Danemark-Belgique : les notes du match

Deux salles, deux ambiances. Après un premier acte totalement manqué face à une vaillante formation danoise, les Diables Rouges s'imposent dans la douleur (2-1). Les hommes de Roberto Martinez valident leur billet pour les huitièmes de finale de l'Euro.

Youri Tielemans et la Belgique secoués par le Danemark
Youri Tielemans et la Belgique secoués par le Danemark ©Maxppp

Quelques jours après le terrible accident de Christian Eriksen et la défaite face à la Finlande (1-0), le Danemark recevait à Copenhague, au Parken, la Belgique, favorite de ce groupe B après sa large victoire contre la Russie (3-0) et outsider pour la victoire finale à l’Euro 2020. Les Scandinaves démarraient la rencontre tambour battant, éteignant totalement les Diables Rouges. Sur une erreur de relance de Jason Denayer plein axe, Pierre-Emile Höjberg servait Yussuf Poulsen. La frappe croisée de l'attaquant de Leipzig trompait Thibaut Courtois (1-0, 2e). Joakim Maehle se procurait une grosse occasion après avoir effacé Courtois et Toby Alderweireld se faisait finalement reprendre. Martin Braithwaite ratait ensuite sa reprise (5e).

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Maehle, déchaîné sur son flanc gauche, adressait un centre au deuxième poteau pour Daniel Wass, dont la tête n’inquiétait pas Courtois (5e). Les hommes de Roberto Martinez étaient complètement amorphes et incapables de réagir face à l’envie adverse, Kasper Schmeichel n’ayant rien à faire ou presque. Wass, de son côté, tentait à nouveau sa chance peu avant la demi-heure de jeu mais sa frappe s’envolait trop haut (26e). Michael Damsgaard réalisait un petit festival dans la surface belge et décochait un tir rasant du gauche qui passait de peu à côté du poteau de Courtois (33e). Deux incursions tout en puissance de Romelu Lukaku en fin de première période n’y changeaient rien et les locaux, avec une dernière situation pour Braithwaite (45e +1), rentraient aux vestiaires avec un avantage d’un but au tableau d’affichage.

L'entrée de Kevin de Bruyne a tout changé

Kevin de Bruyne entrait en jeu au retour des vestiaires pour tenter de réveiller les n° 1 au classement FIFA. D’entrée, ces derniers se procuraient une première situation, avec une tête de Thomas Meunier mal maîtrisée sur un centre de Youri Tielemans (49e). Ils allaient égaliser suite à une nouvelle percée de Lukaku. Le buteur de l’Inter fixait son défenseur et servait De Bruyne en retrait. Le maître à jouer belge éliminait deux joueurs grâce à sa superbe technique en mouvement et délivrait un véritable caviar à Thorgan Hazard qui, au deuxième poteau, n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets (1-1, 55e). Axel Witsel et Eden Hazard faisaient à leur tour leur apparition sur la pelouse à l’heure de jeu. Les débats s’équilibraient clairement.

Maehle sonnait la révolte d’une frappe facilement captée par Courtois (68e), mais ce sont bien les Belges qui allaient prendre les devants. Sur une action collective emmenée par Lukaku et les frères Hazard, De Bruyne héritait du ballon à l’entrée de la surface, légèrement décalé sur le côté gauche. La star de Manchester City armait un amour de frappe en première intention qui partait se loger dans le soupirail de Kasper Schmeichel, totalement impuissant (1-2, 71e). Braithwaite testait sans succès Courtois sur une bonne remise d’Andreas Cornelius, entré quelques instants plus tôt (74e). De Bruyne répondait dans la foulée, sans plus de succès (76e). Braithwaite encore lui se montrait dangereux (79e, 83e), mais la Belgique s’était réveillée et contrôlait la fin de la rencontre. La dernière frappe de Mathias Jensen, trop enlevée, et la montée de Schmeichel sur un dernier corner n'y faisaient rien (90e). Score final (1-2) et qualification validée pour les 8es pour la bande à KdB. L'espoir est très mince pour les Danois.

