienne équipe en catapultant une volée puissante du droit dans les filets, quelques instants après qu’un premier dégagement de Pacho sur sa propre ligne a repoussé la tentative de Gray. Alors que le PSG menait déjà 4-2, RKM a battu une nouvelle fois Chevalier avec une facilité déconcertante, en éliminant deux Parisiens grâce à un contre favorable. Une performance qui pourrait définitivement lancer sa saison à Tottenham. Remplacé par Simons (84e), un autre ancien Parisien.

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