« Il restera, je pense, à jamais dans l’histoire de l’AS Monaco. Mon staff et moi on lui souhaite bonne chance », disait ce mercredi Thierry Henry en conférence de presse à propos de son prédécesseur, Leonardo Jardim, débarqué la semaine passée de son poste de technicien du club princier. Mais, au-delà, de cette reconnaissance, Jardim restera bien dans l’histoire en Principauté. D’une part, car il aura réussi à faire progresser ses joueurs, permettant à l’AS Monaco de les céder avec de belles plus-values et donc de mettre en place le nouveau projet asémiste. D’autre part, le Portugais aura réussi à glaner un titre de champion de France et à hisser Falcao et ses coéquipiers en quart de finale et en demi-finale de la Ligue des Champions.

Mais ce n’est pas tout. Leonardo Jardim aura tenu 51 mois à la tête de l’ASM tandis que la médiane en France est de 16 mois selon une lettre du Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel (Suisse) datant de deux années. Sachant que cette médiane est la plus haute dans les cinq grands championnats devant la Premier League (14,5) la Bundesliga (13 mois), les coaches de Serie A restant en moyenne 9 mois. Dès lors, la question de l’usure des coaches se pose et surtout, s’il existe une volonté de ces derniers de rêver d’un destin à la Sir Alex Ferguson, Arsène Wenger ou encore à la Guy Roux.

Sir Alex Ferguson, Guy Roux et Arsène Wenger comme volonté ?

« Vous parlez des dinosaures ? », rit d’entrée Raymond Domenech, ancien entraîneur à Lyon (1988-1993), sélectionneur de l’équipe de France (2004-2010) et aujourd’hui grand patron de l’UNECATEF, le syndicat des entraîneurs de football en France. Elie Baup, lui aussi, tend vers cette idée : « je ne sais pas si faire une Ferguson, c’est toujours d’actualité. Ça parait déjà d’une autre époque parce que Guy Roux a bâti son club, il est resté très longtemps. Certains entraîneurs ont eu des expériences de longues durées. Aujourd’hui, j’ai lu cela, la moyenne d’espérance d’entraînement sur un club est de 16 mois maximum ».

Un constat que partage également, en partie, Rolland Courbis passé par l’OM, Montpellier et Ajaccio notamment : « Sir Alex Ferguson, Guy Roux, Arsène Wenger. Aujourd’hui est-ce que c’est encore possible ? Ça parait plus difficile, mais déjà à leur époque, ce n’était pas facile de durer aussi longtemps dans un club ». D’autres tiroirs s’ouvrent à nous alors. Si les clubs, les dirigeants, entend-on, sont les décisionnaires, que pensent eux les entraîneurs ? Quelles sont leurs volontés aujourd’hui ?

Pourquoi voudraient-ils durer ?

« J’avais une envie de départ. C’est ce qui a été le nœud du problème à la fin. J’avais discuté avec un autre club espagnol : l’Athletic Bilbao, ça pouvait être mal interprété. Je ne voulais pas changer pour un autre club français. Je voulais connaître un autre championnat. Je suis allé très loin dans ces discussions, ça ne s’est pas fait, se remémore Elie Baup quand il s’agit d’évoquer son épisode bordelais (1997-2003). À la sortie, c’était un point négatif de faire ça. Négocier alors que j’étais sous contrat, ils n’ont pas du tout apprécié. Trois mois après j’étais licencié. C’est des deux côtés. Au bout de sept ans pour moi, il y a peut-être aussi une envie de voir ailleurs. Je pense que sur trois-quatre-cinq ans c’est tenable, mais il existe peut-être une limite ».

En revanche, Rolland Courbis, lui, a déjà pensé à continuer sur une longue période, quitte à terminer sa carrière sur les bancs dans un club. « Il y a des endroits, à Ajaccio, si je n’avais pas eu de problèmes personnels, j’aurais bien aimé terminer ma carrière là-bas. C’est pareil à Montpellier. Oui, je me serais vu rester longtemps là-bas. Il faut que le cadre soit plaisant. On joint l’utile à l’agréable. À Ajaccio, moi qui aime la pêche, je pouvais y aller, ça faisait quand même un métier égayé », analyse le finaliste de la Coupe de l’UEFA avec Marseille en 1999 (défaite 0-3 contre Parme).

