Le 27 novembre dernier, Jürgen Klinsmann était nommé coach du Hertha Berlin. À cette époque, la formation allemande pointait au quinzième rang du classement de Bundesliga, à seulement quatre points du premier barragiste (16e). L’arrivée de l’ancien sélectionneur national et ancienne légende du football local était censée donner un coup de fouet à une équipe en perdition. Neuf journées plus tard, l’effet désiré ne s’est pas vraiment produit. Le Hertha est quatorzième et compte six longueurs sur le seizième. Un constat pas fameux, même si l’ambitieuse, et très chère, campagne de recrutement hivernale (Piatek, Cunha, Tousart) en vue de la saison prochaine laissait espérer des jours meilleurs.

Et puis « Klinsi » a surpris tout son monde. Hier, le champion du monde 1990 a annoncé sur sa page Facebook qu’il démissionnait de son poste. « En tant qu’entraîneur principal, j’ai également besoin de la confiance des personnes impliquées pour cette tâche, qui n’est pas encore achevée. L’unité, la cohésion et la concentration sur l’essentiel sont les éléments les plus importants, en particulier dans la bataille pour le maintien. S’ils ne sont pas garantis, je ne peux pas exploiter mon potentiel en tant qu’entraîneur et ne peux donc pas être à la hauteur de ma responsabilité. Par conséquent, après de longues délibérations, je suis arrivé à cette conclusion : je quitte mon poste d’entraîneur du Hertha ».

Un vendeur de rêve

Une décision qui fait aujourd’hui scandale outre-Rhin, et ce, pour deux raisons. Premièrement, la façon de faire du technicien ne passe pas. En effet, même le Hertha a officiellement déclaré qu’il ne s’attendait pas à un tel revirement de situation. Les médias non plus, mais il ne sont pas gênés pour torpiller le désormais ex-coach du HBSC. « Klinsmann annonce son départ sur Facebook », titre ainsi Express, interloqué par le choix du principal concerné de passer par le réseau social, avant même que le Hertha n’ait communiqué la moindre information. Un procédé très rarement vu dans le monde du football qui risque d’ailleurs d’écorner sérieusement son image. « Cette performance est un scandale. Klinsmann doit faire attention à ne pas devenir un imposteur », peut-on lire sur T-Online.

Enfin, personne ne comprend également ce départ précipité alors que le Hertha a consenti un très gros effort financier lors du dernier mercato hivernal (76 M€) pour signer Krzysztof Piatek, Lucas Tousart, Matheus Cunha et Santiago Ascacíbar. Autant de renforts dont certains ont sans doute été convaincus par le projet berlinois en partie grâce à la présence de Klinsmann. « 76 jours, 76 M€ dépenses mais Klinsmann jette l’éponge. Il était une fois un entraîneur qui a vendu du rêve », écrit BZ qui a même trouvé un nouveau surnom à Klinsmann, « Monsieur Conte de fées ». Sauf que là, le conte de fées s’est transformé en cauchemar pour les dirigeants du Hertha.