Match amical de prestige ce mercredi soir entre l’Allemagne et l’Argentine au Signal Iduna Park à Dortmund. Les deux finalistes de la Coupe du Monde 2014 s’étaient affrontés une seule fois depuis la victoire des Allemands au Mondial. Cela s’était soldé par une victoire 4-2 de l’Albiceleste. Beaucoup de choses ont changé depuis et pour cette rencontre, et ce mercredi soir, l’Argentine devait faire sans Lionel Messi, toujours suspendu depuis son coup de gueule en Copa America. Côté allemand, Joachim Löw décidait de faire confiance aux joueurs en forme de Bundesliga, comme les deux éléments de Fribourg, le défenseur Koch et l’attaquant Waldschmidt. Positionnée en 3-4-3, la sélection germanique avait beaucoup de mal à trouver des espaces en début de rencontre. Sans ses habituels tauliers, elle avait d’abord besoin de se rassurer. Et c’est donc l’Argentine qui se montrait le plus entreprenant lors des premières minutes, à l’image d’un bon centre de Pereyra pour Dybala (9e), qui était contré in extremis par Can, son équipier de la Juventus, installé dans la défense à 3.

L’Allemagne répliquait sur un contre bien mené, avec Klostermann qui lançait Brandt dans la profondeur. Le joueur de Dortmund cadrait sa frappe mais Marchesin repoussait du pied (14e). Dans la foulée, Klostermann débordait sur son côté droit et centrait fort vers Gnabry. Avec beaucoup de réussite, l’attaquant parvenait à s’amener le ballon et trompait Marchesin de près (1-0, 15e). La pression se faisait plus intense sur les buts argentins. Et sur un ballon perdu par Rojo, qui avait tenté le petit pont, Klostermann, intenable, surgissait et donnait à Gnabry qui, intelligemment, jouait sur Havertz au centre. Le prodige de Leverkusen ne se faisait pas prier pour terminer le travail (2-0, 22e). Totalement étouffés, les hommes de Scaloni ne parvenaient plus à s’approcher du but adverse.

Et leurs hôtes continuaient leur entreprise de démolition. Sur un coup-franc botté par Kimmich, Süle remisait de la tête juste devant le but mais Brandt était trop court pour reprendre ce nouveau ballon de but (28e). Puis c’est Halstenberg qui trouvait la barre sur un superbe coup-franc direct (31e). Les Argentins répliquaient enfin, après une sortie de balle réussie. Trouvé en retrait par Lautaro Martinez, De Paul envoyait un missile qui fracassait le haut du poteau droit de Ter Stegen (33e) ! Très agréable et animé, le match avait de quoi réchauffer le public du Signal Iduna Park, sous la pluie. Gnabry se rapprochait du doublé à la réception d’une bon ballon par-dessus la défense de Kimmich mais sa frappe n’attrapait pas le cadre (45e). Au retour des vestiaires, Lionel Scaloni décidait de lancer Acuña et Ocampos à la place de Rojo et Correa, et changeait son système pour passer à 3 derrière, comme les Allemands. Cela faisait du bien à ses hommes, plus entreprenants en début de seconde période.

La révolte de l’Argentine

Mais les Allemands restaient toujours menaçants en contre, à l’image de celui rondement mené par Brandt, qui lançait Havertz côté droit. Ce dernier remisait pour Can, qui avait placé une accélération depuis son camp. Le joueur de la Juve butait sur Marchesin, bien sorti (55e). Le coaching argentin continuait avec la sortie de Dybala, fantomatique, remplacé par Alario (62e). Et cela allait payer assez vite. Sur un bon centre d’Acuña, Alario reprenait victorieusement de la tête (2-1, 66e). Les changements d’hommes et de tactique portaient leurs fruits pour l’Albiceleste, plus tranchante, alors que la Nationalmannschaft baissait d’un ton physiquement. Paredes testait la solidité de Ter Stegen avec une frappe aux 25 mètres (70e).