De son côté, le patron des entraîneurs en France nuance. Il scinde les entraîneurs en deux parties. Mais il rajoute un bémol qu’il convient d’entendre et de comprendre. « Cela dépend des gens. Je ne me mets pas à leur place. Il y en a qui ont envie de rester longtemps, d’autres qui savent qu’ils sont efficaces sur deux-trois ans. Ils ont de l’énergie, c’est nouveau, ils amènent des choses, ils bougent des choses et puis après, dans la gestion du quotidien, quand ça dure, quand ça se répète, il manque quelque chose pour les stimuler, c’est individuel. Ceux qui rêvent de rester... Non. Je ne pense pas, on est trop lucide dans ce métier-là pour savoir qu’imaginer un parcours à la Ferguson, à la Wenger, à la Guy Roux maintenant c’est utopique. Les circonstances, peut-être, feront qu’il va durer puisque son club va grandir, va construire quelque chose. Il va réussir en permanence à trouver une énergie parce que le club va se structurer, il va participer à ça comme Arsène Wenger. Les résultats financiers vont le conforter et qu’il aura un objectif là. Il faut trouver un équilibre et une énergie pour s’appuyer sur quelque chose qui donne de l’adrénaline. On est des fabricants d’adrénaline, mais on en a besoin aussi », nous explique le Lyonnais.

Quand l’usure les gagne

Malgré tout, une certaine forme d’usure peut s’installer au fil du temps. Les entraîneurs eux-mêmes en sont victimes, ressentent la lassitude. « J’ai ressenti de l’usure à Marseille, pour la troisième année. Je pense que ça a été pareil pour Didier Deschamps. C’est le métier qui crée ça. Tout ça c’est le fruit de l’impatience des gens, la pression, l’obligation de résultat », se souvient Rolland Courbis pour FM tout en mettant un léger bémol pour le Monégasque fraîchement débarqué : « pour Jardim, il y avait aussi le contexte, Monaco ce n’est pas Marseille, ça n’a rien à voir. Le métier est beaucoup plus reposant ». Un sentiment partagé par Raymond Domenech, notamment lors de son passage à l’Olympique Lyonnais.

« J’ai ressenti cette usure à Lyon. J’en discutais l’autre jour avec Monsieur Aulas. On parlait en situant nos relations. J’ai fait cinq ans à Lyon. Nous sommes arrivés à la fin de l’année, il ne m’a pas viré, j’arrivais à la fin de mon contrat. Quelque part moi je serais bien resté... Il m’a dit "bon, on va arrêter". Je pense qu’il avait raison parce que j’étais usé. Je sentais l’énergie... Je sentais que pour passer les messages c’était compliqué. La vision qu’avait les gens de moi, de l’extérieur, était faussée, plus la même qu’au début. Le jouet ce n’était plus le même. On est, au bout d’un moment, un vieux jouet cassé dans un coin que les enfants n’utilisent plus. Les entraîneurs c’est ça. Et quand même on ressent cette usure... J’ai besoin d’énergie, j’ai besoin de créer quelque chose, là tout le monde me voyait comme si je faisais partie des meubles. On se recouvre de poussière dans ces moments-là », se rappelle le Rhodanien. De son côté, Elie Baup ne sait pas vraiment s’il s’agit d’usure tant tout va très vite dans le milieu du football aujourd’hui.

Il n’y a pas seulement le terrain

« Je ne sais pas si on peut parler d’usure. C’est plus une sorte d’accoutumance de notre part et aussi inversement : le club s’est habitué à un fonctionnement, il a envie de changer. Il y a un groupe de joueurs... Aujourd’hui c’est assez instable, les groupes sont assez versatiles, il faut chaque fois du nouveau, relancer. C’est un métier complexe. L’usure du discours, si c’est ça... Tactiquement ce qu’on demande, on est dans des idées de jeu qu’on essaye de maintenir. Cela met du temps : les sorties de balles, l’utilisation du ballon, les transitions défense-attaque. Ce sont des choses qu’on travaille. On a une approche pour travailler cela. Au bout d’un an, peut-être que le joueur a envie d’entendre d’autres discours, c’est un tout, c’est vraiment difficile », se questionne-t-il le temps d’un bref instant.

René Girard, fort personnage du paysage footballistique français et champion de France en 2012 avec Montpellier, était plus dégoûté par ce qui ne touchait pas forcément au terrain : « personnellement ce que j’ai pu rencontrer c’est plus de la lassitude de ce qui se passe autour que sur le terrain. C’est à dire, des promesses pas tenues. C’est tout ce qu’il y a autour qui use le plus. Après c’est à chacun de voir ce qui peut se réaliser ou pas. Quand on voit qu’on n’en prend pas la route, il y a des décisions à prendre. Après il peut y avoir une période plus ou moins longue, sentir que le groupe n’est pas là, qu’on n’est pas soutenu. Il y a plein de petites choses qui rentrent en compte ».

La consommation les touche aussi

Ce sentiment d’être délaissé est souvent prégnant pour un coach en fonction, sur la fin en tout cas. Mais tous résument cela par un changement sociétal. Quelque chose qui fait que, finalement, la consommation, telle qu’on peut l’avoir dans la vie actuelle quelque soit le domaine, commence à prendre le dessus. Pour les hommes dans leur zone technique, la consommation est aussi la cause des phénomènes qu’on peut observer et que révèle la lettre du CIES.

