« Reprenez ce que je disais au moment de l’installation de la VAR. On est en plein dedans. Parce que c’est toujours soumis à l’interprétation de l’homme (...) Oui, la VAR a réglé certains problèmes mais pour moi fondamentalement ça n’a rien modifié », déclarait Bruno Genesio en janvier dernier en conférence de presse. Et l’avis de l’entraîneur de l’OL n’a toujours pas changé. Encore moins après la semaine qu’il vient de vivre avec son équipe. Mercredi, en huitième de finale retour de l’UEFA Champions League, l’arbitre sifflait un pénalty très litigieux pour le Barça après que Luis Suarez se soit écroulé dans la surface suite à un contact avec Jason Denayer. Malgré les contestations du défenseur de l’OL, Monsieur Szymon Marciniak restait ferme. Ce dimanche, les pensionnaires du Groupama Stadium ont dû faire face à une nouvelle décision en leur défaveur. Lancé dans la surface, Martin Terrier tombait suite à un contact avec Hilton. Mais après l’utilisation de l’arbitrage vidéo, Monsieur Turpin n’accordait pas pénalty.

Une décision sur laquelle Bruno Genesio est revenu après la rencontre, lui qui a échangé l’arbitre. « C’était très courtois (sa discussion avec Turpin) car c’est un arbitre que j’apprécie énormément, qui est certainement un des meilleurs en France et en Europe. J’ai simplement dit que ça ne servait à rien d’avoir un outil s’il ne corrigeait pas les erreurs. Sans voir les images, je suis persuadé qu’il y a pénalty. Ce n’est pas Clément Turpin, il faut réfléchir au fonctionnement de la VAR. Ça fait quand même deux matches...Alors je sais que certains ont dit qu’on avait perdu 5-1 à Barcelone, mais le pénalty c’est le premier but. Donc le premier but dans un match éliminatoire comme celui qu’on a joué mercredi, il est très important. Je ne sais s’il y en a un ou une qui me dit ici qu’il y a pénalty sur Luis Suarez. Donc il faut m’expliquer à quoi sert la VAR ». Relancé sur le sujet, l’entraîneur des Gones a persisté.

Genesio ne comprend pas

« Je ne l’explique pas. Je demande justement qu’on m’explique comment on peut ne pas changer une décision en voyant les images lorsque c’est évident, flagrant, incontestable...Je ne sais pas. Je ne sais pas répondre à cette question (...) Encore une fois, ce n’est pas sur Monsieur Turpin, c’est sur le fonctionnement de la VAR en général. Ça ne sert à rien de nous faire des réunions pour nous expliquer qu’on revient à la VAR quand il y a un but qui est accordé et qui peut être entaché d’une faute, qu’on revient sur les pénalty, et qu’on ne modifie pas les choses. Surtout quand c’est évident ». Quelques minutes après, son président, Jean-Michel Aulas, s’est présenté face aux médias. Lui aussi a évoqué l’arbitrage vidéo.

« On vient de revoir attentivement les images. Il y a pénalty, c’est indiscutable. Comme il n’y avait pas pénalty, de manière indiscutable, à Barcelone. Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra. Je pense qu’il faut parfois essayer d’expliquer pour que les médias, les consultants et les institutions, la Fédération (FFF) et la Ligue (LFP) pour ce qui concerne l’UEFA, expriment un certain nombre d’inquiétudes. Là, on a l’impression qu’il y a plus qu’un problème d’utilisation de la VAR, qui est un problème d’inéquité. Ça s’est bien terminé avec cette victoire 3-2, ce qui n’a pas été le cas à Barcelone où je pense que les incidents de jeu, la blessure d’Anthony Lopes, qui mérite sûrement aussi un petit quelque chose ; et ce pénalty qui n’y était pas ». L’histoire s’est un peu mieux terminée qu’à Barcelone pour les Gones qui se sont imposés 3 à 2 face au MHSC.