L’Argentine avait repris la maîtrise du jeu. Et Alario passait près du doublé (78e) en tirant juste à côté. L’Allemagne était à la peine et pouvait clairement craindre l’égalisation. Heureusement, Alario, encore lui, faisait la touche de trop (79e). Si dominatrice en première période, la sélection germanique souffrait énormément en fin de match, à l’image d’un nouveau cafouillage dans sa surface qui ne profitait finalement pas à l’Albiceleste. Et l’inéluctable arrivait avec l’égalisation de Lucas Ocampos, qui profitait d’un excellent travail d’Alario (2-2, 85e) ! L’ancien Marseillais fêtait ainsi de la meilleure des manières sa première cape avec son pays. Score final 2-2, plutôt logique puisque chaque sélection a dominé une mi-temps.

Revivez le film de la rencontre

L’homme du match : Lucas Alario (non noté) : l’attaquant du Bayer Leverkusen a beau être entré à l’heure de jeu, il a été l’artisan du nouveau visage de l’Argentine lors de la seconde période. Il s’est très vite illustré en réduisant le score de la tête après un très bon centre de Acuna (66e). Il a pesé sur la défense allemande et il aurait même pu inscrire un doublé, mais sa frappe a échappé de peu au cadre (77e). En plus de cela, c’est lui qui a fait la passe décisive pour l’égalisation d’Ocampos (85e) après un festival au cœur de la défense allemande. Une entrée déterminante pour l’Albiceleste.

Allemagne :

Ter Stegen (6) : beaucoup sollicité dans le jeu au pied, il a d’abord connu une ou deux frayeurs sur des passes mal assurées, avant d’être totalement à l’aise. Et il a pu distribuer à sa guise, lançant parfaitement les relances de son équipe. Il ne peut pas grand chose sur le but d’Alario et est légèrement pris à contre-pied sur l’égalisation d’Ocampos, avec une frappe légèrement déviée par Can.

Klostermann (6) : quel moteur il a ! Intenable en première période, le latéral droit du RB Leipzig a été de tous les bons coups de son équipe. Il a lancé Brandt et Gnabry à plusieurs reprises. C’est lui qui est à l’origine du premier but, signé Gnabry, avec un bon centre tendu. Il est aussi sur le deuxième en jaillissant pour intercepter le dribble trop long de Rojo. Plus en difficulté après la pause, où l’entrée d’Acuña l’a contraint à plus défendre.

Süle (5) : positionné en axial droit dans la défense à 3, il a connu un peu de déchet dans ses relances en tout début de rencontre. Puis il est monté en régime et a bien utilisé son gabarit de déménageur pour contrer Dybala, souvent dans sa zone. Impérial dans les airs. Mais il se fait prendre en fin de match par le rush d’Alario, qui l’a baladé avant de servir Ocampos.

Koch (4) : le petit nouveau au sein de la défense. Le joueur de Fribourg, installé dans l’axe de la défense à 3, a eu peu de travail à effectuer en première période, bien épaulé par Süle et Can. Du coup, on l’a peu vu à l’oeuvre. En deuxième mi-temps, il est fautif sur le but d’Alario, pris dans son dos. Et il est un peu en retard sur une frappe du même Alario, passée à côté. Encore un peu tendre.

Can (6) : un leader dans l’engagement. Dans une position de troisième défenseur, il a vite donné le tempo sur la dimension physique avec plusieurs interventions musclées. Il n’a pas hésité à apporter le surnombre offensivement à quelques reprises et est passé tout près d’inscrire un but (55e) après une montée rageuse. Beaucoup de sérénité technique dans les relances sous pression. Il est malheureux sur l’égalisation d’Ocampos puisqu’il dévie légèrement le ballon.

Halstenberg (4,5) : le pendant de Klostermann à Leipzig et en sélection a été moins en vue que son coéquipiers. Certes, il a envoyé un splendide coup-franc sur la barre transversale (31e), mais pour le reste, il a plutôt déçu. Moins tranchant dans ses montées et plus timoré, il a aussi été gêné par Pereyra, qui lui a fait quelques misères. Du mieux après la pause d’un point de vue défensif mais il a encore été plutôt timide offensivement.