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L'homme du match : De Bruyne (7) : le numéro sept n'a pas tardé à faire parler son aisance technique en offrant l'égalisation à Thorgan Hazard (1-1, 55e). Le joueur de City a changé littéralement le cours des événements. Bien servi par Hazard, sa frappe tendue ne laisse aucune chance à Schmeichel (1-2, 71e). Pour son retour à la compétition, le milieu belge a marqué les esprits et a remis les siens sur les bons rails.

Danemark

  • Schmeichel (4) : très peu inquiété en première période (une seule frappe cadrée côté belge), le portier de Leicester s’est incliné sur la première grosse occasion des Diables Rouges. En seconde période, les hommes de Roberto Martinez montent en puissance avec l’entrée de Kevin de Bruyne notamment qui a changé le visage de ce match et qui a délivré une magnifique passe décisive vers Hazard (54e) qui égalisait. Sur ce but, Schmeichel était abandonné par sa défense et ne pouvait difficilement faire mieux. Sur le but du 2-1 inscrit par De Bruyne, il ne ferme pas son premier poteau et laisse le milieu de terrain de Manchester City faire parler tout son talent (71e).

  • Christensen (4) : récent vainqueur de la Ligue des Champions avec Chelsea, le défenseur a été très concentré et très solide dans les 45 premières minutes du jeu, comme la globalité de son équipe. Ces deniers encaissent un but en seconde période et c’est alors toute la défense qui s’est effondrée face au génie de Kevin de Bruyne (54e). Sur le but du joueur de Manchester City (71e) il est en grande difficulté et gère mal son cas en lui laissant trop d’espace pour s’exprimer.

  • Kjaer (5) : l’expérimenté capitaine danois avait promis dans la matinée que lui et ses coéquipiers donneraient tout pour Christian Eriksen. Le défenseur de l’AC Milan peut avoir le sentiment du devoir accompli aujourd’hui malgré le résultat final plutôt décevant au regard de la prestation collective en première mi-temps. S’il a quelques fois été mis en difficulté par Lukaku (42e), il a été ultra précieux dans sa gestion de la ligne défensive. Il a eu beaucoup plus de travail et de difficultés après l’entrée de KDB mais sort du match avec 2 dégagements, 3 interceptions, 4 tacles.

  • Vestergaard (4,5) : lui aussi est expérimenté et bien qu’il connaît la dureté du championnat anglais où il évolue avec Southampton, il a été bousculé dans ce match. Intéressant offensivement avec plusieurs têtes sur corner qui auraient pu changer le cours de la rencontre, il a été en souffrance derrière surtout dans la dernière moitié du match. Pas le plus rapide des joueurs sur le terrain, il a été mis en difficulté dans le dos mais heureusement il a pu compter sur sa lecture du jeu. Remplacé par Olsen (84e) en fin de match pour tenter de revenir au score (84e).

  • Mæhle (6) : positionné dans le couloir gauche, le latéral de l’Atalanta a été survolté en première période. Rapidement il se procure une grosse occasion en martyrisant la défense belge avec ses crochets dévastateurs (4e). Moins en vue après la grosse première période danoise, il est moins actif mais son positionnement très haut sur le terrain lui permet de se procurer plusieurs occasions (3 passes clés, une occasion créée) et de tenter sa chance devant les buts de Courtois avec cette frappe cadrée à la 68e minute de jeu.

  • Wass (5) : quelle prestation remarquable de la part de l’ancien joueur d’Evian Thonon-Gaillard. Un mélange de générosité, de combativité et de talent. Il a été à l’image de sa sélection et de la classe de ses coéquipiers depuis le début de ce tournoi. Sur son côté droit, il a pu manquer de précision sur ses centres (0/2) mais il a été à la création de nombreuses actions offensives (3 passes en profondeur réussies). Averti à la 58e minute de jeu, il est remplacé par Stryger (61e) après le but d’Hazard en seconde période.

