Argentine - Arabie Saoudite : les notes du match

Par La Rédaction FM
11 min.
Argentine - Arabie Saoudite : les notes du match @Maxppp

C'est la première sensation de cette Coupe du monde. Dans ce premier match du groupe C, l'Arabie Saoudite a réalisé un véritable exploit. Menés, les hommes d'Hervé Renard ont su renverser la sélection albiceleste de Lionel Messi (2-1).

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Voilà le premier exploit du tournoi, que l'Argentine ne pouvait pas plus mal entamer. Pour son entrée en lice dans ce Mondial 2022, l'Albiceleste s'est fait surprendre par une vaillante et valeureuse équipe d'Arabie saoudite (1-2), ce mardi, dans le cadre de la première rencontre du groupe C. Lionel Scaloni, qui alignait un quatuor Di Maria-Messi-Gomez-Martinez pour sa première en Coupe du monde, pourra regretter le manque d'inspiration offensive de ses hommes, qui ne méritaient pas forcément de gagner. La belle série des champions d'Amérique, qui restaient sur 36 matchs sans défaite, prend brutalement fin et signe déjà l'état de crise dans les rangs argentins.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour ressentir le premier frisson dans le Lusail Stadium. Arrivant lancé et profitant d'un contrôle manqué de Lautaro Martinez dans les 16 derniers mètres saoudiens, Lionel Messi contraignait Mohammed Al-Owais à un superbe plongeon (2e). La Pulga allait pouvoir se consoler peu de temps après. Ceinturé par et mis au sol par Saud Abdulhamid dans la surface sur un coup franc excentré, Leandro Paredes obtenait un penalty transformé avec sang-froid par le capitaine de l'Albiceleste (1-0, 10e). De quoi gâcher le début de match agressif des Faucons Verts de Salman Alfaraj, incertain mais bien titulaire.

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L'Arabie saoudite a dévoré l'Argentine

Prenant le jeu à son compte, l'Argentine tentait d'étirer le bloc assez haut de la formation d'Hervé Renard, bien en place, tant bien que mal. Cela manquait globalement de rythme, même si la défense saoudienne jouait remarquablement le piège du hors-jeu, à l'instar de ces trois buts refusés (pour pas grand-chose, au niveau du haut du corps) à Leo Messi (22e) puis Lautaro Martinez (29e, 35e). À la pause, l'Arabie saoudite tenait bon face aux Argentins en manque d'inspiration dans les 30 derniers mètres, malgré la sortie sur blessure de leur capitaine Alfaraj (45e). Pas de quoi déstabiliser les Faucons, qui ont attaqué la seconde période pied au plancher. Lancé par Firas Al-Buraikan, Saleh Al-Shehri s'est joué de Cristian Romero avant de tromper Emiliano Martinez d'une belle frappe croisée (1-1, 48e) pour faire chavirer de bonheur un Lusail Stadium acquis à la cause des Saoudiens.

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L'Albiceleste, dépassée dans les duels, souffrait énormément et peinait à ressortir du pressing. Poussée par la ferveur de ses supporters, l'Arabie saoudite prenait même l'avantage grâce à un somptueux tir enroulé signé Salem Al-Dawsari (1-2, 53e). L'Argentine a ensuite eu du mal à créer du danger et à répondre à la pression imposée par ses adversaires, même si le portier saoudien a été impeccable devant Nicolas Tagliafico (64e), Angel Di Maria (72e), un Leo Messi (84e) décevant puis Julian Lavarez (90+11). Il aura permis à Hervé Renard, qui a aussi perdu Yasser Al-Shahrani après un violent coup de genou involontaire de son portier en pleine tête (90e+10), de créer la première sensation de cette Coupe du monde 2022. En attendant le match Mexique-Pologne (17h), les Faucons Verts prennent les commandes du groupe C et mettent l'Argentine, dont la dernière défaite remontait au 3 juillet 2019 (0-2 contre le Brésil en demi-finale de Copa América), déjà au pied du mur.

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Homme du match : Al-Shehri (7,5) : a dû, par séquence, user de son corps pour jouer dos au but. L'impact, lors des duels avec Otamendi entre autres, s'est bien ressenti. Il n'a cependant pas eu de balle de but concrète à négocier durant le premier acte malgré une grosse activité. L'avant-centre est venu égaliser comme un grand après avoir éliminé Romero avec puissance et rapidité, pour finir d'une frappe pied gauche petit filet opposé (1-1, 48e). Un match sérieux et complet pour le buteur d'Al-Hilal qui s'est vraiment mis au service du collectif face à l'événement. Remplacé par Al-Ghannam (78e)

Argentine

  • Martinez (4) : hormis un centre sans danger venant de la gauche et capté sans problème (17e), le joueur d’Aston Villa vivait un match tranquille. Et puis tout a basculé au retour des vestiaires. Mis à mal par une défense apathique, il a été fusillé à deux reprises sans pouvoir faire grand-chose (48e, 53e).