Kimmich (6) : le capitaine allemand a été au four et au moulin. Une grosse activité donc qui ne diminue pas sa capacité à distribuer de bons ballons. Il a ainsi excellé dans le jeu long et n’a cessé de harceler le milieu adverse, jusqu’à la pause. Plus en difficulté ensuite, à l’image de son équipe, et beaucoup moins en vue. Il a subi le tempo adverse, mais est resté dangereux sur les coups de pied arrêtés.

Havertz (7,5) : annoncé comme le futur de la sélection allemande, le jeune prodige du Bayer Leverkusen (20 ans) a étalé toute sa classe technique, avec sa patte gauche soyeuse. Maître de ses nerfs, il donne la sensation de ne jamais s’affoler même quand le pressing s’intensifie. De bonnes orientations et surtout un but à son actif, où il a bien suivi l’action pour terminer le travail. Il aurait pu compter une passe décisive sur un excellent ballon pour Can (55e). Remarquable de calme et de simplicité. Remplacé par Rudy (83e).

Waldschmidt (4) : première cape pour l’attaquant de Fribourg, qui a démarré sur le côté gauche, laissant l’axe à Gnabry. Le joueur le moins en vue de son équipe ce soir, mais cela s’explique aussi par son inexpérience à ce niveau. Il a essayé de faire simple et de combiner avec ses partenaires mais il a été mis en difficulté par son adversaire direct et a rarement fait de différences. Encore un peu vert.

Brandt (6,5) : une grosse activité pour le blond du Borussia Dortmund, qui évoluait donc à domicile ce soir. C’est simple, Brandt est là pour donner du rythme et propose un appel dès qu’il lâche le ballon. Il est impliqué sur la plupart des actions allemandes. Il ne lui a finalement manqué qu’un but ou une passe décisive pour valider son bon match. Remplacé à la 66e minute par Amiri, le joueur du Bayer Leverkusen qui a ainsi pu fêter sa première cape.

Gnabry (7) : dans la lignée de son bon début de saison avec le Bayern Munich, l’attaquant, placé à la pointe de l’attaque, a livré une première période splendide, avec du mouvement et de l’inspiration. Son enchaînement sur le premier but, bien qu’avec de la réussite, est remarquable. Il a aussi donné la passe décisive sur le but de Havertz. Moins en vue au retour des vestiaires. Remplacé par Serdar (71e), milieu de formation, qui s’est positionné côté droit. C’est lui qui perd le ballon aboutissant à l’égalisation argentine.

Argentine :

- Marchesin (5,5) : le gardien du FC Porto n’a pas connu un début de partie facile. S’il est parvenu à gagner son face-à-face contre Brandt (14e), il n’a pas réussi à s’imposer face aux buts de Gnabry (15e) et Havertz (22e). En début de seconde période, il s’est rassuré avec une intervention sur l’arrivée de Can dans la surface de réparation (55e), sur la frappe de Brandt qu’il a facilement capté (57e) ou sur le coup-franc de Kimmich repoussé des deux poings (75e).

- Foyth (5,5) : match mieux maîtrisé de la part du latéral droit qui s’est montré présent sur son adversaire du soir malgré les quelques pertes de balles dont il a été l’auteur. En début de seconde mi-temps, les attaques de la Mannschaft ont pris la direction d’un côté droit qu’il a essayé de tenir. Le défenseur de Tottenham a lui aussi profité du réajustement tactique pour être plus tranquille par la suite.

- Otamendi (5) : il a livré une prestation moins catastrophique que son homologue dans l’axe de la défense. Le joueur de Manchester City a réalisé quelques bonnes interventions à l’image de celle sur le centre de Brandt qu’il a taclé en corner (26e). Il a écopé d’un carton jaune après une faute sur ce même Brandt (26e). En deuxième mi-temps, il a pu compter sur le cours du match pour être plus tranquille puisque les Allemands se sont montré bien moins dangereux.

