En ces périodes de fêtes, Foot Mercato vous offre une plongée originale dans le monde du football en vous proposant de découvrir ces métiers méconnus de la planète ballon rond. Aujourd’hui, c’est la profession de speaker qui est à l’honneur. Contacté par nos soins, Dominique Grégoire, le maître de cérémonie du Stade de Gerland, retrace son parcours : « J’ai commencé dans le sport au niveau du basket, j’ai animé quelques tournois et petit à petit j’ai crée une entreprise d’animation avec un ami. On a fait pas mal de choses, et j’ai commencé à prendre des clubs en animation. J’étais notamment remplaçant dans le club de basket de l’ASVEL. Et puis l’OL m’a contacté, on a trouvé un terrain d’entente, et je travaille pour l’OL depuis 1998. La vie d’un stade se fait avec les résultats, et j’ai été gâté (rires). L’ambiance s’est développée, on a de très bons groupes de supporters à Gerland. Ils ont imposé leur patte, ils ne sont pas trop excessifs et pas trop mièvres non plus ».

Autre animateur, Anthony Buonocore, qui occupe cette fonction au sein du club de Dijon : « Je suis arrivé au club en tant que responsable restauration. En 2009, j’intègre la partie animation. J’ai été récompensé pour la saison 2009-2010, par Frédéric Thiriez et Jean-Luc Reichmann, comme étant le plus jeune speaker de France. La saison suivante, j’ai pu développer un peu plus l’animation dans les salons et les stades, ce qui nous a permis de donner une bonne cohésion entre le public et les joueurs. Le public a joué un vrai rôle de 12ème homme pour cette montée. Cette saison, je suis responsable du service événementiel, avec l’organisation des matches de Ligue 1 pour ce qui est de l’animation, de la réception des VIP, du lien avec les supporters ».

Les supporters sont donc au cœur de la profession de speaker. Le Lyonnais Dominique Grégoire le confirme, lui qui a parfois dû s’adapter au public, notamment sous l’ère Claude Puel : « On sentait qu’il y avait un malaise chez les supporters vis-à-vis de Claude Puel, il fallait donc s’adapter. Quand j’annonçais son nom, je faisais attention, et je mettais la musique à fond (rires). Après, j’ai personnalisé ma manière d’annoncer les joueurs par rapport aux Sud-américains. On a eu la chance d’avoir Sonny Anderson ou Juninho. J’avais par exemple fait des tests avec Sonny, pour lui soumettre ma manière de l’annoncer dans le stade, il avait trouvé ça super bien. Avec Juni, pareil. Le petit côté sud-américain apporte une chaleur particulière. Je discute aussi avec les joueurs au sujet de la musique à mettre dans le stade, par exemple pour l’échauffement ».

Alors, quelles sont les qualités d’un bon animateur ? Anthony Buonocore vous offre quelques pistes : « L’animateur doit être le catalyseur des matches, doit permettre au public de passer un superbe moment. Rentrer dans un stade et faire chanter les tribunes, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est une difficulté, il faut être à l’aise, ne penser à rien, prendre des initiatives et rester simple. Ce n’est pas parce que le public ne chante pas qu’il faut rester renfermé sur soi-même. Et il y a aussi une part d’improvisation dans ce métier. Même si on arrive sur une période de froid, de neige, il faudra être présent. Le métier d’animateur n’est pas donné à tout le monde, mais il ne faut pas avoir peur. Les supporters ont payé leur place, ils sont là pour encourager, il faut le faire ressentir quand les joueurs entrent sur le terrain ». Alors chers internautes, à vos micros !

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