Rudi Garcia n’a pas eu une minute à lui. Arrivé lundi en fin de matinée à Lyon, il a paraphé un contrat de deux ans. Dans la foulée, le club rhodanien a officialisé sa venue. Dans l’après-midi, il a participé à sa première séance, laissant la main aux adjoints en place depuis plusieurs saisons à Lyon. Présenté aux médias mardi en fin de matinée, il a ensuite alterné les jours suivants entre entretiens avec les joueurs, entraînements, rencontre avec les groupes de supporters et conférence de presse d’avant-match (jeudi). L’ancien entraîneur de l’OM était impatient de voir son équipe à l’œuvre face à Dijon samedi après-midi au Groupama Stadium. Une grande première qui était très attendue. Ses choix, les consignes données à ses joueurs, son attitude ou encore l’accueil des supporters : tout serait scruté au peigne fin. Vendredi soir, Rudi Garcia a déjà tranché dans le vif. Avec Memphis Depay et Léo Dubois forfaits, il a convoqué dix-neuf joueurs. Parmi eux, Rayan Cherki, qui connaissait donc sa première convocation chez les pros à seulement 16 ans.

Des changements offensifs

Si pour certains cela était une façon pour l’entraîneur de l’OL de séduire les fans, cela était finalement mérité pour la pépite lyonnaise, auteur d’une bonne semaine d’entraînement. Garcia avait indiqué durant sa conférence de presse que le talent n’était pas une question d’âge et que cela ne le dérangerait pas de faire appel à de jeunes joueurs. Après le groupe, la première composition était également attendue. Finalement, le nouvel homme fort de Lyon a décidé de miser sur un 4-3-3 avec Lopes dans les cages, sans grande surprise. Devant lui, on retrouvait le quatuor Tete-Marcelo-Denayer-Marçal. Préféré à Rafael, Tete profitait du forfait de Dubois. Côté gauche, Marçal était titulaire et Koné sur le banc. Revenu de sélection en milieu de semaine, Joachim Andersen n’était pas dans le onze, contrairement à Marcelo passé de numéro 3 à capitaine en quelques semaines. Au milieu, le trio Tousart-Aouar-Thiago Mendes débutait. Jeff Reine-Adélaïde était remplaçant. Enfin, Moussa Dembélé était accompagné par Maxwel Cornet et Martin Terrier en attaque. Bertrand Traoré et Rayan Cherki, eux, prenaient place sur le banc.

Après avoir multiplié les changements de systèmes lors des derniers matches avec Sylvinho, l’OL est donc revenu au 4-3-3. Si le Brésilien axait surtout sur la défense, Rudi Garcia, lui, avait prévenu qu’il souhaitait mettre en place un jeu offensif. Et c’est ce qu’on a pu constater lors de cette partie. Il y a eu pas mal de mouvements et de déplacements aux avant-postes, notamment Moussa Dembélé qui bénéficie de plus de liberté et surtout plus de soutien qu’avec Sylvinho. Alignés respectivement à droite et à gauche, Cornet et Terrier ont permuté à plusieurs reprises et ont souvent cherché le numéro 9 lyonnais. Volontaire et souvent tourné vers l’avant, Aouar a distillé quelques bons ballons et a cherché la profondeur (Cornet - 40e - frappe croisée à côté du poteau). Les latéraux, Marçal et Tete, sont un peu plus montés que lors des matches précédents. Malgré une possession importante, Lyon a beaucoup fait tourner le ballon (pas mal de pertes de balles) et n’a pas forcément créé beaucoup de danger. Meilleur en deuxième période, l’OL a manqué d’agressivité et d’efficacité, en ratant plusieurs occasions franches. Dans l’attitude, certains ont marqué des points à l’image d’Aouar, Cornet ou Marcelo. D’autres n’ont pas vraiment réussi à exister à l’instar de Thiago Mendes, fantomatique et qui a été remplacé par un Reine-Adélaïde, qui a fait du bien avec sa percussion.

Garcia doit encore convaincre les supporters

Après la rencontre, Rudi Garcia a livré ses impressions sur ce match. « Il me semble oui (l’OL devait remporter les 3 points), notamment au vu de la seconde période. Tout n’a pas bien fonctionné en première période, il y a du travail, on manque un peu de coordination, de déplacement, de communication. Je nous ai trouvé un peu diesel physiquement. En première période, on a manqué d’engagement, pas dans les duels, mais dans l’intention d’aller presser cette équipe de Dijon et ne pas la laisser jouer. Quand on a changé de système au bout de 15-20 minutes, ç’a été beaucoup mieux. On a monté Houssem (Aouar) en meneur de jeu quand on avait le ballon, et en position de pressing avec Moussa (Dembélé) quand on l’avait pas. Mais la deuxième mi-temps est bonne. Si on regarde les statistiques, ce sont des stats d’une équipe qui a gagné, et pas d’une équipe qui a gagné que 1-0. Si on joue 10 fois le même match, avec les mêmes statistiques, et la même 2ème période, on l’aurait gagné 9 fois sur 10. Et pour le gagner 10 fois sur 10, il aurait fallu deux périodes comme la 2ème je pense ».

Très actif sur son banc, Garcia n’a cessé de replacer ses joueurs et leur parler, que ce soit les défenseurs comme les attaquants. On l’a vu aussi longuement discuter avec Rayan Cherki avant sa première en L1. Malgré le match nul, Juninho était plutôt content, lui qui a avoué avoir vu des choses intéressantes en deuxième période. Il a surtout félicité son entraîneur, l’homme qu’il faut à l’OL pour lui. « Quand on regarde le classement, ça fait mal. On n’a pas été bons en 1ère période mais pour moi, la seconde période a été bonne. On doit marquer au moins deux buts. Par rapport aux derniers matchs, on s’est créé des occasions. Je préfère ça. Les joueurs ont répondu présents en général. (...) Je pense que le niveau de discipline est déjà élevé. Il a bien parlé avec plusieurs joueurs, à toute l’équipe. Les deux points sur lesquels il a travaillé, ce sont la discipline et l’agressivité de l’équipe. Je disais que ça manquait un peu devant le but, c’est là qu’il a essayé de travailler. C’est un entraîneur avec un caractère fort. Pour moi, c’est ce qu’il manquait un peu à notre effectif, il va faire du bien ». Pour sa grande première sur le banc de l’OL, Rudi Garcia a déjà conquis Juninho mais il en faudra bien plus pour convaincre le public. Le technicien français sait qu’il n’aura pas le droit à l’erreur. Sifflé à l’annonce de son nom lors des compositions d’équipe, il a reçu un message de la part des Bad Gones avant la rencontre : « Garcia, notre patience sera égale au respect que tu as montré au club : nulle ».