- Rojo (2,5) : match très compliqué pour le joueur de Manchester United qui est fautif sur les deux buts de l’Allemagne. Son tacle inefficace sur l’action de but de Gnabry (15e) et sa perte de balle à l’origine de l’action du second but de Havertz (22e) résument ses difficultés. Remplacé par Acuna (46e - note : 6,5) qui a apporté un très net plus à l’effectif de Scaloni avec ses interventions ou encore son magnifique centre repris par Alario sur la réduction du score (66e).

- Tagliafico (4) : le danger allemand est venu de son côté où il ne s’est pas imposé, tout comme son compère Rojo. Il a bien trop souvent vu un Gnabry intenable et face à qui il n’a pu faire le poids comme lors des deux buts allemands. Lors de la seconde période, replacé en troisième axial, le latéral gauche de l’Ajax Amsterdam a été un peu plus à son avantage avec quelques interceptions et des relances pour les offensives de son équipe.

- Pereyra (5) : le milieu de terrain s’est montré présent dans la construction du jeu argentin en première période, et ce, même si cela n’a pas été évident. Il a été actif sur son côté droit à l’image de cette action après la demi-heure de jeu où il a temporisé avant de centrer fort sur Correa (35e). Malheureusement, il aura manqué des occasions franches à ce qu’il a produit. Moins en vue après la pause et remplacé par Saravia (76e) qui s’est montré par son envie de prendre la profondeur.

- Paredes (4,5) : le joueur du Paris Saint-Germain a livré un match aux deux visages. En effet, le milieu de terrain a démontré du bon comme son ouverture lumineuse pour Lautaro Martinez (12e) ou sa frappe qui a obligé Ter Stegen à s’employer en plongeant afin de capter sa balle (70e). Cependant, et comme à son habitude, il a aussi démontré du mauvais à l’image de ses multiples fautes et de ses mauvaises décisions lors de ses prises de balles brouillonnes, qui auraient souvent demandé moins de touches de balle.

- De Paul (6,5) : il a été le meilleur Argentin sur la première période. Il est passé à deux doigts de réduire le score, mais sa lourde frappe aux 20 mètres a heurté le poteau et a manqué de peu la lucarne (33e) à l’inverse de sa frappe qui s’est envolée dans les tribunes après un service de Paredes en retrait sur coup franc (40e). Il a écopé d’un carton jaune après une (30e). Il a cependant été moins en vue lors de la seconde période, mais il a tout de même rendu une copie propre. Remplacé par Rodriguez (90e+2).

- Correa (3,5) : le joueur de l’Atlético Madrid a profité du temps fort de l’Albiceleste lors du premier quart d’heure pour se montrer un peu avant de totalement disparaître. Une seule apparition avec sa frappe qui s’est envolée dans les tribunes après un bon service de Pereyra (32e) Remplacé par Ocampos (46e - note : 6,5) qui s’est offert un but pour sa première sélection et qui a son importance puisqu’il s’agit du but égalisateur, d’une frappe enroulée et légèrement déviée par Can dans la surface qui a trompé Ter Stegen (85e). Il a également écopé d’un carton jaune (84e).

- Lautaro Martinez (5,5) : de l’envie de vouloir bien faire qui malheureusement ne s’est pas transformé en occasion franche. Sur le devant de l’attaque, le joueur de l’Inter Milan a affiché un visage bien plus entreprenant que ses deux autres coéquipiers en première mi-temps. En deuxième mi-temps, il n’a pas été à la hauteur des nouveaux entrants qui ont eu la faculté de transcender l’Argentine, notamment après le changement tactique de son sélectionneur.

- Dybala (3) : constat similaire à celui de Correa. Le joueur de la Juventus Turin a été visible lors des quinze première minutes du match avant de lui aussi disparaître des radars. Celui qui doit apporter de la justesse technique et du poids sur le devant de l’attaque argentine n’a pas rempli son rôle et a été plus que logiquement remplacé par Alario (62e) (lire ci-dessus).