Son arrivée à Paris en avait surpris plus d’un l’été dernier. Arrivé de la Real Sociedad pour un montant environnant les 15 millions d’euros, Yuri n’avait pas spécialement convaincu son monde en Ligue 1, où il a totalisé 22 apparitions. Cet été, une nouvelle opportunité s’est offerte à lui, l’Athletic, et il l’a saisie. Il faut dire que ça arrangeait bien le club de la capitale française, en difficulté avec le fair-play financier, qui a même fait une plus-value en expédiant le latéral gauche de 28 ans du côté de San Mamés, recevant ainsi une somme supérieure à 20 millions d’euros. Un transfert qui a fait parler au Pays-Basque forcément, le joueur ayant cette étiquette "Real Sociedad", bien qu’il soit déjà passé par l’Athletic plus tôt dans sa carrière.

Yuri s’est directement fait une place dans le onze titulaire de sa nouvelle équipe, ayant disputé 7 rencontres complètes de championnat. Son retour est pour le moins intéressant à analyser, dans la mesure où Eduardo Berizzo, le coach argentin arrivé à Bilbao cet été, a parfois fait appel à lui en tant qu’ailier gauche ! C’est notamment lors des rencontres disputées à l’extérieur, comme chez le Betis ou dans l’antre du Barça. Un repositionnement occasionnel qui porte ses fruits, puisqu’il permet au Toto de sécuriser son couloir gauche tout en ayant un joueur capable de faire des différences devant grâce à sa puissance et ses qualités physiques.

Un derby basque compliqué

Quelques statistiques illustrent d’ailleurs l’importance de l’ex-Parisien dans le groupe des Leones. Il a tout simplement disputé toutes les minutes possibles cette saison (l’Athletic a un match en retard à jouer face au Rayo) ; seul le gardien Unai Simón peut en dire autant dans l’effectif. Preuve de son importance dans l’apport offensif ; c’est le deuxième joueur qui a le plus tiré en direction des cages rivales, seulement derrière Iñaki Williams, et le joueur qui reçoit le plus de fautes de la formation basque. Le fait qu’il soit parfois préféré à des joueurs comme Markel Susaeta, Iñigo Córdoba ou Iker Muniain lorsqu’il est aligné devant en dit long sur la confiance que Berizzo lui accorde... mais c’est aussi peut-être une des raisons qui expliquent pourquoi l’Athletic peine autant à marquer cette saison.

En revanche, on a aussi pu apercevoir certaines de ses limites lorsqu’il faut défendre. Ce fut le cas lors du derby basque le week-end dernier, un match ô combien important pour les supporters de l’Athletic et de son ancien club, la Real Sociedad, remporté par le club de Saint-Sébastien sur le score de 3-1. Yuri a été désigné comme l’un des principaux responsables de cet échec, étant notamment coupable sur le deuxième but des Txuri-Urdines. De façon globale, il a souvent du mal dans le positionnement et le marquage sur les séquences défensives. Il faut dire que l’équipe ne tourne pas spécialement bien en ce moment, et ce dans tous les secteurs du jeu, avec cette 17e place plus que décevante. On en revient donc toujours au même point : un latéral doit-il être avant tout un défenseur solide ou une aide précieuse pour ses attaquants ? Mais si Yuri réalise des débuts que l’on pourrait qualifier de moyens, il aura au moins réussi à se mettre son entraîneur dans la poche.