Interviewer Louis Nicollin, c’est l’assurance d’avoir une tonne de bons mots à retranscrire. La Provence ne s’est pas fait prier pour publier les truculentes déclarations du président de Montpellier dans son édition du jour. Un patron très remonté contre ses joueurs. « Quand je vois comment ça s’est passé depuis ce titre, j’aurais préféré ne pas être champion. Maintenant, Montpellier est un club qui atout juste la dimension pour être champion une fois dans son histoire. Eh bien, on l’a été ; tant mieux. Mais c’est très dur à vivre, car après ça, il y en a qui ont pris la grosse tête. Oh que oui ! Je ne veux citer personne, mais il y a des gens qui ne passeraient pas par la porte (il désigne l’entrée de son bureau). J’ai du mal à saisir. Dans la vie, il faut apprendre à voir les choses en face : certes on n’a pas volé ce titre, mais il faut comprendre qu’on a eu aussi une terrible raie du cul », a-t-il lâché avant d’afficher ses regrets.

« Avec le championnat que l’on a actuellement, si l’on n’avait pas fait les cons en début de saison et si on ne s’était pas pris pour je ne sais pas qui, on aurait été à la lutte en ce moment pour au moins une place sur le podium », a-t-il indiqué, rappelant la difficulté de gérer un effectif qui n’était pas préparé à être champion de L1 la saison passée. « Mais on est cons ! Les trois-quarts des joueurs avaient 2 ou 3 ans de contrat. Il a fallu augmenter certains d’entre eux qui boudaient si on ne le faisait pas. Quel bordel avec tous ces impresarios (agents de joueurs) à la con ! Je ne m’en suis pas occupé et je ne peux pas blâmer ceux qui ont géré tous ces dossiers, car il y a mon fils (Laurent, le président délégué) dans le coup. Mais ce n’est pas bien », a-t-il regretté, s’attaquant directement aux joueurs.

« Ceci étant, dès qu’ils sont bons, ils se sentent pousser des ailes et
ils croient qu’ils vont jouer au Real Madrid ou au Bayern Munich. Malheureusement, aucun de ces deux clubs ne m’a contacté pour un de mes joueurs. Belhanda ? Allez, je vais dire qu’il est fort, sinon
je ne le vendrai jamais. Cela dit, on a gagné plein de matches sans lui. À Rennes, cependant, on se serait peut-être qualifié avec lui, qui sait ? Mais bon, s’il doit s’en aller, La Paillade ne sera pas morte pour autant »
, a-t-il déclaré. Mais le Marocain n’est pas le seul à être dans le viseur du dirigeant héraultais. « Là, j’ai peur que le ver soit dans le fruit. Je crains ainsi de devoir tout renouveler à 80%... L’équipe. Je le sens. Je me trompe peut-être, mais j’espère que mes grands recruteurs auront trouvé du monde, ce dont je doute... », a-t-il lancé. Une déclaration lourde de sens et peut-être de conséquences...

Qu’importe, Loulou est entier et dit ce qu’il pense. Il n’a d’ailleurs pas hésité à tacler Olivier Giroud et son choix de quitter La Mosson l’été dernier. « Alors, certes, il évolue dans un grand club ; il a une bonne paye. Mais il n’est pas tout le temps titulaire et il ne marque plus autant de buts. Pourtant, le championnat anglais est fait pour lui et pour ses qualités propres. Mais là, ce n’est pas pareil... », a-t-il commenté. Une déception à la hauteur de son amour pour son ancien joueur. « On avait signé une clause (de départ) à 12 M€ et Arsenal les a mis. Que voulez-vous qu’on fasse ?! La connerie, c’est cette clause. Maintenant, connerie, oui et non, parce qu’au moment où on l’avait fait venir en provenance de Tours, en Ligue 2 (en 2010), n’importe qui aurait signé pour mettre la clause à 12 M€ pour le vendre. S’il n’y avait pas eu cette clause, je n’aurais pas laissé partir Giroud et s’il n’avait pas été content, c’était la même chose ! Il n’aurait pas fait la gueule longtemps ! », a-t-il regretté.

Seul un de ses joueurs trouve grâce à ses yeux, Rémy Cabella, auteur d’une excellente saison. « Chez nous, Cabella est invendable. Il n’a pas de clause de départ dans son contrat... Mais si demain, il y a un club qui me donne 40 M€, je mets un cache-nez, un gros pull-over et j’accompagne Cabella ! », a-t-il plaisanté. Fan de son meneur de jeu, il se serait également bien vu accueillir André-Pierre Gignac dans un passé proche. « J’avais qu’à taper du poing sur la table. Mais Labrune a agi avec intelligence. Il a fait ce que je lui avais dit : "Prends-le dans tes bras, embrasse-le et dis-lui que c’est une merveille." C’est une image, bien sûr », a-t-il expliqué avant de se projeter.

« Moi, si l’OM m’avait prêté Gignac en payant la moitié de son salaire, j’étais sûr de le remettre à neuf. Avec lui, cette saison, La Paillade ne serait pas mal du tout, à l’heure actuelle. Mais j’ai des cons avec moi ; ils ne comprennent rien ! Je le connais bien, le petit (Gignac). Les affectifs, je les adore ! Il n’y en a plus beaucoup des gars comme ça dans le football. Alors, c’est sûr, cette opération allait nous coûter un peu de sous, mais quand je vois certaines crêpes et ce qu’elles gagnent, j’ai envie de leur mettre des pains dans la gueule ! », a-t-il conclu. Des bons mots, on vous l’avait promis !

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