Droits TV Ligue 1 : Maxime Saada continue de tirer la sonnette d'alarme

Le président du groupe Canal a balancé ses vérités sur les droits TV du foot français devant les parlementaires ce jeudi.

Maxime Saada, le président de Canal Plus
Maxime Saada, le président de Canal Plus ©Maxppp

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le football français a vécu des derniers mois très agités en coulisses. Les clubs risquent notamment de payer pendant plusieurs années l'affaire Mediapro, alors que la guerre entre beIN, Amazon et Canal se poursuit. Le président du groupe Canal Maxime Saada a livré ses vérités sur la situation ce jeudi, au Parlement. Et il continue de penser que les droits des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 ont été, et sont toujours, surévalués, notamment parce que selon ses estimations les Français ne sont pas prêts à débourser autant d'argent que leurs voisins européens pour du football.

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« Combien les foyers français sont-ils prêts à payer pour le championnat en comparaison avec les anglais, les espagnols ? Au Portugal, les JT majeurs des premières chaines traitent au moins 10mn par jour sur des sujets foot. Combien sur TF1 ou France TV ? Autre point, les grandes stars françaises du foot n'évoluent pas en France. En France, on a un seul quotidien sportif, en Espagne, on en a 5. En France, le service public va déplacer les finales de coupes pour diffuser Fort-Boyard. Au niveau du palmarès européen, on est comparable à l'Ecosse, pas à l'Angleterre, l'Espagne ou l'Italie. Les Français ne sont pas prêts à payer autant pour l'ensemble des matchs du championnat de France. Mediapro en a été la démonstration », a-t-il lancé dans des propos relayés par l'économiste du foot Pierre Rondeau sur ses réseaux sociaux.

Saada charge la Ligue et Amazon

Puis il en a profité pour mettre un petit taquet à la Ligue, qui n'écouterait pas les propositions formulées par son groupe : « nous discutons avec la Formule 1, avec la moto, avec le golf. Quand j'ai été me présenter devant la Ligue, devant Vincent Labrune, on m'a reproché de critiquer le championnat et remettre en cause sa gouvernance et son organisation. Pour améliorer la valeur de la Ligue 1, nous avons proposé de démarrer plus tard la saison, de supprimer des matches à 13h, éviter de mettre des grandes affiches à des dates peu compétitives, renforcer la production de documentaires, avoir accès aux archives. Nous avons proposé l'organisation d'un all-star game, de mettre des caméras dans les vestiaires, de mettre des micro sur les arbitres, on a fait de vraies propositions pour renforcer structurellement la valeur du championnat. Nous ne sommes pas associés aux chantiers de réformes du football français aujourd'hui, alors que nous sommes diffuseurs ». Pour rappel, la chaîne cryptée diffuse actuellement deux rencontres de Ligue 1, jusqu'au prochain appel d'offres en 2024.

« Didier Quillot avait cité une étude estimant, en 2018, que le championnat de France pouvait être valorisé à 1,2 milliard d'euros par an. Je ne me souviens pas avoir consulté cette étude. Nous, nous nous basons sur des indicateurs très précis par rapport aux chiffres d'audience. En fonction de nos études et nos indicateurs, nous ne sommes jamais arrivés à un chiffre de valorisation dépassant le milliard. Canal n'a pas vocation à perdre de l'argent quel que soit le droit. [...] Aujourd'hui, le choix de la LFP de se tourner vers Amazon est contre-intuitif. On limite l'exposition et ce manque de visibilité est inquiétant. Regardez le basket français qui a souffert de ce manque de visibilité, sa valeur a baissé. Nous avons surtout été discriminé par rapport à Amazon, qui paye jusqu'à 700 000€ par match alors que nous en sommes à plus de 3,5 M€. La LFP a subventionné l'arrivée d'Amazon sur le marché franco-français », a conclu le dirigeant du groupe audiovisuel français. Le message est passé.

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