  • Højbjerg (6,5) : en début de match, il profite d’une mauvaise relance de Denayer et grâce à son pressing, il récupère le ballon avant de le transmettre à Poulsen qui réussissait à ouvrir le score (2e). Tout au long de la rencontre il a été ultra actif que ce soit défensivement ou offensivement. Solide dans l’entrejeu (4 duels remportés sur 6), il a également beaucoup apporté devant en étant à l’initiative de plusieurs occasions (4 passes clé, 100% de réussite sur ses dribbles, deux centres réussis). Il est le joueur qui a su bonifier le cuir et il termine la rencontre avec le plus haut total de ballons touchés côté danois (98), symbole de son importance dans ce match.

  • Delaney (5) : aux côtés d'Højbjerg au milieu de terrain dans ce double pivot défensif, il a lui aussi été intéressant sans pour autant être au même niveau que le joueur de Tottenham qu’il épaulait ce jeudi après-midi. Plus adroit offensivement avec deux tirs, une passe clé délivrée et 100% de réussite sur ses centres, il n’a pas non plus perdu un seul duel sur ses 4 disputés. Véritable gratteur de ballons (3 tacles, une interception) il a moins touché de fois le cuir qu’Højbjerg et a plus agit dans l’ombre que lui tout en apportant énormément. Remplacé par Jensen (72e).

  • Poulsen (6) : il aurait pu être le héros du jour. L’attaquant de Leipzig s’est rapidement illustré en ouvrant le score à la 2e minute de jeu en profitant d’une bonne récupération de Højbjerg. Dans le match il a également tenté de se muer en passeur à l’image de ce très bon centre pour Damsgaard qui aurait pu devenir une passe décisive (12e). S’il a parfois manqué de précision à la finition, il s’est beaucoup donné. Plus discret en seconde période, il se fait sortir après le but de T. Hazard pour solidifier l’équipe. Remplacé par Norgaard (61e).

  • Damsgaard (6) : intéressant en première période, il est monté en puissance dans la seconde partie du match où ses qualités offensives ont été en vues. Le milieu offensif de la Sampdoria a été un véritable feu follet dans cette rencontre. Du haut de ses 20 printemps, celui qui dispute une première compétition internationale avec le Danemark a montré de belles choses devant et notamment sur coups de pieds arrêtés. Remplacé par Cornelius (73e) qui a été utile dans le jeu offensif aérien mais qui n'a pas trouvé la faille.

  • Braithwaite (5,5) : sur son côté droit, l’attaquant du FC Barcelone a fait parler son explosivité. Grâce à sa vitesse et à sa qualité technique, il a su faire la différence notamment dans la surface. Malgré ses quelques 20 ballons touchés en première période, il tire trois fois et cadre une tentative qui aurait pu faire mouche et ainsi tromper Courtois (16e). C’est surtout vers la fin de la rencontre qu’il a été le plus dangereux avec deux frappes cadrées (74e, 75e, 95e) et une tête qui tape la barre de Courtois. Très généreux, l’ancien joueur de Toulouse n’a pas été verni.

Belgique

  • Courtois (6) : le portier belge ne peut que constater les dégâts sur l'ouverture du score de Poulsen (1-0, 2e). Le gardien du Real Madrid sauve les siens face à Pedersen (5e) puis Wass (6e). Très concentré sur la frappe de Braithwaite (73e). Une prestation sérieuse ce soir.

  • Alderweireld (2,5) : le défenseur central de Tottenham a connu une entame compliquée comme ses partenaires. Il se fait déposer facilement par Pedersen (5e). Souvent pris de vitesse, il a vécu un calvaire dans la première demi-heure. La suite a été beaucoup plus calme pour le joueur des Spurs, qui a profité du scénario du match pour être moins exposé. Battu dans les airs par Braithwaite en fin de match (87e). Un match à oublier pour l'intéressé.

