Depuis ses débuts, Nicklas Bendtner n’a cessé de prendre à contre-pied les observateurs avisés du football européen. Catalogué grand espoir dès son plus jeune âge et recruté à 16 ans par Arsenal, l’attaquant danois avait fini par se perdre en chemin. La faute à un ego surdimensionné et à des frasques entrées dans la légende. Et contre toute attente, c’est non loin de son Danemark natal et à 29 ans qu’il vient de terminer la saison la plus aboutie de sa carrière après de multiples échecs à la Juventus, à Wolfsbourg ou à Nottingham Forest.

Arrivé en mars après une piteuse expérience en Championship (2 buts en 15 matches à Nottingham), Lord Bendtner débarque à Rosenborg avec de nombreuses casseroles et une terrible réputation. Au moment de son arrivée, son coach Kåre Ingebrigtsen qui connaissait la réputation sulfureuse de sa recrue n’avait pas mis longtemps à tomber sous son charme. « Je pensais qu’il était peut-être un peu égocentrique. Mais c’est un joueur d’équipe, désireux de bien faire jouer les autres aussi. Il a déjà fait plus que ce que nous attendions de lui », expliquait-il à l’époque dans les colonnes du quotidien norvégien VG.

Un titre de meilleur buteur, et la Coupe du Monde en vue !

Avec 19 buts inscrits en 30 matches d’Eliteserien, l’ancien espoir d’Arsenal a rempli son contrat. Meilleur buteur du championnat norvégien, il a grandement participé à la quête du titre de Rosenborg. Une régularité et des buts qui lui ont d’ailleurs permis de retrouver l’équipe nationale, après deux ans de mise à l’écart. C’est même lui qui a marqué le penalty du (5-1) lors du match retour de barrage face à l’Irlande.

À 30 ans (il les aura le 16 janvier), Nicklas Bendtner (79 sélections - 30 buts) devrait selon toute vraisemblance participer à sa deuxième Coupe du Monde en Russie, après celle disputée en Afrique du Sud en 2010. Une belle revanche pour un joueur qui s’était autoproclamé Lord et qui s’était perdu en route et qui avait même imaginé un temps arrêter sa carrière faute d’envie, comme il l’avait expliqué peu après son arrivée à une chaîne de télévision locale. « Avant d’arriver ici, je ne voulais plus jouer au football. J’ai mis du temps à comprendre ce qui n’allait pas. (...) Je suis venu ici et j’ai retrouvé l’amour de jouer au football.  » À la vue de ses performances, l’histoire passionnée entre Nicklas Bendtner et Rosenborg ne fait que commencer. N’en déplaise à tous les détracteurs du Lord le plus connu de la planète foot.