Foot Mercato : Tout d’abord Tijani, quel bilan faîtes-vous de votre saison ?

Tijani Belaïd : Le bilan est ni positif, ni négatif. J’étais à l’Union Berlin, mais des choses se sont passées, et il fallait que je quitte le club. J’ai trouvé une opportunité de faire un contrat en D1 portugaise, à Moreirense, donc pour moi c’était un rêve. Mais un coach m’a ramené et, au bout d’une semaine, s’est fait virer, donc je suis venu dans des circonstances un peu difficiles. Le nouveau coach est venu avec des méthodes différentes, et c’est pour ça que je n’ai pas fait autant de matches que je le voulais.

FM : Cela vous laisse-t-il des regrets ?

TB : Oui, ça me laisse des regrets, parce que si c’était pour ne pas jouer, au pire des cas je serais resté dans mon ancien club. J’étais venu ici pour jouer, le coach qui m’a ramené croyait vraiment en moi, m’a exposé un projet. Au bout d’une semaine je viens, ils changent de coach, et le coach qui arrive est totalement différent. C’est de la malchance.

FM : Malgré tout, tirez-vous des enseignements positifs de cette aventure au Portugal ?

TB : Bien sûr. Je ne joue pas comme je le veux, mais ça n’a pas empêché le club de me parler d’une prolongation si on se maintient en D1. Il y a des circonstances particulières vu qu’on lutte pour rester en D1, le coach opte pour des choix plus défensifs. Le championnat est bon, avec de la visibilité. Si je suis encore là la saison prochaine, je pourrais très bien faire un an, exploser et avoir l’opportunité de partir direct.

FM : C’est un championnat qui jouit effectivement d’une grande visibilité. Pour votre avenir, cela ne peut qu’être intéressant...

TB : Je pense que, dans le monde, c’est l’un des championnats ayant la plus grande visibilité. Il y a beaucoup d’exemples de joueurs qui vont au Portugal, et qui ensuite sont revendus 10-15 M€. C’est la mentalité qui est comme ça, c’est un championnat où la qualité est sûre.

FM : Une trajectoire à la Aly Cissokho vous conviendrait donc...

TB : Oui, il a eu une trajectoire particulière. Il était à Gueugnon, où ça ne se passait pas si bien que ça. Il part à Setubal, où il est transféré à Porto pour 300 000 €, et Porto le revend 15 M€. Mais on peut encore en citer d’autres de cas comme celui-là, et c’est pour ça que ce championnat est attractif.

FM : Pourquoi avoir signé 6 mois ?

TB : C’est ce que je voulais au départ, parce que je ne savais pas si le club allait rester en D1 ou aller en D2. J’ai donc voulu faire ça au début. Mon premier objectif était déjà de quitter mon ancien club car les choses étaient un peu particulières, j’ai eu la chance de me retrouver en D1 au Portugal. Personnellement, je pourrai rester ici, car le niveau est bon et la qualité de vie ici également.

FM : Et si une offre ferme pour une prolongation vous parvient, vous ne fermerez donc en aucun cas la porte...

TB : Oui, bien sûr, si le club reste en D1. Des clubs portugais se sont déjà renseignés pour l’année prochaine. Même en jouant peu, j’ai déjà quelques possibilités pour l’année prochaine, et c’est positif. Mon jeu n’est pas forcément adapté pour le maintien car j’ai un jeu porté sur l’attaque, et à l’heure actuelle ce n’est pas la première préoccupation de mon club.

FM : Dans votre parcours, vous avez connu pas mal de clubs, mais pas en France. Un challenge en France pourrait-il donc vous intéresser ?

TB : Bien sûr. J’avais des touches avec Caen, mais comme ça a mis un peu de temps, j’ai préféré me jeter sur la première opportunité concrète. Le projet me plaisait, cela aurait pu se faire, mais ça a pris du temps.

FM : Et si des clubs français vous approchent durant le mercato, écouterez-vous leurs propositions avec attention ?

TB : Oui, je n’ai jamais joué en professionnel en France, et c’est un championnat qui m’attire. Toute ma famille est là-bas, il y a des facilités de vie qui vont avec, donc ça pourrait m’intéresser.

FM : Ligue 1 ou Ligue 2, laissez-vous toutes les portes ouvertes ?

TB : Je ne ferme aucune porte. La réalité du mercato est telle qu’il ne faut fermer aucune porte, à part quand on est un grand joueur. Personne ne ferme les portes.

FM : On le sait, vous êtes natif de Paris et supporter du PSG. Quel regard portez-vous sur la saison du club de la capitale ?

TB : C’est une saison vraiment positive. Faire ce qu’ils ont fait contre le Barça, ce n’est pas toutes les équipes qui arrivent à le faire. En si peu de temps, ils sont déjà premiers, ils sont en quarts de finale de la Ligue des Champions, à deux doigts d’éliminer le Barça... C’est vraiment positif pour le futur.

FM : Avez-vous été surpris de voir que le PSG était déjà en mesure de pouvoir tenir tête au Barça ?

TB : Bon, pour dire vrai et sans médisance, ce n’était pas le meilleur Barça, celui en pleine forme, en pleine possession de ses moyens. Mais ça reste quand même le Barça, donc ça reste quelque chose de grand. Même s’ils ont été éliminés, aux yeux du monde le PSG n’est plus le même.

FM : Que pensez-vous de la qualité de cet effectif ?

TB : En plus des Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva, face au Barça on a vu des joueurs qui se sont mis au niveau comme Pastore, Lucas Moura, Verratti qui a été très bon. Ce PSG progresse.

FM : En revanche, la donne est plus compliquée pour les joueurs français comme Kevin Gameiro, Jérémy Ménez, ou encore Mamadou Sakho...

TB : Il y a la loi de la concurrence. Mamadou Sakho était un pilier, mais la concurrence est autre. Il a joué des matches, c’est à lui de faire voir à Ancelotti qu’il est meilleur que les autres. Le connaissant personnellement, je sais qu’il est très solide dans sa tête, et qu’il va réussir à passer ça.