Mais qui est donc ce défenseur qu’est allé nous chercher Zubi en Espagne ? C’est la question que se posent probablement bon nombre de supporters de l’Olympique de Marseille. Du haut de ses 29 ans, Álvaro González va quitter l’Espagne pour la première fois de sa carrière et découvrir la Ligue 1, après une saison assez mitigée, plutôt satisfaisante sur le plan personnel mais plutôt mauvaise collectivement parlant. Son parcours de l’autre côté des Pyrénées a en tout cas le mérite d’être régulier et linéaire, avec peu de fautes. Très vite, alors qu’il faisait ses premiers pas avec le Racing Santander, le défenseur axial droit a été considéré comme l’un des défenseurs les plus prometteurs de la scène nationale, avant de partir à Saragosse. S’il n’a pas forcément répondu aux attentes en se hissant au niveau d’un Sergio Ramos ou d’un Piqué, loin de là, la suite de sa carrière est pour le moins honorable. Il est d’ailleurs champion d’Europe Espoirs en 2013, même s’il n’était pas titulaire, Julen Lopetegui misant sur le duo Iñigo Martínez et Marc Bartra.

Après deux saisons à Saragosse, la deuxième en D2, il retrouve la Liga en signant à l’Espanyol en 2014, et après deux saisons où il s’est imposé comme un bon défenseur de championnat en Catalogne, il a franchi un palier supplémentaire en s’en allant à Villarreal, équipe qui joue régulièrement l’Europe. Là aussi, il s’est vite fait une place qu’il n’a plus quittée, et ce alors que le Sous-Marin Jaune a connu plusieurs entraîneurs sur les trois dernières saisons. Tous ont misé sur lui, de Fran Escribá à Javi Calleja. Un joueur qualifié de fiable de l’autre côté des Pyrénées, et c’est probablement pour cette raison qu’Andoni Zubizarreta a fait appel à lui. Concrètement, ce n’est pas Álvaro González qui va faire de la défense de l’Olympique de Marseille une muraille ou une forteresse imprenable.

Que peut-il apporter à l’OM ?

C’est un soldat. Un défenseur qui ne lésinera pas sur les efforts, qui collera son attaquant et sera vigilant pour tenter d’empêcher que les ballons des adversaires arrivent à destination de leur numéro neuf. Assez bon dans la lecture du jeu depuis toujours, c’est dans les duels qu’il a le plus progressé ces derniers temps. Ses statistiques sont en évolution constante au fil des années dans ce domaine, comme dans celui des tacles réussis. Avant, on avait l’habitude de le voir se jeter trop facilement. Désormais, il parvient à temporiser et mettre le pied au moment adéquat. Il est particulièrement à l’aise lorsque l’attaquant adverse joue dos au but, mais bien que pas foncièrement lent, a du mal lorsqu’un rival arrive de face.

Sans être un joueur agressif, il peut parfois "péter un plomb" et commettre une erreur fatale. Son expulsion face au Barça, dans un gros match donc, lors du deuxième duel entre les deux équipes de la saison en est la preuve. Sur une action anodine, il avait fauché Luis Suarez qui était pourtant très loin des cages du Sous-Marin Jaune, écopant ainsi d’un deuxième avertissement. Dans les airs, il n’est pas spécialement brillant, notamment lorsqu’il s’agit d’une action de duel avec l’attaquant adverse. Dans un championnat jugé plus physique que la Liga, où les ballons dans la surface arrivent plus souvent par la voie aérienne que la voie terrestre, cela peut lui coûter cher. Son profil ne correspond d’ailleurs pas à celui de ce défenseur moderne à la mode - surtout en Espagne - capable d’être très efficace en dehors de la surface ou de relancer toujours proprement balle au pied. Il ne faut pas attendre de lui qu’il soit la rampe de lancement des offensives marseillaises.

Des garanties certaines et un nouveau leadership

Vous l’aurez compris, Álvaro González est ce qu’on appelle plus communément un bon joueur de championnat. On peut imaginer qu’il fera l’affaire lors de la plupart des rencontres de Ligue 1, mais dans les grands matchs, ça risque d’être un peu juste. Une donnée intéressante à signaler tout de même, est celle de sa petite prise de pouvoir dans la défense de Villarreal cette saison. Habituellement, il formait une charnière avec Victor Ruiz, qui était la référence derrière. Mais les prestations très médiocres de l’ancien de Naples ont propulsé Ramiro Funes Mori dans le onze titulaire, et là, Álvaro González a dû endosser ce rôle de patron, qu’il a relativement bien tenu comme expliqué plus haut. Le garant de la stabilité dans une équipe pour le moins instable... Des responsabilités accrues mais une place dans le onze titulaire qui n’était pas forcément assurée du côté de l’Estadio de la Ceramica la saison prochaine avec l’arrivée de l’expérimenté Raul Albiol...

Quel rôle pour lui à l’Olympique de Marseille ? C’est André Villas-Boas qui tranchera, mais tout porte à croire qu’il devra se contenter d’un rôle de troisième défenseur central, derrière Bouba Kamara et Duje Caleta-Car. Il pourra ainsi apporter son expérience de la Liga et des duels face aux top attaquants du championnat aux deux jeunots de la défense centrale phocéenne, lui qui totalise 233 rencontres en Liga, dont 218 jouées du début à la fin. On parle aussi d’un joueur infatigable, habitué à jouer la quasi-intégralité des rencontres de son équipe sur une saison et qui n’a manqué que quatre rencontres pour cause de blessure sur l’ensemble de sa carrière ! C’est probablement l’une des raisons qui ont séduit Zubizarreta. Loin d’être « très mauvais », comme lui avait lancé Lionel Messi en 2016 après avoir reçu des moqueries sur sa taille de la part d’Álvaro en plein derby barcelonais, il reste tout de même un drôle de choix. À lui de prouver que l’ancien portier du Barça et de la sélection espagnole ne s’est pas trompé en allant le chercher...

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