Le football en héritage. À 17 ans, Sabri Haddadou a baigné dans l’univers du ballon rond dès sa plus tendre enfance. « J’allais toujours voir mon père à ses entraînements, à ses matches, nous confie le jeune homme. C’est là que j’ai commencé à toucher le ballon. Ca vient surtout de ça. Il m’a transmis sa passion ». Il faut dire que son père Mohamed (41 ans) est un ancien joueur professionnel. Passé par Tours, Dunkerque, Le Mans et Reims, il a évolué notamment en L2 et en National. Très tôt, il a décelé les capacités de son fils : « Mes enfants ont été imprégnés très tôt. Ils venaient me voir jouer ou m’entraîner. En tant que père mais aussi observateur, j’ai vu qu’en grandissant ils avaient certaines aptitudes ». Car en plus de Sabri, le papa veille aujourd’hui sur ses autres fils Mehdi (19 ans) et Iliane (10ans). Le cadet, gardien, joue à Poissy alors que l’aîné est professionnel en Belgique, prêté par Saint-Trond à l’Union Saint-Gilloise (D2 Belge).

« Mon passage au PSG m’a fait grandir »

Sabri lui a fait toute sa carrière dans l’Hexagone. « J’ai commencé à six ans à Reims (débutants). Mon père a signé ensuite à Poissy donc on l’a suivi. J’y ai aussi joué. C’est là où tout a commencé pour moi. Puis ensuite j’ai rejoint le PSG où j’ai joué durant six années, entre 10 et 16 ans avec pour objectif de devenir un grand joueur du PSG. Puis, je suis retourné à Poissy ». Un choix qui peut surprendre vu le standing du PSG : « Chez les professionnels c’est le meilleur club de France. Mais chez les jeunes, la politique du club n’est pas en adéquation à celle des professionnels. Beaucoup de personnes au sein du club ne comprenaient pas le fait que je ne sois pas en centre de formation. Tous les ans je me suis fixé des objectifs pour enfin intégrer le centre. Au final, j’ai compris que je n’avais peut-être pas le profil type du joueur du PSG. C’était mieux de partir ».

C’est donc à Poissy, là où son père a commencé, que ce Franco-Algérien évolue cette saison. S’il est U17, ce milieu polyvalent qui aime jouer en numéro 10 évolue en U19 et en seniors puisqu’il a un double surclassement. « Cette année, ça se passe super bien pour moi. Poissy m’a propose de venir, je n’ai pas hésité longtemps. Je m’y sens bien et c’est grâce à Poissy que d’autres clubs s’intéressent à moi aujourd’hui ». D’après nos informations, Everton, Stoke City, Monaco, l’OL, l’OM, Valenciennes et Angers ont un oeil sur lui. Le Paris Saint-Germain s’est aussi repenché sur son cas et l’a supervisé dernièrement. Malgré la déception, le jeune homme de 17 ans qui prend exemple sur son frère n’exclut rien pour l’avenir : « Oui, je pourrais y retourner. D’autant que Paris est revenu vers moi. Ça serait une grande décision de signer un contrat la bas. Il y a de grandes stars là-bas comme Zlatan Ibrahimovic, ce n’est pas évident de s’affirmer au niveau professionnel là-bas ».

Un talent courtisé

Si les sollicitations sont nombreuses, ce grand fan d’Hatem Ben Arfa reste concentré sur l’essentiel : « Comme je dis souvent, moi je m’occupe du terrain. Mon entourage avec mon conseiller s’occupent du reste. C’est une grande fierté malgré tout d’être approché. Ça me donne encore plus envie de travailler. Je garde les pieds sur terre ». Son père est là aussi pour veiller au grain lui qui connaît parfaitement le milieu du football. Mohamed Haddadou est aussi là pour lui faire partager ses connaissances afin de l’aider à progresser. Car le jeune homme de 17 ans est encore en apprentissage : « Sabri doit améliorer sa concentration, sa constance dans le match. Il doit aussi travailler son pied droit. C’est en bossant à l’entraînement et en jouant des matchs qu’il va progresser », explique son père qui sait aussi reconnaître ses qualités : « Sabri allie une technique en mouvement à la vitesse. Il est beaucoup dans la percussion, il arrive à dribbler facilement et à se sortir de situations difficiles dans les petits périmètres. Il se projette rapidement vers l’avant. J’aurais aussi aimé avoir son pied gauche ».

Fier, Mohamed Haddadou veut rester à sa place et ne faire qu’apporter son expérience à son fils : « Je ne veux surtout pas qu’il ressemble à papa. Je veux qu’il soit Sabri et qu’il joue au football à sa manière. Il arrive à s’épanouir. C’est un garçon intelligent. Il veut aller décrocher ce rêve-là et il doit s’en donner les moyens. Moi je ne suis là que pour lui donner des conseils ». Il est également là pour veiller à ce que le jeune homme élève de 1ère STMG reste concentré sur ses études : « Pour moi, c’est une obligation. Son frère a eu son bac ES. Avoir son bac, c’est un objectif primordial pour Sabri ». Étude et football, Sabri Haddadou a du pain sur la planche. Mais pour l’un comme pour l’autre, ce joueur talentueux peut compter sur le soutien de sa famille pour toucher au but.