  • Denayer (2,5) : titularisé pour la première fois dans cet Euro, le défenseur central de l'OL se loupe d'entrée sur sa relance, ce qui provoque l'ouverture du score de Poulsen (1-0, 2e). Une entame calamiteuse pour l'intéressé, complètement dépassé par les vagues danoises. Souvent battu à l'attaque du ballon, l'intéressé a essayé de sortir la tête de l'eau par la suite, sans grand succès. Souvent sur la corde raide, le Lyonnais n'a pas du tout rassuré ce soir.

  • Vertonghen (2,5) : le capitaine belge n'est pas parvenu à maintenir le bateau belge à flot dans les premières minutes. Le joueur de Benfica se fait déposer littéralement par Braithwaite, heureusement sans conséquence (14e). Le numéro cinq a semblé dépassé par la vivacité des attaquants danois lors des trente premières minutes. L'ancien joueur des Spurs a profité du scénario du match pour retrouver un peu de quiétude bienvenue sur le terrain. Mais sa prestation globale est beaucoup trop insuffisante.

  • Meunier (3) : titularisé ce soir suite au forfait de Castagne pour la suite de la compétition, l'ancien Parisien a éprouvé quelques difficultés comme ses partenaires en début de match. Le joueur du BVB a essayé d'exister dans les duels et de secouer le cocotier en première mi-temps. Malgré une bonne volonté, le latéral droit belge n'a absolument rien réussi ce soir.

  • Dendoncker (3) : totalement asphyxié par le milieu danois, le joueur de Wolverhampton n'a tout simplement pas existé dans la première demi-heure. Guère mieux avant le retour des vestiaires, l'intéressé est logiquement remplacé à la 58e par Witsel qui a apporté de la stabilité dans l'entrejeu belge pour son retour à la compétition.

  • Tielemans (3,5) : attendu comme le régulateur du jeu belge, le joueur de Leicester a passé la première demi-heure comme un mirage, étouffé par l'impact danois dans l'entrejeu. L'ancien Monégasque a beaucoup tenté avec des transmissions parfois complexes. Des prises de risques qui ont débouché sur du déchet. Une prestation décevante.

  • Thorgan Hazard (5,5) : positionné côté gauche, le frère d'Eden a été obligé d'évoluer très bas dans la première demi-heure. La faute à une formation danoise survoltée et très impliquée dans les duels. Plus à son avantage au retour des vestiaires comme ses coéquipiers, il profite d'un caviar de De Bruyne pour égaliser de près (1-1, 55e). Impliqué sur le deuxième but des Diables Rouges en servant son frère Eden (1-2, 71e). Un match à deux visages comme l'ensemble de son équipe.

  • Mertens (3) : totalement invisible dans le premier acte, l'attaquant du Napoli a vécu un véritable cauchemar pendant quarante cinq minutes et n'a rien apporté offensivement. Remplacé à la 46e par De Bruyne (6,5) voir ci-dessus.

  • Lukaku (5,5) : l'attaquant de l'Inter Milan était attendu au tournant après son doublé face à la Russie. Malheureusement pour lui, il n'a jamais pu être servi dans de bonnes conditions par ses partenaires dans le premier acte. La faute à une formation danoise sur un nuage en première mi-temps. Le buteur des Diables Rouges s'est distingué par sa puissance avant le retour des vestiaires, sans pour autant semer le danger dans la surface danoise. Au retour des vestiaires, l'intéressé profite des errements danois pour s'infiltrer dans la défense et trouver De Bruyne sur l'égalisation d'Hazard (1-1, 55e). Au début de l'action qui amène le deuxième but marqué par De Bruyne (1-2, 71e). Son second acte fut plus convaincant.

  • Carrasco (3) : le joueur de l'Atlético de Madrid, a perdu beaucoup de duels dans les quarante cinq premières minutes. L'ailier gauche belge n'est jamais parvenu à percuter comme à son habitude. Remplacé fort logiquement à la 58e par Hazard passeur décisif sur le deuxième but marqué par De Bruyne grâce à son bon décalage (1-2, 71e). Un peu moins en verve en fin de match lors de la domination danoise.

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