Une production statistique considérable

Il est souvent tentant, lorsque l’on souhaite évaluer le niveau d’un joueur offensif que l’on ne connaît pas vraiment, de se référer à ses statistiques. Et dans le cas de Sarabia, force est de constater qu’il s’agit d’un joueur particulièrement décisif. Il a terminé l’exercice de Liga avec 12 buts et 13 passes décisives, terminant ainsi meilleur passeur du championnat à égalité avec Lionel Messi. Dans les derniers mètres, il affiche une aisance déconcertante lorsqu’il faut conclure les actions ou distiller cette dernière passe à un coéquipier. Des traces de son passé d’attaquant de pointe, poste qu’il a souvent occupé pendant sa formation. C’est d’autant plus fort qu’il arrive souvent lancé, depuis le milieu de terrain ou un flanc, et qu’on pourrait ainsi penser que la lucidité pourrait lui faire défaut.

Un prix cadeau

Si on parle d’excellente affaire pour Pablo Sarabia, c’est aussi à cause de ce qu’il coûtera à son futur club. Niveau qualité/prix, il n’y a probablement pas meilleure opportunité que lui en Europe. On parle ainsi d’une clause libératoire de seulement 18 millions d’euros, même si un accord a été trouvé pour payer 20 millions d’euros entre les deux clubs ! Combien en vaudrait-il sans cette clause particulièrement basse, qui date de son arrivée à Séville pour moins d’un million d’euro ? Transfermarkt l’évalue à 40 millions d’euros, mais lorsqu’on regarde les dernières ventes de joueurs offensifs de Séville (Vitolo à 36M€, Gameiro et Bacca à 30M€) et l’inflation des prix, on peut clairement penser à un prix dépassant ces 40 millions. Évoluant à Séville, club qui n’offre pas des salaires colossaux à ses joueurs, Pablo Sarabia ne devrait pas demander des émoluments prohibitifs au club de la capitale. Les dernières informations publiées en Espagne parlent d’ailleurs d’un salaire de 5 millions d’euros net par saison. C’est moins que ce que touche Julian Draxler par exemple.

Pablo Sarabia est un des joueurs les plus polyvalents de la planète

Ce qui fait la force du Madrilène, au delà de son apport statistique important, c’est qu’il peut être un sacré couteau suisse pour ses coachs. La preuve, personne ne sait dire quelle est sa vraie position ! Lors de ses premiers pas avec l’équipe réserve du Real Madrid, il jouait souvent en pointe. Puis, lorsqu’il est parti à Getafe, on l’a souvent vu jouer en 10, alors que sur ses débuts à Séville, il a beaucoup joué en tant qu’ailier droit, ce qui semble tout de même être son poste préférentiel. Sous les ordres de Jorge Sampaoli, le numéro 17 du club andalou avait même joué en tant que latéral ou piston !

Cette saison, il a encore voyagé sur le terrain, évoluant souvent en tant qu’interior droit - relayeur - dans un 3-5-2. Un poste où il a excellé, et où il a troqué ses qualités de percussion et de provocation contre une facette de créateur et d’organisateur qu’on ne lui connaissait pas forcément. Un nouveau poste où il s’est complètement épanoui, étant à l’origine d’un sacré duo avec le piston droit Jesus Navas. Son gabarit n’est pas forcément très impressionnant, mais il a un volume de jeu considérable, et en l’espace de quelques secondes il peut se retrouver dans la salle des machines au milieu puis à la conclusion de l’action. Mais surtout, ce ne sont jamais des repositionnements par défaut, histoire de dépanner en cas de blessure d’un coéquipier par exemple. Chaque entraîneur passé par Séville - et ils ont été nombreux ces dernières années - l’a aligné au poste dans lequel il pouvait être le plus utile au style de jeu de l’équipe. Au tour de Thomas Tuchel d’en faire de même s’il signe à Paris.

Il arrive à maturité

Pablo Sarabia est un joueur qui est dans le meilleur moment de sa carrière. Du haut de ses 27 ans, il a connu une évolution assez linéaire depuis le début de sa carrière et est maintenant dans son prime. Il est ainsi bien plus régulier qu’avant, étant capable d’enchaîner les prestations de très haut niveau tout au long de la saison mais aussi d’être dangereux sur la durée complète d’une rencontre. Une maturité qui se ressent avant tout dans le jeu, et au niveau de ses choix dans les derniers mètres. S’il a aussi explosé les compteurs, c’est parce qu’il prend maintenant pratiquement toujours la bonne décision dans ces dixièmes de seconde si décisifs. Son repositionnement à un poste plus axial cette saison va d’ailleurs dans ce sens, puisqu’on exige aux relayeurs une lecture du jeu supérieure à celle du reste des joueurs et une propreté dans les transmissions non-négociable.

Des envies de grandeur qu’il peut satisfaire au PSG

Quelle est la prochaine étape pour Sarabia ? Etre appelé en sélection nationale, clairement. Son absence lors des derniers rassemblements de la Roja a fait beaucoup parler en Espagne, d’autant plus que des joueurs comme Isco ou Asensio, qui ne sortent clairement pas de leur meilleure saison, ont été appelés. Un problème de visibilité ? Un départ au Paris Saint-Germain plutôt que dans les clubs du subtop espagnols qui le convoitent aussi comme Valence et Villarreal semble en tout cas aller dans ce sens. La possibilité de jouer et de potentiellement aller loin en Ligue des Champions devrait lui permettre d’être dans une concurrence peut-être moins tronquée avec les joueurs qui jouent aujourd’hui dans les grosses écuries du Vieux Continent. C’est aussi un joueur qui a faim de titres, lui qui n’a rien gagné avec Séville. Et si certains mettront en avant son manque d’expérience dans un club de top niveau et la pression qui va avec, il ne faut pas oublier que Séville possède un des publics les plus exigeants et passionnés d’Espagne, et la presse andalouse n’est pas du genre à mâcher ses mots...

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