Le FC Barcelone a réalisé une belle affaire en s’imposant au Wanda Metropolitano dimanche soir. Les Catalans ont empoché les trois points grâce à un but de Lionel Messi dans les dernières minutes d’un match où les Colchoneros semblaient avoir fait plus de mérites pour l’emporter. Un résultat qui permet aux Barcelonais de reprendre cette place de leader, provisoirement occupée par le Real Madrid. Mais sous la pluie diluvienne de la capitale, c’est surtout vers un homme que les yeux du public étaient rivés. Parti de l’Atlético l’été dernier, Antoine Griezmann signait son grand retour dans l’antre où il avait vécu tant de belles choses, avec beaucoup d’amis à lui dans l’équipe d’en face. Lorsque nous avions parlé avec des journalistes couvrant l’actualité des Rojiblancos dans la semaine, ces derniers nous avaient prévenus que l’accueil réservé par la hinchada india au Français allait être bouillant.

Et ils ne nous avaient clairement pas menti. Dans les heures qui ont précédé la rencontre déjà, la plaque d’Antoine Griezmann aux abords de l’enceinte madrilène a été vandalisée. Des inscriptions, des canettes de bière vides et des rats en peluche ont ainsi été déposés sur cette dalle qui rend hommage au Tricolore, qui en bénéficie comme tous les joueurs ayant disputé plus de 100 rencontres avec l’Atlético. Et encore, les conditions météorologiques ont fait que les supporters sont vite allés se mettre à l’abri plutôt que de traîner autour, sinon on peut imaginer que la plaque aurait été encore plus endommagée. On a tout de même pu entendre quelques quolibets et débuts de chants contre le Français alors que les fans trempés, mais bouillants pénétraient dans le stade.

Des chants demandant à Griezmann de... mourir

Qui aime bien - ou a bien aimé - châtie bien. Dès que le numéro 17 du FC Barcelone a foulé son ancienne pelouse pour l’échauffement, les festivités ont commencé dans les travées du Wanda Metropolitano. Lorsque le speaker du stade a dévoilé les compositions du FC Barcelone, tous les Catalans ont logiquement été sifflés. Mais pour Griezmann, c’était assourdissant à tel point que le nom du Français, annoncé en dernier, n’a même pas vraiment été entendu. Comme c’était à prévoir, dès que le natif de Mâcon a eu le cuir entre les pieds, des sifflets et des insultes qu’on ne retranscrira logiquement pas se sont fait entendre, du coup de sifflet initial à la toute dernière minute du temps additionnel.

C’est surtout dans le virage sud que les supporters se sont montrés le plus virulents. « Griezmann meurs », a notamment entonné en cœur le Frente Atlético, groupe d’animation de l’Atlético, suivi par de nombreux autres supporters un peu partout dans le stade. Une banderole a aussi été déployée, sur laquelle on pouvait lire « tu voulais te faire un nom, mais tu as oublié d’être un homme ». C’est un véritable festival de haine qui s’est abattu sur le Français, dans des proportions probablement jamais vue auparavant. Même pour Thibaut Courtois, aussi considéré comme un traître par les fans colchoneros, ou pour l’ennemi juré Cristiano Ronaldo, jamais autant d’aversion n’avait été éprouvée, du moins pas de façon aussi unanime.

Une nouvelle prestation compliquée

Une déferlante qui aurait pu rester anecdotique ou tomber dans les oubliettes si Antoine Griezmann avait pu se montrer performant, alors que certains attendaient notamment de voir s’il célébrerait un éventuel but. Problème ; le champion du Monde, déjà pas forcément à l’aise dans sa nouvelle équipe, a semblé être pour le moins touché par la répulsion de son ancien public. Toujours aussi excentré à gauche, même si on l’a épisodiquement vu repiquer vers l’axe, il a trop peu pesé dans la rencontre, donnant même parfois l’impression de se cacher. Une seule vraie situation à se mettre sous la dent, à la 69e minute, avec une reprise de volée complètement manquée pour conclure une contre-attaque pourtant bien menée par son équipe.


Crédit photo : Foot Mercato

Si on avait vu quelques signes positifs en milieu de semaine face à Borussia Dortmund, notamment dans son entente avec ses compagnons d’attaque, ce soir c’était retour à la case départ pour lui face à Kieran Trippier. Le nombre de combinaisons avec Lionel Messi et Luis Suarez pouvait se compter sur les doigts d’une main, tout comme son entente avec Junior Firpo, derrière lui au poste de latéral gauche, n’a pratiquement pas porté de fruits. Autant dire que les supporters de l’Atlético qui n’ont pas suivi le FC Barcelone cette saison ont dû se demander qui était cet individu qui portait le même nom que le joueur qui leur a fait célébrer tant de buts pendant cinq saisons.

Des déclarations d’après-match qui font parler

Mais surtout, les réactions d’après match, du côté du FC Barcelone notamment, ont de quoi étonner le Français. Guillermo Amor, le directeur des relations institutionnelles du club catalan, n’a même pas vraiment pesté contre les chants qui vont à coup sûr déboucher sur une sanction contre l’Atlético. « Le public peut dire ce qu’il veut, il a son opinion, elle peut te plaire ou non, mais c’est ce que le public a envie de dire », a lancé devant les caméras du diffuseur espagnol Movistar le dirigeant du Barça, qui n’a pas blâmé les propos contre son joueur à la fin de la rencontre. Ce qui a beaucoup étonné dans les différents talk-shows de la radio espagnole, où on a longuement souligné la gravité des chants lancés contre Grizi et le fait qu’ils n’aient vraiment été condamnés par aucun acteur de la rencontre.

« Évidemment que ça ne plaît pas d’entendre ce genre de chose, mais surtout pas quand c’est un coéquipier, et surtout pas quand c’est quelqu’un comme Griezmann. Il faut respecter l’opinion du public, mais ce sont des choses fortes, et on espère que l’année prochaine ça sera oublié quand on reviendra », a de son côté lancé Ivan Rakitic en zone mixte, alors que Luis Suarez a tenté de calmer le jeu : « il était conscient qu’il pouvait vivre ce type de situation. Quand il était à l’Atlético, il a tout donné, et lui va toujours être reconnaissant envers ce club, ça arrive à tous les joueurs quand on quitte un club ». Du côté de l’Atlético, Diego Simeone et Saúl ont logiquement préféré éviter ce sujet lorsqu’ils ont été questionnés par les journalistes. Une nouvelle soirée compliquée pour Antoine Griezmann, insulté, auteur d’un mauvais match et pas totalement défendu par son club...