« Il y a aussi aujourd’hui, une consommation... On prend, on jette... Le rêve d’un entraîneur c’est de durer, mais peut-être pas comme Ferguson. Je pense que c’est très dur de passer quatre ou cinq ans... C’est déjà énorme », souffle Élie Baup. «  Dans les clubs... Je cherche qui tient depuis si longtemps... C’est compliqué parce que le contexte de l’immédiateté de notre monde fait que l’impatience règne de partout. Concrètement quand on dit aux dirigeants "il faut de la stabilité, c’est mieux", ils sont tous d’accord. Mais quand ça leur arrive à eux, qu’ils ne savent plus quoi faire et qu’il faut changer quelque chose parce qu’il y a une urgence... », regrette de son côté Raymond Domenech. « Les quelques résultats d’entraîneurs qui ont changé un petit peu la donne ce ne sont pas des cadeaux. L’histoire Dupraz avec Toulouse, c’est presque un drame pour les entraîneurs ! Se dire "on a changé et tout d’un coup on a réussi quelque chose par miracle", ils ont réussi. Par conséquent, les dirigeants s’accrochent parfois à ça. Comment on peut faire pour sauver l’essentiel ? Ils ont un exemple ».

Être sélectionneur, c’est différent

Évidemment, il existe une particularité chez les coaches. Ceux qui sont sélectionneurs ont tendance à plus durer, mais cela s’explique relativement facilement. « À l’heure actuelle ? Qui tient le plus longtemps ? Les sélectionneurs. Mais c’est différent. Didier fait plus de six ans. C’est plus facile en général puisqu’il y a du temps de repos. Si on compte le temps effectif de présence avec les joueurs cela s’étale, ça permet de durer plus longtemps », analyse Raymond Domenech dont la présence en tant que sélectionneur des Bleus est encore dans toutes les têtes.

Toutefois, les sélectionneurs aussi sont soumis à des impératifs de résultats. « En sélection, on peut changer le groupe au fur et à mesure. Mais là, on est lié par les résultats. J’avais toujours l’énergie au bout de six ans, mais vu les résultats et ce qui s’est passé sur la fin, c’était compliqué, inéluctable. Il y a un moment, les résultats font tenir. Didier, s’il avait perdu en huitièmes de finale de la Coupe du Monde contre l’Argentine, il y avait une fin inéluctable, une usure qui se serait installée. Pas forcément venant de lui, mais des gens qui auraient trouvé tous les défauts, toutes les failles à ce qu’il avait mis en place sur le résultat d’un seul match », avance-t-il. Mais si les résultats ne sont pas là, le couperet tombe. À moins que cette fin ne soit aussi précipitée par l’arrivée d’autres acteurs que peuvent être les réseaux sociaux ou les supporters.

Les supporters, les réseaux sociaux changent la donne

« Il suffit d’un courant d’air pour que les réseaux sociaux, les dirigeants, les joueurs, les agents pensent que ce n’est pas la bonne solution, qu’il faut trouver autre chose. La stabilité ne fait pas partie de l’ADN des entraîneurs, c’est évident. Tout le monde essaye de construire, de mettre en place des choses. Dans nos discussions, ce dont sont conscients les entraîneurs, c’est qu’ils ne sont que de passage, plus ou moins longs. Ils peuvent tenir, ou pas en fonction du club. Aussi en fonction de leur relation avec le président, c’est essentiel. La stabilité d’un club réside aussi dedans. C’est un amalgame entre les résultats, la promotion des joueurs et la relation entre le président et l’entraîneur », décortique Raymond Domenech. Une position sur les réseaux sociaux qu’a partagée très récemment Arsène Wenger un brin amer.

« Dans les cinq prochaines années, il se peut que les réseaux sociaux remplacent les joueurs lors d’un match. Ils se retrouveront à la mi-temps et détermineront quels joueurs seront remplacés et lesquels rentreront pendant la deuxième mi-temps. Cela se produira », a détaillé l’Alsacien à Sport Bild. Concernant les supporters, Elie Baup, lui, développe que quand les résultats sont là, le souci n’existe plus : « pour les supporters ? Ça dépend, s’il y a les résultats. On dit que je suis resté longtemps à Bordeaux, mais tous les ans, nous étions européens. Chaque année, c’était l’objectif et, tant que je l’étais, mon contrat était reconduit de deux ans. Forcément, je pouvais durer, cela va très vite. Il faut des résultats, si on n’en a pas, ça peut aller très vite dans l’autre sens ». Mais les coaches peuvent aussi se retrouver confrontés à d’autres problèmes, notamment les leaders d’opinion que peuvent être les organes de presse.

