Une seule petite victoire en quatorze rencontres de championnat. Tel est le bilan de l’Athletic. De pauvres résultats qui ont eu la peau d’Eduardo Berizzo, l’entraîneur argentin, licencié mardi matin. Une situation qu’on n’a pratiquement jamais vécu ces dernières années au sein du club basque, plutôt habitué à vivre tranquillement dans la première moitié de tableau, à la lutte pour une qualification pour l’Europa League, et qui étonne beaucoup en Espagne. Premièrement, parce que l’Athletic a un effectif plutôt riche qualitativement parlant. Certes, la politique menée par le club l’empêche parfois de pouvoir se renforcer pleinement sur le mercato - seuls les joueurs basques ou formés au Pays-Basque - peuvent être recrutés, mais Eduardo Berizzo avait à disposition un groupe de joueurs dans lequel on retrouve des internationaux espagnols, des joueurs qui ont joué en sélection ces dernières années, des joueurs qui n’en sont pas loin ou des internationaux espoirs, comme Íñigo Martínez, Unai Núñez, Iñaki Williams, Iker Muniain ou Aritz Aduriz.

Forcément, la question de l’entraîneur se pose. La saison dernière, l’Athletic avait déjà réalisé une saison particulièrement médiocre sous les ordres du Cuco Ziganda, et ce début de saison sous la direction d’Eduardo Berizzo s’est inscrit dans cette même lignée. L’Argentin est connu pour être un entraîneur très méticuleux et soucieux que ses joueurs pratiquent un football porté vers l’attaque, voulant fédérer tout le monde derrière une vision du football commune. Une sorte de Marcelo Bielsa moderne. Mais dans un effectif qui n’a pratiquement pas bougé ces dernières années et qui n’a plus été habitué à ce style de jeu depuis le départ du loco, la mayonnaise n’a pas pris. Peut-être ce qui est arrivé à Julen Lopetegui au Real Madrid, à une échelle moindre ?Ces dernières semaines, Eduardo Berizzo a tenté d’inculquer un peu plus d’intensité et de verticalité dans le jeu de son équipe, comme il l’avait expliqué en conférence de presse, mais sans résultats.

Un manque d’exigence ?

Des changements de système trop fréquents pour espérer pouvoir installer quelque chose sur la durée, une défense bien trop fragile et une animation offensive au point mort à tel point que les occasions des Leones sont très rares... Et si l’Argentin a forcément une part de responsabilité dans les résultats de l’équipe et que la faillite est avant tout collective, il faut aussi pointer du doigt les performances de certains joueurs. Raul Garcia, taulier de l’équipe, ne pèse pratiquement plus dans le jeu et n’apporte plus grand chose devant, lui qui savait pourtant monter et endosser ce rôle d’attaquant de soutien, étant décisif via des frappes lointaines ou dans le jeu aérien. Iñaki Williams peine à véritablement s’imposer dans cette position de numéro 9, plus à l’aise sur une aile, pendant que des joueurs comme Beñat ou San José sont aussi à la traîne.

En Espagne, certains soulignent un énorme manque d’exigence au sein du club. Une sorte de complaisance dans la médiocrité générale, notamment chez les joueurs. On rappelle que l’Athletic offre des salaires particulièrement élevés, étant la sixième équipe qui paye le mieux ses joueurs en Liga, derrière les trois ogres, Valence et Séville. Beaucoup reprochent ainsi aux Leones de se contenter de toucher leur salaire sans se fouler plus que ça. La direction n’est également pas exempte de tout reproche. Force est de constater par exemple que les recrues estivales que sont Yuri Berchiche, Dani García, Ganea et Capa n’ont pas amélioré l’équipe. Josu Urrutia, le président, a déjà annoncé qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections, et lui aussi essuie de nombreuses critiques sur sa gestion du club, parfois plus proche de celle d’une entreprise classique où la rentabilité passe avant tout que d’un club de foot. Le 27 décembre, date des élections présidentielles du club, peut donc marquer un tournant dans la saison. Mais il faudra surtout répondre sur le terrain. Gaizka Garitano, le nouveau coach, a du pain sur la planche...