  • Molina (3) : match sans saveur du latéral de l’Atlético de Madrid. Face à un bloc saoudien regroupé et jouant à merveille le hors-jeu, il a rarement pris l’initiative d’apporter du surnombre pour créer du décalage. Trop mou comme ses coéquipiers dans l’axe, il n’est même pas intervenu sur le but du 2-1 (53e).

  • Romero (3) : obligé d’aller au mastic, il a n’a pas été pris à défaut lors des 45 premières minutes alors qu’il n’affichait pas une vivacité XXL dans ses déplacements. Néanmoins, Kanno lui a mené la vie dure avec des petits ponts assez vexants. Il a fini par payer sa mollesse en se montrant beaucoup trop attentiste sur le but égalisateur d’Al-Shehri (48e). Remplacé par Martinez (59e).

  • Otamendi (3) : joueur d’expérience, il a su faire le bon geste sur les rares incursions saoudiennes. Présent quand il a fallu aller au contact, il risque toutefois de se retrouver un peu plus en difficulté face à des équipes plus remuantes en attaque. Une tendance qui s’est confirmée sur l’action du 1-1 où il est loin de tout reproche.

  • Tagliafico (4) : le latéral de l’OL n’a pas chômé. Les Saoudiens ont souvent tenté de passer par son côté, mais il a su répondre présent. Offensivement, il s’est montré légèrement plus entreprenant que Molina, mais sans plus. Il a toutefois raté une occasion énorme d’égalisation (64e). Remplacé par Acuña (71e).

  • De Paul (3) : première période très compliquée pour le Colchonero. Joueur de caractère, il a rarement su trouver la faille et a multiplié les passes imprécises. Il a également raté une volée juste devant la surface saoudienne (43e). En deuxième, ce n’était pas mieux. Attentiste sur le 2-1 (53e), il n’a finalement jamais pesé sur le match et a surtout passé plus de temps à râler auprès de l’arbitre.

  • Paredes (3) : a provoqué un penalty généreusement accordé après un accrochage. Pour le reste, le bloc compact adverse lui a permis de faire ce qu’il aime : aller au contact. Pour ce qui du jeu, on repassera plus tard. Remplacé par Fernandez (59e).

  • Di Maria (3) : quelle première période bien triste sur son côté droit. Incapable de faire des différences, il a souvent essayé de revenir sur son pied gauche pour faire sa spéciale. Mais à chaque fois, il y avait un pied saoudien. Parfaitement muselé, il a réussi à rester sur le terrain malgré une prestation fantomatique, même s’il a multiplié les centres en seconde période.

  • Messi (4) : la Pulga pensait avoir parfaitement lancé son Mondial. Après avoir forcé le gardien adverse à sortir une parade dès la première minute de jeu (1e), le septuple Ballon d’Or a ouvert le score grâce à un penalty généreusement accordé (10e). Il pensait ensuite inscrire un doublé à la 22e minute, mais il était hors-jeu. Il aurait ensuite pu être passeur décisif pour Lautaro Martinez, mais là encore, la VAR est venue signaler un hors-jeu (35e). Impuissant par la suite, il a vécu une rencontre très frustrante.

  • Gomez (4) : transparent avec Séville, l’ancien pensionnaire de l’Atalanta affiche un meilleur visage avec la sélection nationale. Remuant sur son côté gauche, il aurait pu être passeur décisif pour Martinez (27e). Souvent revenu dans cœur du jeu, il a néanmoins souffert pour percer le bloc adverse. Remplacé par Alvarez (59e).

  • Martinez (3) : arrivé au Qatar avec pas mal d’interrogations sur son état physique, il a mis du temps à se mettre en marche. Parfaitement pris en tenaille par le bloc défensif saoudien, il a été très discret. Il pensait toutefois être l’auteur du but du break sur un beau piqué sur un caviar de Papu Gomez (27e). Malheureusement pour lui, son premier but en Coupe du monde attendra puisque la VAR l’a signalé hors-jeu. La défense saoudienne l’a d’ailleurs souvent pris à ce piège puisqu’un nouveau but lui a été refusé (35e).