René Girard, lui, est encore plus dur sur cette partie de l’histoire. Le natif d’Avignon est plus dans le style Wenger. Ce n’est pas nouveau. « Je l’ai dit au départ que c’était une verrue ! Je trouve que c’est un moyen d’expression de gens lâches, c’est que des pseudo, on ne sait pas à qui on à affaire. Ce sont des gens qui se permettent de tailler, de critiquer, d’être méchants, de ne pas regarder la portée des choses parce que ça peut aller loin. Il y a le côté sportif, mais il y a aussi le côté humain. On parle d’engagement, de violence sur le terrain, mais ça reste entre hommes et quelque chose de bien. Par contre la violence des paroles, de ce qui est utilisé, peut aller beaucoup plus loin. C’est quelque chose à surveiller de près. Il y en a qui s’amusent, d’autres qui travaillent. C’est tellement facile les discussions de bistrot. On peut refaire, coudre, découdre, c’est tellement simple. Pour moi, ce n’est pas d’aujourd’hui, je m’en suis rendu compte il y a très longtemps et c’est un phénomène qui n’arrange pas les choses et qui ne permet pas de travailler dans la sérénité. C’est n’importe qui qui dit n’importe quoi. Ça peut laisser des traces. Les gens qui disent n’importe quoi, il y en a beaucoup. Prenons le cas de Bruno (Genesio, ndlr) qui fait un travail remarquable. Si c’en était un autre... Quand je vois qu’on monte au pinacle certaines personnes qui n’ont quasiment rien prouvé dans notre football, c’est à se demander où on peut aller. Un noyau de personnes peut avoir la tête d’une autre parce qu’ils ne sont pas de leurs bords ou je ne sais quoi... Aujourd’hui, on est suspendu à un fil. Un jour, les réseaux sociaux appuieront sur un bouton et décideront de ce qui va se passer », s’énerve-t-il.

Les médias en ligne de mire

Parfois, le style s’essouffle. Par conséquent, il convient de trouver un coupable. Si le rôle du fusible est souvent celui du technicien en place, les médias jouent aussi leur rôle. Les campagnes médiatiques, lancées par certains, commencent donc à s’emballer, réclamant de nouvelles têtes. C’est aussi l’un des enjeux, notamment de nos jours, du nouveau rôle de communication des entraîneurs. « Plus on dure, plus on a de chances d’être en difficulté avec les médias. Puisque les médias ont besoin de nouveauté, de changement, de nouvelles têtes, d’écrire d’autres histoires. C’est toujours la même histoire et c’est fatigant. On est les nouveautés ou les anciennetés, ça dépend du moment », avance Raymond Domenech qui n’a pas été, comme tous les sélectionneurs des Bleus, toujours très épargné par la presse.

Souvent attaqué par la presse, René Girard, qui n’a jamais la langue dans sa poche, observe le même phénomène. « Les médias, c’est une autre branche du métier. On est dans un monde où tout va très vite, que ce soit dans le travail, dans la fabrication d’une star. Il y a quelques années il fallait des années pour être une star. Est-ce que ça vient de la communication, des journalistes ? Je ne sais pas. Aujourd’hui en quinze jours on monte quelqu’un, on le descend. Ça peut aller très vite dans un sens ou dans l’autre. Il y a des réseaux qui sont beaucoup plus forts, il y a beaucoup plus d’émissions, beaucoup plus de choses de dites. Plus il y a d’émissions, plus il y a des choses de dites et plus il faut trouver des choses à dire. J’en parle en connaissance de cause puisque j’ai été assez ballotté par rapport à ça, il faut le savoir, il faut essayer de gérer. Ce qui est important c’est de rester soi-même. Il y a des gens qui vous aimeront, des gens qui ne vous aimeront pas, des gens qui vous comprendront, qui seront objectifs, d’autres qui ne le seront pas. C’est vrai que c’est une part très importante aujourd’hui, qui se rajoute à tout le reste », soupire-t-il.

En d’autres termes, les rêves de finir comme Sir Alex Ferguson, Arsène Wenger ou encore Guy Roux semblent dépassés. Pour plusieurs raisons, l’air du temps, de la société aussi, y participe. Mais les entraîneurs se retrouvent aussi confrontés à d’autres problématiques comme la déshumanisation de la personne en poste, les générations qui changent et qui sont donc peut-être un brin moins à l’écoute, mais aussi, surtout et enfin, l’arrivée de nouveaux acteurs que peuvent être les réseaux sociaux. Reste qu’en Gaule, certains irréductibles résistent : Olivier Dall’Oglio (entraîneur de Dijon depuis 2012), Stéphane Moulin (entraîneur du SCO d’Angers depuis 2011) et c’est probablement la route qu’aimerait suivre Rudi Garcia à l’OM (il est arrivé en 2016 et devrait prolonger son contrat jusqu’en 2021). Tout va vite dans le football, mais tous les rêves sont aussi permis.