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Arabie Saoudite

  • Al-Owais (6,5) : s'est mis immédiatement en jambes sur une frappe forte à terre de Messi (2e) avant de boxer des deux poings un corner de ce dernier (6e). Il fut, en revanche, pris parfaitement à contre-pied par Messi sur pénalty (10e). Il est venu sauver ses coéquipiers avec un arrêt réflexe (63e), des belles prises de balles et une magnifique sortie loin de son but (74e). Les trois buts annulés pour des positions de hors-jeu auraient pu, cependant, nettement faire la différence au tableau d'affichage. Averti pour contestation

  • Abdulhamid (6) : a bien défendu sur Papu Gomez et Messi (5e, 40e). Le défenseur droit a collé sa ligne pour apporter du jeu latéral à son équipe, amenant parfois des situations de centres intéressantes, tout en revenant faire les efforts derrière. Omniprésent, son énorme retour sur Messi pour l'empêcher de frapper au but (56e) a justifié sa contribution importante malgré un retard sur Fernandez, lui valant un jaune (81e).

  • Tambakti (7) : est mal rentré dans son match en concédant un pénalty et l'ouverture du score (1-0, 10e) après avoir ceinturé Paredes dans la surface. C'était mieux par la suite en empêchant les attaquants argentins de se retourner, du mieux qu'il pouvait tout en s'alignant correctement avec Al-Bulaihi. Une vitesse de course plus qu'honorable pour un défenseur central, Lautaro Martinez pourra en parler. Partout de bout en bout en repoussant des assauts jusqu'à la dernière seconde.

  • Al-Bulaihi (7) : très robuste et assez autoritaire dans l'arrière-garde saoudienne avec un bon alignement, occasionnant des positions de hors-jeu des attaquants adverses. Sa complémentarité avec Tambakti est à souligner, frustrant ses adversaires du jour. Des relances, propres et efficaces. Pas beaucoup de choses à mettre à la poubelle quand on regarde la copie du défenseur central de 33 ans. Son engagement s'est vu sanctionné d'un carton jaune (75e).

  • Al-Shahrani (5) : il n'a pas hésité à se projeter offensivement dans son couloir gauche de la défense même s'il a eu parfois du déchet. Défensivement, il nous a gratifié d'un tacle rageur (33e). Angel Di Maria n'a pas vu la lumière dans son couloir en première mi-temps, mais nettement plus en deuxième. Il n'a pas été épargné de travail, notamment, lors des vingt dernières minutes. Mis complètement "KO" par son gardien (90+5) et sorti sur civière. Remplacé par Al-Burayk (90+9)

  • Al-Faraj (6) : le capitaine de cette formation saoudienne a pressé, mais aussi beaucoup décroché bas pour essayer de trouver des relais et créer des décalages. Maître à jouer, c'était vraiment la rampe de lancement de son équipe avec un grand côté leader, il a replacé ses coéquipiers lorsqu'il en ressentait le besoin. Blessé, il a quitté ses partenaires juste avant la pause. Remplacé par Al Abid (45+4) qui a apporté énormément d'impact, de fraîcheur et de puissance. Sa frappe contrée juste avant le but de Al-Dawsari en témoigne (53e). Dans un match très intense, il a réussi à se mettre au diapason comme les autres. Remplacé par Al-Amri (88e)

  • Al-Malki (6) : le milieu de terrain d'Al-Hilal, très accrocheur, était parfois limite dans ses interventions avec des fautes et un carton jaune (67e), mais a livré un joli combat. Moins à l'aise techniquement que ses compères du milieu de terrain, il a perdu des ballons en relançant court. Il fut néanmoins à l'origine de l'égalisation de son équipe au départ de la contre-attaque.

  • Kanno (7) : il n'a pas hésité à sortir haut pour gêner les relances argentines. Ses grands compas ont été très utiles dans l'entrejeu notamment en première période, avec de jolis gestes, des petits numéros de soliste (30e, 45+5). Plusieurs fois à l'origine de la construction du jeu de sa formation avec une grande solidité et un vrai leadership.

  • Al-Buraikan (5,5) : une première mi-temps frustrante, mais une grande générosité collective pour contrarier les relanceurs de l'Albiceleste. Son pressing constant lui a permis de récupérer des ballons importants dans la partie de terrain bleu et blanche. Sa passe décisive pour Al-Shehri au retour des vestiaires l'a mis en confiance. Il a beaucoup contribué défensivement avec de grandes courses jusqu'à la fin. Remplacé par Asiri (88e)

  • Al-Shehri (7,5) : voir ci-dessus.

  • Al-Dawsari (6,5) : l'ailier gauche de cette formation fut discret et moins en vue que ses coéquipiers lors du premier acte même s'il s'est intéressé au jeu sans coller sa ligne. Il a essayé de combiner, mais peu précis techniquement par moment. Sa deuxième mi-temps n'a rien eu à voir avec la première, il enroule un ballon pleine lucarne après s'être défait de plusieurs défenseurs argentins (1-2, 53e). En continuant ses efforts, il a pris un avertissement jaune (80e).

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